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Synthèses rédigées par les étudiants du cours de Culture numérique

Les adolescents et les médias sociaux

kossi A. ASSIGNON & Jean-Marc CAPRON
« Génération y », « enfants du millénaire », « génération 2.0 », « digital natives », nombreuses sont les appellations pour désigner les enfants nés autour des années 2000. L’expression américaine « digital natives » en dit long sur la véritable raison de cette catégorisation de ces personnes : elles sont nées dans un environnement en constante mutation numérique. Il n’est pas rare de nos jours de voir un enfant non encore doté de l’âge de raison, s’approcher d’un ordinateur et l’utiliser. Pour quoi faire, on ne sait pas vraiment. Tout porte à croire pourtant qu’il est comme attiré par cet outil révolutionnaire. Qu’il est né avec et qu’il essaie très vite de l’apprivoiser. Pour les adolescents par contre, l’utilisation des outils informatiques s’illustre bien avec l’avènement d’internet et surtout, de tout un grand nombre de réseaux sociaux au cours de ces dernières années. Créer une sociabilité virtuelle, quels impacts cela peut il véritablement avoir sur l’adolescence ?
(déposé le 2014-11-13 14:50:32)

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Les adolescents et les médias sociaux

La question de l'impact des réseaux sociaux sur la construction de l'individu a longtemps intrigué les sociologues et ce depuis son utilisation croissante. L'individu s'appuie sur de nombreux exemples de sa vie de tous les jours pour se forger sa propre identité. La "mode" de ces dernières années sont les réseaux sociaux qui ne cessent de devenir plus performants et attirent de plus en plus de personnes, qu'elles soient jeunes ou pas.

Certains auteurs ont poussé les recherches assez loin pour comprendre ce phénomène. Ainsi, Pierre Mercklé a écrit "Sociologie des réseaux sociaux" où il fait à la fois l'analyse de ce qu'est un réseau social et utilise ce sujet comme nouveau corpus de méthodes pour les sciences sociales, mais également il essaie à travers ce livre d'ouvrir une voie entre le holisme et l'individualisme et oppose par la suite les réseaux sociaux aux classes sociales. L'influence des réseaux sociaux sur la construction de l'individu est grande et certains individus ne mesurent pas à quel point ces derniers peuvent les influencer et leur donner des idées nouvelles. Alors comment ces réseaux sociaux arrivent-ils à forger l'identité d'un individu et en particulier celle d'un adolescent ?

logos des réseaux sociaux

logos des réseaux sociaux

artelis
Licence : Licence inconnue -- D.R.

Qu'est ce qu'un réseau social ?

Les réseaux sociaux sont nombreux, et revêtent plusieurs formes. En effet les réseaux sociaux peuvent être des organisations de personnes, qui se lient dans le but de partager une même idée. Ou encore un lycée, une école qui également représente une communauté. Un réseau social est donc un regroupement assez conséquent de personnes qui représente un même intérêt.

Ici, ce qui nous intéresse plus précisément, ce sont les réseaux sociaux virtuels. Ils fonctionnent comme tous les autres réseaux. Ce sont des sites dédiés à la communication, à la rencontre de nouvelles personnes ou encore à la construction d’un réseau professionnel, où l’on tente de promouvoir son projet d’entreprise ou de faire la publicité d’un produit particulier.

Ces réseaux sociaux virtuels possèdent tous le même fonctionnement ou chacun crée un profil qui le caractérise. Il y affiche ses informations personnelles, des photos et des centres d’intérêt, espérant rencontrer des amis qui lui « ressemblent ».  

Il existe plusieurs catégories de réseaux sociaux virtuels .

En effet il y a tout d’abord les sites ouverts, les réseaux sur invitations où il faut être invité par l’un de ses membres. Il y a également des services en ligne de réseautage professionnel qui favorisent les rencontres professionnelles, les offres de postes et la recherche de profils.

Viennent ensuite les "Networking" qui sont les plus utilisés en milieux professionnel, les bloglikes qui ressemblent à des blogs et sont souvent utilisés par des adolescents en manque de reconnaissance. Les spécialisés sont des réseaux sociaux qui rassemblent des communautés autour d’un thème bien précis. S’ensuit le micro-blogging qui est en fait le chat public, qu’on qualifie également « de summum du narcissisme », car on y poste tout ce que l’on peut trouver : des photos de soi, ce que l’on fait, nos intérêts et ainsi on partage toute notre vie avec les autres membres. Et les « fourre-tout » qui sont des réseaux où l’on met des publicités, des produits en vente, des informations de partage d’avis. Enfin, les open-sources qui permettent de créer justement son propre réseau social.

Ces réseaux sociaux connaissent depuis quelques années déjà une popularité sans précédent. Ceux qui se distinguent le plus sont Facebook et Twitter. Le réseau social Facebook, est en effet aujourd'hui, d’après les chiffres, à la troisième place des sites qui connaissent le plus de trafic au monde, il vient après Google, et Yahoo. Par contre il est classé premier lorsqu'il s’agit de réseaux sociaux. Il ne compte pas moins de 11 746 680 utilisateurs rien qu’en France, et plus de 250 millions de personnes à travers le monde.

Les réseaux sociaux "éphémères" comme Snapchat ou Whatsapp répondent à un besoin bien précis des adolescents: s'exprimer librement sans risquer d'être rattrapés plus tard par ce qu'ils ont écrit.

Qu’est-ce que l’identité ?

Nous avons tous besoin de miroir, du regard des autres qui nous constitue en tant que personne sociale. Car dans la relation à l'autre, il y a une interaction non seulement bénéfique mais indispensable. C'est sans doute ce qui explique le succès (et quel succès !) des réseaux sociaux. Les adolescents ont un besoin encore plus important que les adultes de miroirs, car ils sont dans une période de construction d'eux-mêmes et de définition de leur identité. C'est à cette étape de la vie que l'on a le plus de chances de se poser la question : « qui suis-je ? » Une autre manière de poser la question est d'interroger l'autre : « Comment me vois-tu ? », d'où la question de l'identité personnelle.

L’identité est constituée par l’ensemble des caractéristiques et des attributs qui font qu’un individu ou un groupe se perçoivent comme une entité spécifique et qu’ils sont perçus comme telle par les autres. Ce concept doit être appréhendé à l’articulation de plusieurs instances sociales, qu’elles soient individuelles ou collectives.

Les médias sociaux constituent un immense miroir numérique. Malgré sa petite taille, l'écran de l'ordinateur, de la tablette ou du smartphone est bel et bien un miroir dans lequel les adolescents cherchent le reflet de leur image. Ce miroir développe la réflexion sur ce que l'on présente aux autres. On agit sur sa présentation car on sait (et on éprouve le fait) qu'elle agit sur la perception des autres. A l'instar des objets, ici aussi, le "design" de sa présentation dans les médias sociaux engendre un phénomène d'affordance. Cela signifie que la perception ainsi que l'usage de mon identité virtuelle par les autres, tout cela dépend des aspects, des aspérités, des creux et des contours de ce que je mets en ligne. La forme de mon message, son "design" influence profondément la réception par les autres, la compréhension qu'ils en auront et l'usage qu'ils en feront. L'écran n'est plus la feuille de papier que nous connaissons depuis cinq siècles.

Louis-Jacques Dorais dans son ouvrage qui s’intitule La construction de l'identité, nous donne plusieurs définitions de cette dernière. D’après lui, l’identité est omniprésente et chaque individu possède sa propre conscience identitaire qui le rend différent de tous les autres. Elle est donc appréhendée comme étant un phénomène individuel. C’est la façon dont l’individu construit son rapport personnel avec l'environnement. Selon cet auteur, cela signifie qu'elle n'est pas donnée une fois pour toute ; elle est plutôt construite. Daniel Calin  a lui aussi affirmé que l’ « on peut avoir l’impression que l’identité personnelle est  donnée, qu’on naît avec, mais l’identité se construit. »

Ce processus se poursuit tout au long de la vie. La construction identitaire se fait au cours de l'interaction de la personne avec ses parents, l'apprentissage des rôles liés à son sexe, l'éducation reçue dans son milieu…

Ainsi l'identité personnelle est le produit de la socialisation, laquelle permet la constitution du soi. Pour les sociologues interactionnistes, les identités individuelles naissent des interactions sociales plus qu’elles ne les précèdent. L’identité n’est pas une propriété figée, c’est le fruit d’un processus. Ainsi, le travail identitaire s’effectue de manière continue tout au long de la trajectoire individuelle et dépend à la fois du contexte et des ressources qui peuvent être mobilisées. Cette identité se modifie donc en fonction des différentes expériences rencontrées par les individus. Claude Dubar distingue deux composantes indissociables de l’identité sociale. L’« identité pour soi » renvoie à l’image que l’on se construit de soi-même. L’« identité pour autrui » est une construction de l’image que l’on veut renvoyer aux autres ; elle s’élabore toujours par rapport à autrui, dans l’interaction, en relation avec l’image que les autres nous renvoient, c’est une reconnaissance des autres.

Qu’est ce que l’adolescence ?

Selon Jean-Jacques ROUSSEAU « l’adolescence est une nouvelle naissance, un commencement. » En effet, celle-ci est une phase de transition entre l’enfance et l’âge adulte. La poussée hormonale de l'adolescence provoque une déstabilisation de l'équilibre de l'enfance qui a des conséquences sur tout le champ de la personnalité. Cette phase est marquée par :
- des changements physiques : puberté puis fin de la croissance
- affectifs : modification de la vie relationnelle, intellectuels : compréhension de la vie
- et enfin psychiques : recherche identitaire et acquisition progressive de l'autonomie.
A l'adolescence l'intimité est très importante pour les "ados" car elle leur permet de créer leur propre monde. C’est l'âge des grandes découvertes : l'amour, le corps, la sexualité, les amis, les sorties …
C'est aussi l'âge le plus sensible concernant les drogues, les copains infréquentables, le tabac, l'alcool...  

Nous venons d’expliquer ce que sont un réseau social et un adolescent ; nous pouvons nous poser plusieurs questions à propos de l’utilisation des réseaux sociaux par les adolescents telles que : comment les adolescents se comportent-ils face à un monde virtuel différent du monde réel, et quels sont les effets sur la construction du soi pendant l’adolescence ?

L’utilisation des réseaux sociaux par les adolescents  

Selon une étude récente, l’utilisation du  Web est, juste après la télévision et la lecture, l'activité préférée des Français âgés de 1 à 19 ans . La majeure partie du temps de connexion est consacrée à communiquer, notamment sur Facebook.

Grande entreprise du monde du Web (le site compte en avril 2012 plus de 900 millions de membres actifs), Facebook est le réseau social le plus utilisé par les collégiens et lycéens dans le monde : 92 % des 15-17 ans, 80 % des 13-15 ans, et 64 % des 11-13 ans  y possèdent un compte, alors que l'âge légal pour accéder au réseau social est fixé à 13 ans.  En ce qui concerne les chiffres en France et dans le monde, la répartition est comme l'indique le tableau ci dessous :

A travers ces chiffres cela montre que les réseaux sociaux connaissent une importante augmentation des internautes. Mais quelles sont les conséquences de l'utilisation de ces réseaux par les adolescents ? 

Dans un premier temps, les réseaux sociaux sont simples d’usage. Il est très facile de s’inscrire et les fonctions qui s’y rattachent sont très simples, par ailleurs, ces fonctions sont très pratiques. Tout d’abord, l’inscription aux réseaux sociaux est gratuite, il suffit juste de posséder une adresse e-mail, de donner son prénom et créer un mot de passe pour pouvoir accéder à son compte d’utilisateur. Donc, tout le monde peut s’inscrire sans qu’il y ait de discrimination entre les individus. Ensuite, selon l’article « Facebook, l’empire fragile » du magazine Alternative économique page 38 de novembre 2010, il est très pratique et très simple de poster des messages, des vidéos, des images, de constituer une liste d’amis, de créer des groupes d’intérêts entre des amis… en particulier.

Selon le Pediatrics, il semble que l’utilisation des médias sociaux aurait un effet bénéfique sur les enfants et les adolescents en améliorant la communication, les liens sociaux, de même que les compétences techniques. Les médias sociaux permettent ainsi aux adolescents de réaliser plusieurs activités de socialisation, valorisées tant en ligne que hors ligne, comme rester en contact avec ses amis et sa famille, se faire de nouveaux amis, partager des photos et discuter (O’Keeffe et Clarke-Pearson, 2011). Aussi, ils offrent aux jeunes la possibilité de s’ouvrir davantage sur le monde et de rencontrer une multitude de points de vue, notamment par le biais de blogues, de vidéos, de podcasts, de sites Internet, etc. (Boyd, 2007, cité dans O’Keeffe et Clarke-Pearson, 2011).

Les auteurs exposent également qu’en plus de mettre à contribution le potentiel créatif des adolescents, notamment par la réalisation de divers projets (blogues, vidéos, musique…), les médias sociaux leur permettent aussi de partager leurs passions et leurs intérêts avec d’autres jeunes, ce qui enrichirait d’autant plus leurs expériences de socialisation.

Pour les étudiants, l’utilisation des médias sociaux s’avère aussi fort intéressante et profitable dans la réalisation de projets d’équipe puisqu’elle permet l’échange d’idées et la collaboration à distance (Boyd, 2008, cité dans O’Keeffe et Clarke-Pearson, 2011). Toujours selon le rapport, ces médias offrent l’opportunité d’apprendre autrement. En effet, il semblerait que plusieurs écoles utilisent les blogues comme outil d’enseignement et l’on remarquerait plusieurs effets bénéfiques sur l’apprentissage des jeunes comme une amélioration de l’expression écrite et le développement de la créativité (Borja, 2005, cité dans O’Keeffe et Clarke-Pearson, 2011).

Selon l’article « Facebook et alii…prudence » du magazine InterCDI de septembre / octobre 2010 page 75, les réseaux sociaux permettent de combler l’éloignement des proches, c’est-à-dire que grâce à ces réseaux en ligne, il est possible de rester en contact avec des amis ou de la famille qui habiterait loin par exemple. Mais aussi, ils ont une fonction ludique de pouvoir rencontrer de nouvelles personnes et donc de lier de nouveaux liens d’amitié par exemple. De plus, selon l’article « Facebook et alii…prudence » page 75, les « murs » sur Facebook ou les « tweets » sur Twitter, permettent de se sentir moins seul et de combler parfois un manque affectif. Ainsi, cela créé des relations virtuelles entre les internautes qui peuvent faciliter les relations réelles entre les individus.

Enfin, les réseaux sociaux permettent une certaine autonomie et liberté des jeunes, en particulier des préados, c’est-à-dire les jeunes qui atteignent l’âge situé entre l’enfance et l’adolescence (8-12 ans). Tout d’abord, les réseaux sociaux rendent les préados autonomes au niveau culturel. Grâce à ces derniers, ils ont accès aux médias, à l’information, à l’actualité… ce qui leur permet de découvrir le monde extérieur et par conséquent être plus informé, plus à jour sur les aspects culturels du monde, alors que la génération d’avant, comme nous l’explique l’article « Préados, la liberté…en chambre » des Sciences Humaines de novembre 2010, N°220, page 42 et 43, n'était pas autant informée et donc avait moins de capacités culturelles que les jeunes de la génération d’aujourd’hui que l’on appelle « préados ». Ensuite, les réseaux sociaux permettent aux préados une autonomie sociale, car ils permettent aux préados de communiquer avec plus de personnes. Selon l’article « Préados, la liberté…en chambre » des Sciences Humaines, ils sont capables de s’exprimer plus facilement dans le monde social et ils communiquent avec leurs amis sur les réseaux sociaux, par exemple sur MSN, Facebook ou Skyblog. Donc les préados obtiennent une certaine liberté et indépendance vis-à-vis de leur parents, par conséquent, cela leur donne une possibilité d’épanouissement puisqu’ils ont le sentiment d’être libres et donc plus « murs ».

Mais la question qui se pose est de savoir quelles sont les conséquences de ces réseaux sociaux sur la vie de ces adolescents? Les conséquences sont-elles toujours positives ou négatives? 

Les aspects positifs ou bénéfiques

En utilisant les réseaux sociaux, l’adolescent  se sent moins éloigné de ses proches, il lie de nouvelles relations d’amitié, ce qui lui permet d’être épanoui. Il surmonte sa timidité et combat sa solitude ce qui explique en partie l’utilisation quelque peu excessive de ces réseaux sociaux ; ainsi donc grâce aux réseaux sociaux, l’adolescent se sent moins seul et comble ce manque affectif.

Les utilisateurs des réseaux sociaux ne se fient pas aux apparences, donc acceptent l’interlocuteur tel qu’il est. L’adolescent se fait ainsi beaucoup plus d’amis que dans la vie réelle. Puisque les adolescents ne subissent aucun contrôle, ils se sentent libres et autonomes, choisissent leur entourage comme bon leur semble.

Les réseaux sociaux sont une source d’informations. Les adolescents  deviennent de plus en plus cultivés : grâce aux réseaux sociaux, ils ont accès à l’information, aux médias et à l’actualité. Ils  permettent de retrouver des anciens camarades ou des amis.

Ainsi, l’importance des TIC ou de ces réseaux sociaux dans la vie des collégiens modifie leurs habitudes sociales. Ils sont moins enclins à sortir le soir qu’auparavant, sans doute parce qu’ils échangent plus par texto ou internet. Les TIC leur permettent ainsi de concilier exigences familiales et amicales, souvent contradictoires à cet âge.

Quelles sont les conséquences de l'utilisation des réseaux sociaux sur les adolescents?

Les aspects négatifs de l'utilisation des réseaux sociaux chez les adolescents

Le partage en direct

Pour légitimer leur existence, leur usage, les médias sociaux incitent les utilisateurs à toujours plus mettre en ligne, à partager. Il faut que le flux d'informations soit continu pour que le média vive : en effet, nous allons consulter de préférence les médias sur lesquels l'information se renouvelle sans cesse. Tout est donc fait techniquement pour que le partage de contenu soit de plus en plus facile. C'est même devenu un argument de vente ! L'injonction est donc de partager, de tout partager et de plus en plus rapidement, presque dans l'instant. La photo à peine prise, on appuie sur un bouton, et c'est parti ! Les adolescents sont sensibles à l'aspect ludique, non seulement de la photo, mais aussi du partage, de la divulgation.

Ce partage en direct rend visible ce qui auparavant ne l'était pas. Et ce qui n'est pas nécessairement destiné à être divulgué, dévoilé. A l'inverse de ce qui se passait auparavant, il est maintenant plus facile de rendre visible ce que l'on dit ou fait plutôt que de protéger sa vie privée. Il faut faire un effort et posséder une bonne connaissance du mécanisme des médias sociaux pour se protéger, pour éviter une divulgation non souhaitée de photos, de vidéos, d'enregistrements. Un écart grandissant apparaît entre la facilité de la mise en ligne et la difficulté à s'en prémunir. Souvent moins prudents que leurs aînés, les adolescents peuvent être tentés de céder à la facilité technique pour suivre la mode de ce comportement de partage. Tout les y invite : le bouton ''Partager'' comme les techniques d'influence des médias sociaux.

Ils peuvent oublier que la puissance de la technique fait qu'Internet n'oublie rien : tout ce qui y entre ou y est jeté est mémorisé sur un support, et l'information, si on la recherche, devient accessible. Tout un chacun, et les adolescents sont concernés au premier chef, doit construire activement et protéger son « e reputation », et ceci peut être difficile car cela demande un effort.

L'effondrement du contexte

Avec l'apparition de la réalité virtuelle, cette problématique est nouvelle et inédite. La vie réelle est nourrie et se nourrit de contextes, et nous adaptons notre communication, notre comportement en fonction de ces contextes. Ainsi que le mentionnait Hannah Arendt dans Condition de l'homme moderne, nous définissons notre environnement et notre environnement nous définit. Et dans une situation de communication, un système d'interactions et de rétroactions se met en place. Si tu souris, je sais que je ne suis pas menacé.

Or maintenant, chacun est seul devant son écran, et c'est particulièrement vrai pour les adolescents. Avec les médias sociaux, on ne sait pas si on est lu ou vu et par qui on sera lu ou regardé. Le contexte, ce qu'il y a autour d'une phrase, d'un texte ou d'une situation donnée, y compris et surtout dans une situation relationnelle, est ce qui fournit le sens. Le contexte recèle une valeur explicative, souvent indispensable. Sans contextualisation, le sens est appauvri, hypothétique, voire absent. Seul devant son écran, connecté à un réseau social, l'adolescent éprouve beaucoup de difficulté à se situer dans la communication. Les points de repère du monde réel étant amoindris et pour certains absents, il lui est difficile de se présenter de manière adéquate. Le pilotage de la communication devient délicat ; il faut composer avec une zone d'incertitude.

La problématique de l'adolescence

Les adolescents ont besoin de se construire, psychiquement et socialement, en partie grâce aux autres. Ils pensent pouvoir utiliser les réseaux sociaux, ce lieu virtuel de rencontres et d'échanges. Mais nous avons vu qu'il faut déjà être bien ''construit'' pour naviguer sur ces réseaux numériques. Il est préférable d'être bien équipé moralement et intellectuellement, ainsi qu'en termes de jugements et en termes de savoirs. L'adolescent risque donc d'être pris dans un cercle vicieux : utiliser un outil qui doit lui apprendre à utiliser ce même outil. L'être humain n'est pas fait pour vivre dans le virtuel : c'est une expérience sans précédent pour l'humanité, et pour les adolescents d'aujourd'hui.

Selon Hélène Walker, directrice des études d’un collège parisien, les ados sont les plus accros aux réseaux sociaux, c’est-à-dire que les adolescents sont dépendant des réseaux sociaux, ils y consacrent la majeure partie de leur temps. Par exemple, dans l’article Préados, la liberté…en chambre des Sciences Humaines, il est décrit qu’un jeune homme de 13 ans, dès qu’il rentre de l’école, la première chose qu’il fait est de monter dans sa chambre et de se connecter sur son ordinateur ; et dans l’article Facebook tisse sa toile du journal Le Monde magazine du 9 octobre 2010, selon une enquête réalisé en 2010, les internautes passeraient en moyenne 23h par mois devant leur écran.

De plus, les réseaux sociaux deviennent un « besoin compulsif de vérifier constamment ce qui s’y passe, même si c’est sans intérêt », sur Facebook, par exemple, comme nous le dit l’article Facebook tisse sa toile. Par conséquent, les adolescents passent plus de temps sur les réseaux sociaux et moins de temps avec leurs parents puisqu’ils préfèrent communiquer avec leurs amis sur ces réseaux en ligne, et ceci coupe la communication avec leurs parents. Ensuite, les réseaux sociaux peuvent provoquer la perte de l’identité des internautes, c’est-à-dire que des internautes anonymes volent l’identité numérique et racontent tout un tas de mensonges qui déstabilisent la personne volée. Par exemple, comme le témoigne une jeune fille dans l’article Marqué à vie du magazine Télérama du 6 octobre 2010, cela fait 8 ans qu’elle est victime d’un blog créé par un jeune du camp de vacances où elle est allée, et où il est possible de publier tout un tas de commentaires. Plus cela allait plus les commentaires sur elle, étaient méchants, mensongers, … une fois une personne a écrit « brise les couples de ses copines en allant rejoindre leurs mecs à l’autre bout du monde », ce qui est complètement faux. Lorsqu’elle tape son nom sur Google, elle trouve directement ce blog. On peut donc trouver beaucoup de mensonges qui peuvent conduire au ridicule ou pire, conduire à un harcèlement moral par les réseaux sociaux. De plus, le droit à l’oubli n’existe pas, c’est-à-dire que les informations publiées sur un réseau social ne peuvent pas être effacées, ou bien il est très difficile de les supprimer. Beaucoup d’internautes laissent des traces, c’est-à-dire des informations personnelles, sans avoir consciences que cela permet plus facilement d’être identifié et moins d'être oublié car les informations restent toujours dans la base de donnée du compte utilisateur, comme nous l’explique Michel Arnaud, maître de conférence en sciences de l’information à l’Université Paris X, dans l’article « Pris au piège des réseaux sociaux ? » du périodique Les clés du 26 mars au 1er avril 2008.

L’utilisation des médias sociaux peut toutefois comporter certains risques, compte tenu de la capacité plus limitée de certains jeunes à s’auto-réguler  et de leur tendance à être influencés par les pairs d'où la question de vie privée. Mais que disent alors les médias à propos de l'exhibition de la vie privée de ces adolescents sur les réseaux sociaux ? En quoi les réseaux sociaux peuvent-ils être une menace pour la vie privée ? Et que pensent alors les sociologues sur ce point ?

Vie privée

Tout d'abord, dès l'inscription, Facebook propose de parcourir les contacts qu'un utilisateur a enregistrés dans sa boite mail. Le réseaux social offre ainsi la possibilité de retrouver plus rapidement ses amis sur le réseau. Cependant, dans un groupe de discussion sur Facebook qui se nomme "Facebook et vie privée", un internaute note qu'en vertu des conditions générales, Facebook s'autorise à « louer » à des sociétés les réseaux d'amis appartenant aux inscrits; chose que les internautes, jeunes ne voient pas car ils n'ont pas l'habitude de lire les « conditions générales  ».

 

Dès lors, en offrant la possibilité à leurs utilisateurs de dévoiler leur vie, les sites de socialisation font naître de nouveaux problèmes, car les réseaux sociaux ont tendance à utiliser les informations personnelles à des fins commerciales. 

Les mineurs se retrouvent alors en danger notamment avec la violation du droit à l'image, appels à la haine, à la violence ainsi que l'utilisation commerciale des données privées. Ces sites amplifient donc les risques qu'encouraient déjà les internautes sur la toile. À cause d'une éducation peu adaptée s'ajoutant à la non transparence des réseaux sociaux, les utilisateurs se retrouvent trop facilement victimes de leurs propres actions, de leur ignorance, parfois même de leur naïveté. De plus,  bien que violé quotidiennement, le droit à l'image existe bel et bien sur Facebook, comme sur internet d'ailleurs. Ceux qui ne le respectent pas encourent jusqu'à un an de prison et 45 000 euros d'amende. Toutefois, sur Facebook, les personnes qui entendent voir leur droit à l'image respecté peuvent enlever le marquage de la photo. Un clic suffit mais l'image n'est pas supprimée pour autant. La seule possibilité de la supprimer est de contacter celui ou celle qui a mis la photo en ligne et lui demander de la supprimer. Cependant, les photos non voulues restent disponible sur Google, c'est d'ailleurs une des raisons qui poussent le président de la Cnil, Alex Türk, à mettre en garde les internautes sur les dangers des réseaux sociaux au nom du « droit à l'oubli ».En outre, un jeune internaute, sur Facebook, peut tout dévoiler sur lui. Son nom, son adresse, son numéro de téléphone, ses centres d'intérêts ainsi que son orientation sexuelle, sa religion ou encore ses opinions politiques qui sont visibles à la vue de tous ses contacts. Cependant, sur Facebook, un utilisateur peut faire part à son réseau de sa situation amoureuse. Il peut dire s'il cherche l'amour, des relations amicales, un réseau professionnel, des hommes ou des femmes... Des informations qui, il y a encore dix ans, étaient considérées comme relevant de la sphère privée et qui n'auraient rien eu à faire sur une page web, quand bien même l'accès à celle-ci eut été restreint à un groupe d'amis. Ainsi, pour Dominique Cardon, sociologue, l'essor de la théâtralisation de soi « caractérise la nouvelle culture de l'expressivité juvénile ». Ainsi, le curseur entre vie publique et sphère privée s'est très clairement déplacé, mais les réseaux sociaux n'en sont pas la cause, mais juste un reflet saillant. Toutefois, c'est un reflet avec tous les risques que cela comporte, notamment pour les mineurs.

Pour autant, les réseaux sociaux sont une nouvelle source de danger, par leur nature même. Tout d'abord parce que les adolescents ont l'impression d'être mieux protégés qu'avant puisque leur profil ne peut être vu que par les personnes qu'ils ont acceptées dans leur réseau. Mais, étant dans la quête d'amis, ils peuvent être tentés d'accepter des amis d'amis dont ils ne connaissent pas l'identité réelle et encore moins les intentions. Car, même si les conditions d'utilisation des sites interdisent formellement de tricher sur son âge, un adulte mal intentionné peut facilement se faire passer pour un jeune de 15 ans. De fait, Foursquare qui est un système de géolocalisation sur les réseaux sociaux, est aussi un outil qui peut piéger les jeunes internautes et indiquer le lieu où l’on se situe sans notre consentement, ce qui est une violation de la vie privée.

Les réseaux sociaux sur internet favorisent l'expression, et de fait, quarante-et-un pour cent des 15-18 ans disent avoir déjà fait l'objet de moqueries en ligne. En effet, sur Facebook, la méchanceté enfantine que connaissent les jeunes individus dans les cours de récréation prend une tout autre dimension. La portée n'est pas la même, la durée de persécution non plus. La persécution existe sur les réseaux sociaux, via un message sur le « mur » d'un internaute, ou encore un commentaire péjoratif sous une photo et même, parfois, un groupe créé dans le seul but de blesser quelqu'un. Les adolescents sont donc plus virulents sur internet, car ils sont cachés derrière leur écran.

Enfin, certains adolescents manquent parfois de vigilance et ne se questionnent pas nécessairement quant aux messages, photos ou encore vidéos qu’ils mettent en ligne. Or, ces jeunes utilisateurs sont parfois loin de réaliser l’ampleur de leurs gestes et les répercussions possibles à plus ou moins long terme.

Nous avons trouvé qu'il était très intéressant d'en savoir davantage sur les effets négatifs des réseaux sociaux, notamment quand cela atteint la vie privée. Ceci nous a permis de nous rendre compte de la dangerosité des réseaux sociaux et nous a permis faire davantage attention à ce que l'on publie sur les réseaux sociaux.

Aussi le principal risque auquel s’exposent les jeunes utilisateurs de médias sociaux est lié à des problèmes relevant de la vie privée. En effet, certains adolescents manquent parfois de vigilance et ne se questionnent pas nécessairement sur le type de messages, de photos ou de vidéos qu’ils mettent en ligne. Or, ces jeunes utilisateurs sont parfois loin de réaliser l’ampleur de leurs gestes et les répercussions possibles à plus ou moins long terme. Les adolescents se soucient peu de leur vie privée.

Mais que disent les sociologues spécialistes de la question de la vie privée ?

Un texte de Danah Boyd et Alice Marwick intitulé La vie privée dans les réseaux sociaux, les attitudes, pratiques et stratégies des adolescents fait le point sur les pratiques adolescentes en ligne. Il montre que les pratiques adolescentes en ligne sont conditionnées par le sens que les adolescents donnent à la situation et qu’ils sont toujours soucieux de leur vie privée.

La vie privée est d’abord une histoire d’espace. C’est l’espace dans lequel il est possible d’être seul. C’est l’espace dans lequel chacun a la maîtrise de l’ouverture et de la fermeture à l’autre. Il peut encore être l’espace dans lequel sont contenues des conduites ou des relations qui doivent être masquées aux autres.

L’espace privé n’est pas nécessairement un espace physique. Il peut s’agir d’un espace psychologique : c’est alors le secret des pensées que l’on ne se dit qu’à soi-même. L’espace privé se superpose alors à ce qui n’est pas dit ou exprimé.

De la même façon que l’épaisseur des murs et leur agencement masquent plus ou moins la maison aux regard extérieurs, dans le cyberespace, les dispositifs sont plus ou moins ouverts sur l’espace public. Ainsi, Facebook a de plus en plus ouvert les comptes sur l’espace public. Le flux d’actualités qui avait suscité beaucoup de résistance lors de sa mise en place est parfaitement accepté par tous. Mais il ne s’agit pas seulement de code. Des pratiques sociales se greffent sur ces dispositifs, et les amendent fortement.

Danah Boyd et Alice Marwick mettent le doigt sur une certaine hypocrisie : on reproche souvent aux adolescents de ne pas être suffisamment précautionneux en ligne sans tenir compte du fait que ceux qui ont pouvoir sur eux, c’est-à-dire les parents, rompent régulièrement les barrières de leur vie privée sous des prétextes fallacieux. Un double langage se met alors en place. Les adultes se plaignent du manque de retenue des adolescents en ligne et ils se comportent dans l’espace physique comme s’ils n’avaient pas droit à un espace privé.

Elles donnent un exemple qui est d’autant plus parlant que le procédé est souvent utilisé par les formateurs. Lors d’une session de formation auprès d’adolescents, des adultes font un diaporama de toutes les images qu’ils ont trouvées sur les comptes des adolescents. Le diaporama provoque une bronca des adolescents et l’incompréhension des adultes. Pour ces derniers, les images sont publiques, puisque trouvées sur Facebook. Pour les adolescents, il s’agit d’une trahison. Danah Boyd et Alice Marwick interprètent la situation en termes de pouvoir : ce n’est pas que les adolescents ne prennent pas en compte la question de la vie privée sur Facebook, mais plutôt les autres qui ne la respectent pas.

En somme, les adolescents se comportent en ligne comme au supermarché. Tout le monde voit le contenu du caddy du voisin à la caisse, mais personne ne fait de commentaires.  Qui, ici est à blâmer ? Est-ce les adolescents ou les adultes qui non seulement font preuve d’une curiosité déplacée, mais s’en servent pour faire honte et culpabiliser des adolescents ?

Danah boyd et Alice Marwick montrent que pour les adolescents, l’espace privé est d’abord un espace vide de la présence des parents. Pour certains adolescents, l’espace privé est un espace collectif. Il est séparé de l’espace public, mais à l’intérieur de cet espace, les adolescents ne bénéficient pas d’un espace qui leur appartienne en propre.

Pour Danah Boyd et Alice Marwick, il s’agit avant tout d’une histoire de pouvoir. Les adolescents sont un groupe d’individus dominés, et ils créent des “contre-espaces” dans lesquels ils vont pouvoir reformuler leurs identités, leurs besoins, leurs intérêts. Comme les espaces physiques de socialisation ont disparu ou ont été considérablement réduits, les adolescents ont massivement investi le cyberespace comme espace de rassemblement.

 

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