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Synthèses rédigées par les étudiants du cours de Culture numérique

Note de lecture

Références du document annoté

Let Them Eat MOOCs

Gianpiero Petriglieri
09 Octobre 2013, hbr.org
Harvard Business School Publishing
Licence : Licence inconnue -- D.R.

Titre : Let Them Eat MOOCs

Auteur : Gianpiero Petriglieri, docteur ès psychiatrie professeur de théorie des organisations à l'INSEAD

Source : Harvard Business Review [ http://blogs.hbr.org/2013/10/let-them-eat-moocs/ ]

Date de publication : 09 Octobre 2013

      Dans cet article, M. Petriglieri explique les raisons pour lesquelles, invité par un de ses anciens élèves à participer à un projet de MOOC, il a refusé.

      Sa démonstration commence par quelques points positifs : tout d'abord, il dit croire que les promoteurs des MOOCs sont sincères dans leur démarche de démocratisation du savoir. L'accès à l'enseignement supérieur coûte cher et il y voit, lui aussi, un sérieux problème pour toute une catégorie de population. De plus, il ajoute qu'un MOOC bien réalisé lui paraît un moyen, si pas meilleur, du moins pas pire que la méthode classique pour enseigner un certain nombre de sujets – particulièrement, précise-t-il, dans les milieux universitaires où la culture numérique est déjà bien ancrée.

      Néanmoins, bien que n'ayant jamais tenté l'expérience d'enseigner un MOOC lui-même, il renvoie au témoignage de Mitchell Duneier qui, bien que lui aussi d'accord avec l'idée des MOOCs a priori, a interrompu le cours qu'il donnait sur Coursera pour les raisons que Gianpiero Petriglieri s'apprête à développer : les conséquences sociales possiblement désastreuses que ce nouveau modèle pourrait amener.

      Il craint, tout d'abord, que les MOOCs créent un effet d'aubaine dans le milieu universitaire en remplaçant dans certaines facultés dans le besoin l'embauche de vrais professeurs. Or, Duneier comme lui craignent que la banalisation de ce genre de pratiques serve à justifier une remise à plus tard voire un abandon total des réformes selon eux nécessaires concernant l'accès à l'enseignement supérieur, en même temps qu'elle accentuerait les inégalités entre étudiants selon leur établissement ( rappelons que les MOOCs sont à ce jour certifiants mais non diplômants ).

      De plus, il insiste sur le rôle important que la socialisation joue au côté de l'enseignement dans l'éducation. Or pour lui la forme de socialisation propre aux MOOCs s'apparente énormément au... colonialisme ! Il argumente sur la base de la définition de la colonisation comme politique par laquelle une puissance « dominante » étend activement son contrôle sur d'autres zones, une partie importante du processus étant l'imposition d'une culture « supérieure » aux locaux. Or, remarque-t-il, l'aspect centraliste du marché des MOOCs vis-à-vis des grands noms du monde universitaire ( qu'il s'agisse d'établissements ou de professeurs ) tend ainsi à imposer une vision bien particulière sur un certains nombres de sujets, aussi bien via l’homogénéisation des cours reçus que par le véhiculage d'un certain nombre de conception culturelle n'allant pas de soit, comme par exemple le bien fondé d'un système où l'on échange des services contre des données personnelles qui seront vendues ( base de l'économie numérique de nos jours, les MOOCs n'y font pas exception...).

      Il remarque enfin que le système des MOOCs tend à véhiculer une conception « transactionnelle » de l'éducation où le savoir est quelque chose qu'on demande et reçoit à notre convenance au lieu de l'acquérir par l'échange interpersonnel et interculturel, ce mode d'acquisition devenant lui le privilège d'une petite élite "colonialiste" ( c'est-à-dire des élèves en présentiel des quelques grandes écoles restantes ).