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Synthèses rédigées par les étudiants du cours de Culture numérique

Le contrôle des Illuminati.
Le contrôle des Illuminati.

Rumeurs et légendes urbaines

Théo Pronost, Cella Gonzalez, Maxime Lefèvre
Rumeurs et légendes urbaines. Ces histoires délicieusement mystérieuses et souvent inquiétantes, plaisantes autant à lire qu'à croire, dissimulent un danger latent. Suivez-nous dans les bas fonds de l'internet pour découvrir ce qui fascine, dément et crédibilise toutes ces légendes.
(déposé le 2014-12-03 09:37:05)

Rumeurs et légendes urbaines. Ces deux principes existent depuis l’aube des temps et ont toujours étaient fascinant à étudier. Aujourd’hui ces deux concepts prennent un nouveau souffle par le biais du numérique, gagnant en ampleur et en force. Commençons d’ores et déjà par les définir. Une légende urbaine est une histoire fictive décrite comme réelle. Celui qui la raconte est persuadé de son authenticité. Souvent elle tient du genre tragique qui joue avec les peurs des contemporains même s'il existe de nombreuses autres variantes. On peut la caractériser par deux critères :

  • le récit est faux ou du mois en parti car il peut être inspiré de faits réels
  • l’existence de variantes qui sont de trois ordres : stylistiques (liées à la prestation de celui qui raconte), circonstancielles (l'ensemble des modifications permettant d’adapter la légende à l’environnement culturel où elle s'est propagée) et profondes (modifications suffisamment importantes pour modifier le sens de la légende mais insuffisantes pour considérer qu’il s’agit d’une nouvelle légende).

Il existe trois processus qui permettent de passer d’un fait réel à la légende :

  • l’amplification : numérique, temporelle (un fait ancien est présenté comme actuel)
  • le déplacement : un fait réel est déplacé dans un contexte qui n’est pas le sien
  • la reconstruction : le mélange de plusieurs évènements permet de créer une histoire dont la structure rappelle une légende existante

Il est intéressant de constater que, malgré le fil sans cesse changeant des siècles, ces critères sont restés les mêmes. À l’heure d’internet, cette vérité ne fait pas exception.

I) Les lieux communs

Internet se revendique comme le lieu de la liberté absolue. Au vue de l’aspect fantasque de nombreuses légendes urbaines, cette proclamation peut sembler pertinente. Après tout, n’est-ce pas justement la liberté d’expression qui permet à ces rumeurs de naître et de se propager en toute liberté? Pourtant, pour peu que l’on s’y penche, toutes ces rumeurs aussi différentes soient-elles présentent de nombreux lieux communs.

1. Une forme redondante

Il y a une multitude de légendes différentes qui naissent et se diffusent au sein d'Internet. Selon le milieu et les formes, chacune manifeste de grandes différences avec les autres. Pourtant, pour qu'une légende urbaine en soit vraiment une, elle respecte (volontairement ou non) plusieurs codes qui lui sont propres. Pour illustrer ce fait nous prendrons deux exemples qui ont un impact aujourd'hui : l'une des variantes de la légende de la dame blanche (dossier de L’Express La Manche Mythes et légendes, pages 8, Y.D 1er Octobre 2014) et les calomnies porté à l'encontre de Najat Vallaud-Belkacem (http://www.telerama.fr/medias/najat-vallaud-belkacem-cible-emblematique-des-pros-de-la-rumeur,117489.php).

Tout d'abord, elle doit avoir un lien intime avec l’immoralité ou (et) un danger important. Les rumeurs toucheront avec une très grande efficacités ceux qui les écoutent si elles menacent d'une manière ou d'une autre leur intégrité physique ou morale. Ainsi la dame blanche, morte dans des conditions tragiques, cherche à entraîner les automobilistes vers la mort et Najat Vallaud-Belkacem se trouve,elle, accusée de vouloir enseigner la masturbation à de tout jeunes enfants. Dans un cas comme dans l'autre le locuteur à de fortes chances d'être choqué et de se sentir menacé, que se soit par crainte de la mort ou par crainte que l'on fasse du mal à des enfants qu'il connaît d'une manière ou d'une autre.

C'est le deuxième point essentiel pour qu'une rumeur fasse pleinement effet : le locuteur doit se sentir concerné. Chaque légende cultive donc le paradoxe de désigner un lieux souvent très précis, tout en laissant dans un certain flou les victimes. Ces dernières portent rarement de nom mais ont la particularité d'être une personne lambda : on précisera sa profession ou son statut... Le locuteur peut donc à la fois se sentir à proximité du « théâtre » de ces légendes tout en s'identifiant à « ceux » qui les ont subies. La dame blanche se trouverait, selon la légende normande, à proximité des marais de Carentan et s'en serait pris à quelques automobilistes nocturnes. Najat Vallaud-Belcacem aurait commis ses vices sur les élèves des écoles qu’elle a visité au cours de ses interventions mais les enfants qui aurait subi le cour scandaleux sont curieusement passés sous silence. Il semble pourtant qu'il n'y ai rien de plus facile à vérifier : il suffit de demander aux principaux intéressés ou aux personnes présentes ces jours là.

Ce qui amène au troisième point propre à toute légende urbaine efficace : la notion de possible. Si l'on prend les faits de manières indépendantes, ils semblent absurdes : un spectre avide de vengeance, un cours de masturbation auprès de jeunes enfants... Pourtant pour que ces histoires remportent un tel succès il faut que les locuteurs aient le sentiment qu'elles soient possibles. Plusieurs éléments entrent en jeu pour cela : on fait référence à une personne qui aurait été un témoin fiable, on se dit que quelqu'un à forcément vérifié la véracité d'une histoire aussi grandiloquente et qu'elle a forcément un fond de vérité si elle continue à se propager... Mais plus encore que tout cela, les légendes urbaines prennent pied sur un doute constant. De nombreux sites internet se plaisent à remettre en question n’importe quel fait : a t'-on réellement marché sur la lune ? Ces sites répondent qu'il est impossible de le prouver et qu'à partir de là, n'importe quelle version des faits est aussi plausible que l'officielle. Les preuves démentant les accusations portées à l'encontre de Najat Vallaud-Belkacem sont légions, pourtant les sites qui la prennent pour cible ne démordent pas, accusant entre autres les médias officiels de mentir pour couvrir le scandale politique. Cette entretien du doute est sans contexte la plus grande raison qui crédibilise les légendes urbaines : le gouvernement nous a menti une fois, pourquoi pas deux ? Dans le cas de Najat Vallaud-Belkacem un faux document à même été créé pour soutenir les rumeurs qui la prennent pour cible. Que dire alors de la dame blanche dont il est effectivement impossible de prouver l’inexistence. Enfin, les sites qui répandent ces légendes urbaines sont souvent si fréquentés qu'ils paraissent à leurs utilisateurs aussi dignes de confiance que n'importe quel média.

Najat Vallaud-Belkacem

Najat Vallaud-Belkacem

2. Les milieux visés

Malgré ces points communs cruciaux entre les rumeurs qui se propagent sur internet, il reste de nombreuse différences qui font que celles-ci peuvent sembler unique voir pertinente. Pourtant, ces mêmes différences sont au services (une fois de plus consciemment ou non) de la machine parfaitement huilée qu’est celle de la légende urbaine. Comme nous l’avons vu plus haut les rumeurs se plaisent à viser des personnalités politique et de manière plus générale, des célébrités. Ainsi Najat Vallaud-Belkacem se trouve accusée d’offrir des cours lubrique aux enfants et Michael Jackson se voit attribué une solide réputation de pédophile (dont les “preuves” se font un plaisir de fleurir sur le net). Cet enclin à parler des “grands” prouve qu’il est aisé de plonger ces derniers dans un flot de rumeurs. On peut en effet observer qu’aux yeux des internautes, une légende visant une personnalité politique ou une célébrité paraîtra souvent plus plausible (et surtout plus intéressante que celles attribuées à des personnes lambda). Cela est du à l’aura de mystère qui entoure les personnes plus connues, leur aspect inaccessible entraînant une forme de fascination auprès de la “plèbe”, mais aussi une certaine jalousie. Dès lors les rumeurs les plus abracadabrantes peuvent être formées puisque, justement, il est impossible de connaître la vérité. Le processus décrit plus haut s’enclenche donc: s’il est impossible de prouver qu’une rumeur est fausse alors elle pourra être considérée comme vraie.

Cependant un autre aspect se dégage par ces rumeurs, un aspect plus intéressé voir plus politique. Reprenons pour cela l’exemple représentatif de Najat Vallaud-Belkacem. Les rumeurs postées à son encontre proviennent en majeure partie d’un site d’extrême droite (F.desouche.com pour ne pas le nommer) et se présentent souvent comme un avertissement adressés aux personnes dont les enfants pourraient êtres affectés par les actes malséants de la ministre. Les faux documents employés dans ce but prouvent que les instigateurs de ces rumeurs ont parfaitement conscience de diffuser une information fausse. Il s’agit donc d’une nuisance volontaire à l’encontre de la ministre, dans le but de faire perdre à cette dernière toute légitimité, autrement dit de mentir dans le but de favoriser des idéaux politiques. Nous évoquerons ce point plus en détails plus tard.

3. Théories du complot et angoisse de l'occulte

Il a été évoqué plus haut que les légendes urbaines sur internet prenaient pied sur le silence des médias et certains aspects du monde qui pourraient paraître comme inconnus. Il est important d'étudier plus attentivement ce procédé, qui structure littéralement la quasi totalité des rumeurs numériques.

Il été évoqué plus haut que les légendes urbaines sur internet prenaient pied sur le silence des médias et certains aspects du monde qui pourraient paraître comme inconnu. Il est important d'étudier plus attentivement ce procédé qui structure littéralement la quasi totalités des rumeurs numériques.

Une minorité d’internautes exigent des preuves concrètes pour des faits établis. Reprenons l'exemple du premier homme ayant marché sur la lune. Aux yeux de ces personnes les preuves que sont, entre autre, les images rapportées ne sont pas satisfaisantes : après tout n'est-ce pas un trucage ? C'est là que commence à exister l'angoisse, ne nous cache t-on pas quelque chose de majeur ? S'ils ne se sont pas posés sur l'astre qu'elle en est la raison ? Est-ce que quelque chose y était déjà présent ?

Cette escalade d'arguments n'en est qu'une perdue parmi d'autres, prenons l'exemple plus récent qu'est l'effondrement des tours jumelles le 11 Septembre 2001 (http://rue89.nouvelobs.com/desintox-11-septembre-2001/2009/02/04/le-vrai-et-tous-les-faux-complots-du-11-septembre). Est-ce vraiment des terroristes qui ont fait exploser leurs avions ? Les preuves ne sont pas assez précises, le gouvernement cherche-t-il à nous berner ? Est-ce un prétexte pour attaquer l’Irak ? Pire, le gouvernement n'est il pas de mèche avec les terroristes ?

La crainte d'être manipulé par une force supérieure est propre à tout homme de même que le doute est cartésien. Il en faut peu pour en revenir : un peu de réflexion et de perspicacité propre à la majeure partie d'entre nous. Mais il en faut aussi peu pour céder à la panique, et c'est là qu'Internet intervient.

[COMPLOT]Les images censure du 11 septembre(CanalSubliminal Ufo)
[COMPLOT]Les images censure du 11 septembre(CanalSubliminal Ufo) (Vidéo)

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Les sois-disant « preuves » qui font défauts sont fournies par les sites qui font crouler les internautes sous une avalanche de précisions souvent chiffrées. Les tours auraient du fondre dans ce sens en plus, d'après le souffle de l'explosion, la densité du verre, de la résistance du métal et de la chaleur dégagée il est impossible que ce soit un avion qui soit à la cause de l'attentat : toutes ces caractéristiques correspondent à l'explosion d'une bombe. Les médias ne peuvent se vanter de fournir des informations aussi pointues ! Alors beaucoup y croient et aucun ne prend la peine de vérifier ces informations.

C'est là justement que se trouve la plus grande efficacité du procédé : les vérifications sont impossibles. Chacun est persuadé comme dit plus haut que, si autant de personnes croient à cette version c'est qu'elles ont déjà vérifié et puis il est très rare d'avoir des connaissances suffisamment pointues en physique, en architecture ou en Histoire pour se permettre de contester celui qui se revendique comme spécialiste. Et finalement, si c'est le gouvernement qui est à la cause de tout cela, qui croire ?

L'apogée de cette angoisse d'une manipulation occulte est sans conteste la légende des illuminati : cette caste qui serait composée depuis longtemps des personnages les plus hauts placés qui font danser le monde dans le creux de leurs mains dans l'optique d'un objectif suprême (http://www.syti.net/Organisations/Illuminati.html). Il suffit de jeter un œil pour voir que toutes les conditions pour rendre la légende « croyable » sont réunies : nous avons une avalanche de noms, de dates, d'images où apparaissent le signe de la caste... C'est une véritable histoire miniature qui est mise en place et gare à celui qui se hasardera à la contester : il a pourtant tant de preuves sous le nez !

C'est à partir de là que se brode le reste. Les illuminati seraient les descendants d'une ancienne civilisation propre à dominer le monde, ils s'adonneraient à des cérémonies ésotériques pour parvenir à leurs fins par le biais de pouvoirs occultes dont le commun des mortels ne peut disposer ; Et à l'heure d'aujourd'hui leur triomphe serait proche. L'angoisse d'être manipulé par une force occulte tourne vite, sur Internet, à une angoisse d'un pouvoir fantastique. Le cheminement accompli pour parvenir à ce point est progressif : il passe par maintes étapes et maintes questions, mais toujours est il que le pas est franchi.

Le contrôle des Illuminati.

Le contrôle des Illuminati.

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Ainsi naissent les dames blanches et autres spectres plus ou moins malfaisants : par la base d'un fait réels aux preuves jugées insatisfaisantes puis en suivant le cheminement que nous avons décrit.

Enfin, pour être tout à fait complètes, ces légendes doivent se diffuser comme une traînée de poudre toujours par le biais de le toile.

II) La diffusion à l’heure d’Internet

Comme évoqué précédemment, Internet est synonyme de liberté d’expression. En effet, il constitue pour chacun un espace où il est possible de s'exprimer librement et à propos de tout. Mais alors intervient le problème suivant: puisque chacun a le droit de s'y exprimer en toute liberté (dans la limite de la loi), il n'est pas possible de pouvoir contrôler les fantaisies de chacun. Internet se présente alors comme un espace favorable à la rumeur, où elle peut s'insérer, enfler, et « contaminer » les réseaux de manière très large et très rapide. Internet, par l'intermédiaire du mail, des forums, des listes de diffusions, permet de diffuser une masse incroyable d'informations, instantanément et partout dans le monde.

D'autre part, Internet est également synonyme d'anonymat, la plupart du temps, et il est donc plus facile, plus accessible de pouvoir participer à la mise en ligne de ce que l'on appellera « rumeurs » et/ou « légende urbaine ».

Il y a tout d'abord, à la base de ce processus, quelqu'un qui lance l'idée fondatrice de la rumeur. Surviennent alors, plus ou moins consciemment, d'autres acteurs, qui modifieront les « faits », rajouteront ou supprimeront des détails à leur guise, et diffuseront ensuite sur le net ce type d' « informations » par de nombreux moyens (sites web, réseaux sociaux, etc).

Internet a pour effet de booster la rumeur. Tout d'abord présentée sous forme orale, le tremplin qu'est internet lui offre encore plus de portée.

Selon Pascal Froissart, auteur du livre La rumeur. Histoire et fantasmes : « Parce qu’Internet propose une orgie de textes dans tous les genres, parce que le réseau des réseaux semble gouverné par tout le monde ou personne, parce que n’importe qui se connecte à n’importe quoi, parce qu’aussi Internet est une mécanique complexe, on a pu dire qu’Internet était le médium rêvé de la rumeur ».*

La rumeur, ou les légendes urbaines, ont ceci de particulier que bien souvent elles se présentent comme des vérités invérifiables, mais si on a le malheur de vouloir démontrer son irrecevabilité on risque de s'entendre rétorquer le fameux « il n'y a pas de fumée sans feux... ». Une fois que l'idée s'implante et qu'elle fait son petit bout de chemin, difficile de faire comme si rien n'avait jamais été dit. Il y aura toujours un doute pour la plupart des gens (quand aux rumeurs plutôt crédibles)"Quatre ou cinq nouvelles rumeurs non fondées surgissent chaque semaine ", estime Guillaume Brossard, co-fondateur du site hoaxbuster.com.

Alors, peut on vraiment faire confiance à ce qui est posté sur le net ? Doit on douter de tout ? On entend souvent que ce qui est dit sur internet est forcement vrai, que les autres médias nous mentent (la télé, les journaux), on nous cacherait la vérité, seul internet serait une source fiable. Mais il ne faut pas oublier que l'on trouve de tout sur internet, il ne faut donc pas prendre pour argent comptant tout ce qui s'y raconte.

Près de 30 % des messages postés en ligne sont des canulars (hoax). Et selon Pascal Froissart: “Plus de vingt articles sur cent sont liés à la rumeur dans la presse francophone et un article sur quarante emploie le mot « rumeur ».”.

* Deux articles américains « Anybody With a Theory Now Has a Megaphone », USA Today, 18 septembre 1996, cité in Campion-Vincent V., Renard J-B., De Source sûre, Nouvelles rumeurs d’aujourd’hui, Payot, 2002.

1. Les articles canulars et les espaces internet qui créaient les légendes et lancent leur diffusion

Les Creepypastas sont de courtes histoires d'horreur et/ou d'épouvante qui sont régulièrement copiées sur des forums ou des imageboards (type de forum internet qui repose principalement sur le partage d'images) et sur des blogs, par mail,etc, dans le but d'effrayer, de déranger, ou d'amuser son lecteur. Beaucoup de ces histoires sont basées sur des légendes urbaines et sont même parfois considérées comme telles. La plupart des creepypastas naissent sur l'imageboard à polémiques http://www.4chan.org/, ou encore sur le site http://creepypastafromthecrypt.blogspot.fr/, ou enfin http://rumeursdunet.com/, pour ne citer que les plus célèbres. Mais on compte évidemment des milliers de blogs, sites personnels, français et internationaux, qui se font les relais de rumeurs et de légendes urbaines en tout genre.

On peut même trouver des « témoignages » de personne qui ont eu affaire, de près ou de loin, au Slender man (exemple ici http://creepypastafromthecrypt.blogspot.fr/2014/06/un-slenderman.html). Evidemment, le moins de détails possible est donné, les conditions, lieux, etc restent très flous.

La rumeur part souvent de vidéos (celles de DM Pranks par exemple, mettant en scène des clowns psychopathes poursuivant la population à la nuit tombée), mais également de phénomènes de « mode », séries mettant en scène un clown maléfique, film culte de Stephen King, etc. Mélangez tout ça et vous obtenez dans l'esprit de certains l'envie de reproduire ce genre de scènes, et, ce faisant, ils ne font qu'accréditer et faire enfler ce genre de légendes urbaines.

2. Les réseaux sociaux

De nombreuses rumeurs prennent leur sources de faits divers isolés relatés sur les réseaux sociaux. On peut prendre pour exemple la peur de clowns dangereux errants dans plusieurs villes, activée chez la population par de nombreuses photos mises en ligne, statuts facebook, et relais divers de l'information sur le net, qui prend au fur et à mesure de plus en plus d'ampleurs.

On trouve des hashtags #clowntueur #clownpsychopate, etc, sur des tweets. Des milices anti-clowns se sont même formées, pour combattre ce “danger” nouveau.

Clown psychopathe sur la route

Clown psychopathe sur la route

L'information se propage, immédiatement re-twitée, cela participe à l'évolution de la rumeur, et à son grossissement. Des comptes twitter sont même créés pour suivre l’évolution de prétendus clowns errants (https://twitter.com/clowninfos).

On en parle, le copain d'un ami a vu ça aussi, on donne des détails, que l'on croit peut être même véridique, mais qui sont surtout en réalité le fruit de notre imaginaire.

Avec les réseaux sociaux c'est encore plus faciles que sur des sites internet journalistiques, et c'est à la portée de tout le monde. Tout le monde peut participer au phénomène et y aller de sa petite anecdote.

Sur Twitter par exemple, nombreuses sont les rumeurs sur Najat Vallaud Belkacem (rumeurs de divorce, rumeurs de changement d’identité,...). On a pu lire également sur Twitter la mort de l’auteur à succès J.K Rowling, ou encore de bien d’autres célébrités telles que Jean Dujardin, Rihanna…

Facebook est également un bon outil de relais de la rumeur; une page Facebook intitulée « Quand vivre à Dieppe devient dangereux » a été créée, pour dénoncer des prétendues agressions sexuelles commises par des Albanais dans la ville de Dieppe. Elle rassemblait déjà 722 mentions « J’aime »... en seulement trois jours.

Parlons de la légende urbaine du Slender Man, par exemple, partie des États-Unis et arrivée jusqu'à nous par le biais des réseaux sociaux et de sites américains.

Combien de fois m'a t-on proposé sur Facebook ces derniers temps le lien de sites qui parlaient du phénomène Slender Man ? Sûrement une demi dizaine. Et a chaque fois des détails différents, et mêmes des photos ! Qui se révèlent être des photos montages bien sûr, mais on le sait, une rumeur se veut plus crédible quand elle est accompagnée de photos.

Des groupes Facebook sont mêmes dédiés au Slender man, et à d'autres légendes urbaines.

C'est devenu une légende du web. Un jeu vidéo a même été commercialisé, basé sur la légende du Slender Man, (ce qui diminue cependant la crédibilité du phénomène, si crédibilité il pouvait y avoir).

Mais parfois la légende peut virer au drame; Des fillettes de douze ans auraient assassiné une camarade parce que, selon elles, Slender Man leur aurait dit de le faire.

Une rumeur ou légende urbaine peut s’avérer dangereuse, lorsqu’elle est exposée à des esprits faibles.

Slender Suits - The Documentary of Slender Man
Slender Suits - The Documentary of Slender Man (Vidéo)

Vidéo

A documentary about the events of the mythical creature Slender Man. Featured on NBC and BBC Radio 4.
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Dans un article en ligne du journal Le Monde, on a pu lire ceci : « En France, une date a semblé cristalliser les inquiétudes : “le 25 octobre jour de la zombie walk organisée à Bordeaux. Une rumeur courait sur le débarquement, dans le cortège de faux morts-vivants, de quelque 200 clowns. Sans réel fondement. Une marche similaire, prévue à Lille le 1er novembre, vient d'être interdite par la municipalité » ; la rumeur prend de l'importance et la population en est tellement affolée que les autorités en arrivent à annuler un événement à priori inoffensif, de peur de réactions exagérées et dangereuses.

Le problème, c’est qu’on ne peut pas prouver que quelque chose n’existe pas. La réalité ne suffit plus et ne constitue pas une preuve pour les internautes. C’est pourquoi il est essentiel pour la cohésion sociale, de lutter contre les rumeurs.

3. Les sites qui démentent

Hoax, c'est le mot anglais pour désigner la rumeur en ligne. « C'est une information fausse, ou invérifiable propagée spontanément par les internautes. Il peut concerner tout sujet susceptible de déclencher une émotion positive ou négative chez l'utilisateur : alerte virus, disparition d'enfant, promesse de bonheur, pétition, etc. ». On trouve parmi les hoax plusieurs sortes de messages ;les faux virus, Les chaînes de solidarité, les propositions de Gain, les prédictions de bonne aventure, une Désinformation, des Pétitions,des messages Humoristiques.

Il existe heureusement des sites qui se proposent de démentir, en temps réel, les rumeurs et légendes urbaines postées sur le net, c'est le cas des sites hoaxbuster, hoaxkiller, secuser.com, etc.

Créé en 2000, « Le site hoaxbuster se charge de démentir, en temps réel toutes les rumeurs infondées, preuves à l'appui (témoignages des entreprises impliquées, réponses à vos questions,...) qui circulent sur la toile. »

Guillaume Brossard (co-fondateur du site hoaxbuster) et son équipe ont décortiqué des centaines de messages, de portées plus ou moins importantes. La plupart concernent des alertes aux virus informatiques imaginaires ou reprennent des rumeurs importées le plus souvent des Etats-Unis.

Pour exemple, la rumeur des seringues infectées dans les fauteuils de cinéma est partie d'on ne sait où avant de passer dans la boîte aux lettres électronique d'un employé de l'Institut Pasteur. Celui-ci a machinalement retransmis le message sans même le lire, puis l'a détruit. Cela n’a servi à rien qu’il le détruise, puisque le message fut présenté comme provenant du prestigieux laboratoire de recherche, et donc incontestable...

Les dangers de ce genre de messages sont: la perte de crédibilité concernant les informations véridiques que l'on peut trouver sur internet, et l'agacement des utilisateurs.

Pour prévenir ce genre de procédés, l'idéal est de ne pas faire suivre les messages « types » que l'on vous demande de transférer à tous vos correspondants.

Plus le message est relayé, plus les réseaux sont encombrés, pouvant ainsi aller jusqu'à bloquer totalement un réseau, un serveur.

III) Le caractère nuisible des légendes urbaines

Le caractère nuisible d'une légende urbaine est indissociable de son sujet. Comme on l'a vu précédemment, une légende urbaine est un récit fictif aux allures de réalité. Elle tire sa force de deux facteurs principaux : elle est racontée comme un fait véridique, en général par un proche, et vient combler un manque de connaissances sur un sujet donné. Une fois ce vide comblé, on croit détenir une vérité et l'on n'a dès lors plus besoin de faire de recherches complémentaires. Fier de cette nouvelle connaissance, on s'empresse de la partager avec d'autres. Ce phénomène s'est vu particulièrement amplifié avec le développement des réseaux sociaux.

Les légendes urbaines relèvent de plusieurs thématiques. En fonction de leur sujet elles sont plus ou moins difficiles à déconstruire et sont donc plus ou moins nuisibles.

1. Les légendes urbaines faciles à déconstruire

Prenons en premier lieu deux légendes urbaines peu nuisibles. La première fait partie des légendes dites scientifiques. La légende selon laquelle le HIV serait apparu suite à un rapport sexuel entre un être humain et un singe est très répandue parmi la population. Cette légende simplifie grandement le processus de contamination tout en y ajoutant le côté sulfureux de la zoophilie.

Ce genre de légendes n'est pas très nuisible car elle n'implique qu'une méconnaissance des faits. Elles ne s'attaquent à aucun individu, groupe ou entité. Elles sont faciles à déconstruire : il suffit de se renseigner auprès des autorités compétentes ou de médias sérieux, ce qui est beaucoup plus facile grâce au développement de l’internet. Dans le cas présent il n'existe aucune certitude sur le point de départ de l'épidémie. C'est sans doute pour cela que cette rumeur s'est si bien développée. Néanmoins les scientifiques chargés de la question on émit plusieurs hypothèses qui sont facilement consultables sur internet. Mais ce nouveau moyen d'information n'a pas que des bons côtés en ce qui concerne la rumeur.

Prenons maintenant un autre exemple lié cette fois à l'émergence de la messagerie électronique. En 2001 un faux mail à beaucoup circulé un peu partout dans le monde. Voici une de ses variantes françaises :

« Salut à toutes et tous.
Encore une frayeur du côté des virus !
Vérifiez si vous avez un fichier nommé SULFNBK.EXE sur votre disque C :
A priori dans le répertoire WINDOWS\Command mais par prudence, s'il n'y est pas, vérifiez sur tout le disque !
Je l'ai trouvé sur mon poste et il était flanqué d'une icône noire plutôt peu rassurante.
Si vous le trouvez, effacez-le et videz la corbeille !
Attention ! Il est censé se déclarer à partir du 01.06.01 !!
Si vous l'avez et que vous vous en débarrassez, prévenez vos correspondants habituels.
Attention, vous pouvez l'avoir depuis plusieurs mois !! »

À l'époque une personne lisant ce mail et utilisant Windows 98 aurait effectivement trouvé une application du nom de sulfnbk.exe à cet emplacement car c'est un fichier propre à ce système. Ce genre de rumeur est dangereuse. L'utilisateur non éclairé va supprimer le fichier en question, convaincu de la véracité de l'information puisque ce mail émane d'une de ses connaissances. En agissant ainsi c'est lui qui porte atteinte à l'intégrité de son système d'exploitation et par conséquent joue le rôle de virus. Et quoi de plus dangereux pour un système que le détenteur des droits administrateurs ?

Ce genre de rumeurs reste néanmoins peu nuisible. Elle se limite au domaine privée et peut facilement être déconstruite, pour peu que l'on fasse des recherches. Mais qu'en est-il des rumeurs qui touchent des entités ayant une influence plus large.

2. Les rumeurs qui touchent le monde politique et les entreprises

Penchons-nous maintenant sur les rumeurs politiques. L'exemple de Najat Vallaud-Belkacem est particulièrement intéressant. Certaines rumeurs à son sujet ont été lancées par des sites proches de l'extrême droite tels que 24heuresactu.com ou fr.novopress.info. L'une d'elles stipulait la mise en place de cours de masturbation dès la maternelle.

Dans leurs articles ces sites reprennent les recommandations de l'OMS rédigées dans un rapport intitulé « Standards pour l'éducation sexuelle en Europe » mais les présentent comme s'il s'agissait de mesures vouées à être aussitôt mises en pratique, tout en insistant sur le rôle politique de Najat Vallaud-Belkacem dans leur mise en place.

Pour lutter contre ces rumeurs les moyens sont limités. D'après la principale intéressée si on les ignore, elles ont tendance à enfler. Au contraire si l'on tente de les stopper on risque de leur redonner de la visibilité et donc de participer à leur diffusion. Le meilleur parti à adopter est d'occuper l'espace médiatique sur un autre sujet. En effet les rumeurs naissent et circulent très vite c'est un fait, mais leur visibilité médiatique est limitée.

Le développement des moyens de communication permet une rapide circulation de l'information d'un média à un autre. Parfois certaines informations sont erronées mais quand même relayées ce qui crée des rumeurs. Cela peut être involontaire, comme des propos mal interprétés, mais peut aussi s'avérer être un outil politique efficace pour mettre ses adversaires en difficulté.

Selon Jean-Noël Kapferer, la rumeur est le contre-pouvoir du politique. C'est une parole qui sort du cadre officiel : elle est anonyme, ce qui lui permet d'échapper à toute tentative de censure. L'opinion publique n'a pas besoin de preuve pour y adhérer. Les gens qui transmettent cette rumeur ne font que citer la rumeur, ce qui les dédouane de toutes responsabilités. De plus c'est une technique qui ne coûte rien. Tout cela fait de la rumeur une arme politique de premier choix pour peu qu'on réussisse à la contrôler. En effet, lorsqu'elle est lancée, elle échappe à tout contrôle. Relayées par la presse, de fausses allégations deviennent des armes psychologiques très efficaces. Le docteur Wegner a mis en place un test : on a fait lire à plusieurs individus des manchettes de presse sur un même sujet :

  • une affirmation : « Bob Talbert est lié à la Mafia » ;
  • une insinuation : « Bob Talbert est-il lié à la Mafia ? » ;
  • un démenti : « Bob Talbert n'est pas lié à la Mafia » ;
  • une manchette neutre : « Bob Talbert arrive en ville. »

On mesura ensuite l'image de Bob auprès des quatre groupes ayant chacun vu une manchette différente. Voici le tableau des résultats, plus la note est élevée plus l'image de l'homme politique est négative.

Tableau des résultats

Tableau des résultats

Influence d'une manchette de presse sur plusieurs individus.
Wegner et al
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Comme attendu l'image la plus négative est liée à l'affirmation. Par contre le démenti ne remplit pas son rôle dans l'esprit des gens : il laisse une image plus négative que la manchette neutre. Cela prouve qu'un individu ne peut pas supprimer une information pour la remplacer par une autre. Le démenti s'ajoute à la rumeur qu'il est censé contrer mais ne la supprime pas. Ce n’est donc pas un outil efficace. Pour contrer une rumeur, le moyen le plus efficace est de lancer d'autres hypothèses sur le sujet.

Penchons maintenant sur les rumeurs qui touchent le monde financier.

Une rumeur qui n'est pas contrôlée et qui touche le monde boursier peut avoir de réelles conséquences. Elles peuvent être involontaires : un expert peut mal traduire des signes et prédire des événements qui n'auront pas lieu. Elle peut être créée de toute pièce par une entreprise. Elle devient alors un outil efficace de désinformation et permet d'influencer sur les spéculateurs. On peut par exemple faire monter le cours d'un titre de façon artificielle et le vendre quand la demande est au plus haut. Les acheteurs se retrouvent ruinés. La rumeur peut être une arme redoutable. L'exemple ci-dessous l'illustre parfaitement.

Le 23 avril 2013 un hacker a envoyé un faux tweet depuis le compte Twitter de Associated Press, une agence de presse mondiale. Voici son contenu :

« Breaking : Two Explosions in the White House and Barack Obama is injured ».

Malgré le démenti de l'agence quelques minutes plus tard et la suspension du compte, cette fausse information fut re-tweetée des milliers de fois. Elle a fait paniquer le marché et chuter le Dow Jones d'environ 140 points. Ce piratage a été revendiqué par la Syrian Electronic Army un groupe qui soutient régime de Bachar al-Assad.

Effet du faux tweet sur le cours du Dow Jones

Effet du faux tweet sur le cours du Dow Jones

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Dans ce cas la rumeur ne visait pas les marchés mais les États-Unis. Il est même probable que l'influence sur la bourse ne soit qu'un dommage collatéral, le but de la Syrian Electronic Army était surtout de faire un coup d'éclat. Le cours du Dow Jones a bel et bien chuté vertigineusement mais seulement un bref instant. Le marché a vite retrouvé son cours normal. Cet incident a néanmoins mis en évidence le lien étroit entre bourse et média et la réactivité excessive des marchés face à l'information.

Le démenti a une nouvelle fois montré son inefficacité. Il a touché moins de gens que l'information qu'il a en vain tenter de rectifier. Ce phénomène est particulièrement alarmant. Il prouve que l'on ne dispose pas à l’heure actuelle d'outils suffisamment puissants pour lutter contre la désinformation. Les médias vulnérables peuvent ainsi devenir des armes de cybercriminalité.

3. La théorie du complot et le révisionnisme historique

Les défenseurs d'une théorie du complot préfèrent la présenter comme l’analyse politique d'une situation. Leur but est de convaincre. Pour cela ils se basent sur des information réelles et des conjectures. Ils se présentent comme ceux qui révèlent au peuple ce qu'on lui cache. Les théories du complot se basent sur quelques principes redoutables :

  • Le conspirationniste n'est pas un manipulateur car il croit à ce qu'il raconte.
  • La théorie conspirationniste s'appuie sur des propos contraires portant sur un même sujet et les présentent comme preuve que l'on chercher à camoufler une vérité qui est tout autre.
  • Elle relie entre eux des faits réels, invérifiables ou faux qui vont dans le même sens.
  • Le conspirationnisme nie la complexité du réel : il n'en propose qu'une seule explication qui n'est pas étayée de contre-exemple
  • Il est imperméable à toute argumentation qui s'opposerait à sa théorie.
    Exemple : dans le cas du complot juif, la preuve philologique que Les Protocoles des sages de Sion sont apocryphes ne l'atteint pas
  • Des faits anodins par sur-interprétation deviennent des signes du complot.
    Exemple : En 1922 le ministre allemand des affaires étrangères est tué par des membres de l'extrême droite qui le considéraient comme un des sages de Sion car dans une de ses déclaration il avait parlé de 300 personnes qui guidaient le destin de l'Europe.
  • Tout ce qui arrive obéit à un plan secret

Le but final est que le destinataire adhère à la théorie sans questionnement : le propos se suffit à lui-même.

La théorie du complot juif est une des plus représentatives. Selon ces défenseurs, les juifs aurait mis en place un complot d'ordre mondial qui viserait à dominer le monde. Cette croyance gagne en importance au XXe siècle suite à la publication des Protocoles des Sages de Sion. Ce document apocryphe réunit les comptes-rendus de plusieurs réunions des sages de Sion. Ceux-ci y expliquent leur plan de conquête du monde. Pendant le XIXe et le XXe siècle les théories du complot étaient surtout relayées par des groupe extrémistes. Cet ouvrage fut notamment cité par Hitler dans Mein Kampf et il l’utilisa dans sa propagande antisémite.

Illustration du complot juif par Charles Lucien Léandre

Illustration du complot juif par Charles Lucien Léandre

Charles Lucien Léandre
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Ceci évolua au XXIe siècle. Les théories du complot autour des attentats du 11 septembre 2001 en sont un parfait exemple. Elles se sont fondées sur l'observation de contradictions dans les explications relayés par les médias. Ceci s'explique en parti par la multiplication des moyens de diffusion de l’information. Des doutes ont ainsi été formulés puis se sont transformés en véritables théories.

Les théories conspirationnistes ont envahi les médias modernes. On peut trouver sur les chaîne de la TNT une émission intitulée Alien theory qui véhicule des théories principalement autour de la NASA et sur l'existence des extraterrestres. Internet est un médium idéal pour la propagation de ces légendes car il permet une certaine impunité. Même les théories à caractère antisémite peuvent s'y retrouver, mais la pérennité de ce genre de site n'est pas assurée. Le site vho.org par exemple se présente comme traitant du révisionnisme historique.

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Suite à la lecture de la page de présentation de ce site, on s'aperçoit vite que la notion de « révisionnisme » n'est qu'une couverture : l'auteur traite brièvement du révisionnisme de façon générale puis se concentre exclusivement sur la Shoa. Ce site n'est plus disponible à l'heure actuelle.

Ces théories sont aussi présentes sur des réseaux qui « garantissent » l'anonymat comme Freenet. Ce logiciel libre permet de consulter des sites dont le contenu n'est plus stocké sur un serveurs spécifiques mais sur les ordinateurs de chacun de ses utilisateurs qui alloue une partie de leur mémoire. L'utilisation de ce genre de procédé pour diffuser des théories sert en même temps à leur donner une crédibilité : le besoin absolu d'anonymat met en avant le caractère « hors la loi » de ces donnés qui sont présentées comme des secrets des gouvernements que l'on tente de cacher aux individus.

Ce site est un index qui répertorie les différents sites pro-nazis présents sur Freenet.
Un inconnu qui le restera sans doute.
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La théorie du complot part du principe qu’il faut tout prouver. Or il n’y a jamais de preuves satisfaisantes. Cela remet en question la réalité dans laquelle nous vivons ainsi que l'ensemble de notre histoire. Une telle remise en cause équivaut à la destruction de notre société qui se retrouve privée de toutes ses racines. La résistance contre tous ces mouvements qui nient l'histoire est donc essentielle pour maintenir la cohésion sociale.

Ainsi, les rumeurs et légendes urbaines, phénomènes qui existent en ce monde depuis toujours, trouvent leur apogée à l'heure d’Internet. Le phénomène sociologique s’en trouve amplifié, sa diffusion exacerbée et les conséquences gagnent en forces. Il est aujourd’hui de plus en plus facile de croire à ces légendes en raison du succès qu'elles rencontrent. Cela est particulièrement inquiétant avec les théories négationnistes, qui exploitent le même procédé que toutes autres légendes. Et les répercussions vont jusqu’à ébranler les autres médias que sont les journaux et la télévision. Heureusement il existe sur internet des organisations qui s’emploient à démentir méthodiquement un grand nombre des rumeurs qui circulent, espérons simplement que ces initiatives se poursuivrons et que les internautes auront le bon sens de ne pas, elles aussi, les considérer comme un engrenage du mensonge universel.

 
 

Notes de lecture

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