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Synthèses rédigées par les étudiants du cours de Culture numérique

Note de lecture

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Fin du secret diplomatique ?

Aurélien Colson pour Le Monde
Article publié le 13 décembre 2010 à 14h12 / Mis à jour le 15 décembre 2010 à 09h28 Par Aurélien Colson (professeur de science politique à l'Essec Aurélien Colson est professeur de science politique à l'Essec. Ses recherches sur le secret et la transparence dans la diplomatie lui ont valu, en 2008, un Grand Prix de l'Institut de France.

Fin du secret diplomatique ?

Thèmes : diplomatie, secret, transparence
Mots-clès : transparence, refus du secret, Wilson, confiance

Depuis les origines de la création des États-Unis (1787, La Constitution) les fondateurs de la démocratie américaine ont posé le refus du secret dans les négociations internationales en réaction contre le secret défendu par les absolutistes européens estimant n'ayant avoir de compte à rendre à personne.

L'évolution de la diplomatie, idéologie, moeurs et techniques (1938), Corneliu S. Blaga décrit la différence des textes diplomatiques européens avec ceux américains à cette époque. Ces textes dans leur rédaction sont destinés à être révélés un jour aux citoyens américains et au monde entier.

On a observé l'effacement de ce principe de transparence au cours du temps.Quatorze points le 8 janvier 1918 réaffirmait l'interdiction de la diplomatie secrète.

« Des traités de paix ouverts, auxquels on a librement abouti, après lesquels il n'y aura plus aucune espèces d'alliances internationales privées, mais une diplomatie franche et transparente »

L'Histoire montre que quelques mois plus tard, c'est en secret qu'il négocia le traité de Versailles avec Clemenceau et Lloyd George à l'écart.

Les secrets d'une diplomatie bien rodée

La négociation diplomatique en général se conduit à l'abri des regards.Le secret est l'arme de la négociation. Il permet des concessions et des solutions qui seraient au vue de l'opinion publique perçues comme une faiblesse ou une trahison, alors qu'elles sont cruciales dans le processus qui mène vers un point d'équilibre. La confidentialité permet d'instaurer un climat de confiance,ingrédient clé de toute négociation.

Analyse critique

La transparence de l’information doit être perçue sous deux angles

Le mythe intervient dans le refus du secret dans les négociations, la réalité par l’Histoire, elle nous démontre le contraire, la négociation diplomatique est par essence secrète.

Il est évident que le secret permet au diplomate de se substituer de la pression publique engendrée par les médias. Cette tradition du secret se heurte aujourd'hui aux principes démocratiques : une volonté de transparence de l’État, le droit de savoir des citoyens,le devoir de responsabilité de l’État.

Secret (réalité) et démocratie sont incompatibles, puisque la démocratie exige la transparence totale (mythe). L’idéal de transparence est une utopie. La réalité diplomatique est autre.L'essor des nouvelles technologies de l'information et de la communication qui participent à l'explosion du secret.

La transparence, dans son idéal, permet de prévenir des abus que permet le secret du pouvoir (conflits d'intérêt, arbitraire des sanctions, détournement de l'intérêt collectif par des intérêts particuliers, corruption...).

Conclusion de l’article

Tout cela fonctionne plutôt bien dans le secret, mais déraille lorsqu'intervient la transparence. Nous sommes plutôt d’accord avec la conclusion de cet article. Pourquoi vouloir une transparence totale sur la diplomatie puisque ses rouages nous échappent et la révélation de secrets peut altérer l'équilibre mondial et la confiance entre les états.