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Synthèses rédigées par les étudiants du cours de Culture numérique

Note de lecture

Références du document annoté

Le « droit à l’oubli » sur Internet ne doit pas se transformer en droit au déni

Article du 15.10.2014

Serge Tisseron (Psychiatre, chercheur associé habilité à diriger des recherches à l’Université Paris VII)
Suite à la décision de la Cour européenne de justice en mai 2014, tout internaute doit pouvoir obtenir la suppression des liens vers les pages Web contenant des données qui le concernent, à condition que l’information incriminée soit « non pertinente, obsolète ou inappropriée », et aussi qu’elle ne présente aucun intérêt« historique, statistique ou scientifique ».
Serge Tisseron liste les dangers potentiels de cette décision. Si le déréférencement d’informations incriminées n’est pas précisément signalé, ce déréférencement signifierait de fait d’un effacement de l’acte qui y a présidé. Alors :

 

  • Il deviendrait impossible à quiconque de savoir si une information dont il a entendu parler est une rumeur, ou bien si elle est une information authentique déréférencée.
  • Les personnages puissants/influents qui souhaitent faire oublier un pan de leur vie passée pourraient se dédouaner de certaines choses qu'ils ont dites ou faites avec l'aide d'entreprises spécialisées en e-reputation. Il s'agirait alors d'une dérive vers le droit au déni.
  • Les personnes pourraient devenir indifférentes aux conséquences à long terme de leurs propos ou de leurs actes. 
  • Avec le « formulaire d’oubli » tel qu’il est proposé aujourd’hui, ceux qui demandent la disparition de certaines informations, y compris parmi celles qu’ils ont eux-mêmes déposées sur la Toile, pourraient bien finir par croire, avec le temps, que ces événements n’ont jamais existé parce qu’ils n’y sont plus référencés…

 

Selon lui il faudrait que les informations déréférencées soient remplacées par la mention : « Le (date de la demande), l’intéressé(e) a demandé le déréférencement d’une information qui lui a été accordé en accord avec la décision de la Cour européenne de justice de mai 2014 ».