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Synthèses rédigées par les étudiants du cours de Culture numérique

Evaluation AirBnB
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Les sites de vente de seconde-main

Charlène Rey, Aude Lagoguée, Lucie Guesnon (M1 Edition Mémoire des Textes)
Les sites de ventes de seconde-main développent une nouvelle forme de commerce. Nous allons présenter à travers différents types de sites leur aspect économique et le mouvement social qui en découle : la consommation collaborative.
(déposé le 2014-11-26 12:05:53)

Les sites de vente de seconde-main

Introduction : 

Les sites de vente d’occasion permettent à chacun d’acheter un objet, qui a déjà servi, en bénéficiant de tarifs plus avantageux. Selon la définition du dictionnaire le Littré, la locution adverbiale “d’occasion” se dit “d'objets que l'on achète à bon marché, soit parce qu'ils ont déjà servi, soit parce que le marchand veut s'en défaire”. On peut également vendre sur ces sites ce dont nous ne voulons plus, et ainsi renouveler perpétuellement les objets en notre possession. L’augmentation du nombre de ces sites et l’engouement qu’ils représentent s’inscrivent dans une démarche de “consommation collaborative”. En effet, suite à la crise financière, de plus en plus de personnes recherchent de nouveaux moyens pour consommer plus durablement et moins cher. La consommation collaborative valorise l’usage plutôt que la propriété : le bien n’est plus nécessairement possédé, il peut être échangé, loué ou encore revendu. Cette nouvelle vision de l’économie bouleverse la manière de consommer mais non la consommation elle-même. Ce succès peut s’expliquer par 4 facteurs, selon Rachel Botsman, une des chefs de file du mouvement : le retour à l’idée de communauté, les réseaux sociaux, l’environnement et enfin la crise financière. Cette nouvelle économie représente même pour certains un véritable mode de vie. La communauté “OuiShare”, par exemple, prône dix valeurs fondamentales dans l’économie collaborative : la transparence, l’ouverture, la rencontre directe (MPRL : Meet People in Real Life), la diversité ou encore l’action.

Consommation collaborative

Consommation collaborative

consocollaborative.com
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Il existe différents types de sites qui participent à l’économie collaborative : les sites de vente d’occasion tels que leboncoin, eBay, Amazon, PriceMinister, Vinted, Easycash, des sites de vente d’occasion ayant des magasins comme www.troc.com,  cashconverters, www.fnac.com par exemple. Des sites plus spécialisés ont également vu le jour pour la location de matériel de bricolage entre particuliers notamment : www.jelouetout.com, www.e-loue.com, fr.zilok.com, www.bricolib.net. De nombreux sites de dons éclosent également sur le Net, dont  www.donnons.orgwww.donne.consoglobe.comwww.toutdonner.com, www.recupe.fr, www.jedonnetout.com, www.co-recyclage.com. Nous allons nous intéresser dorénavant au fonctionnement de certains de ces sites.

"La consommation collaborative qu'est-ce que c'est ?" (Vidéo)

Les sites :

Différents types de sites : 

Certains sites de vente de seconde main connaissent une popularité mondiale. Le site leboncoin.fr a été créé en avril 2006. En 2009, c’était le onzième site le plus visité en France et en 2013, il est passé à la sixième position devant le site américain eBay. Leboncoin, site français, a 31 équivalents étrangers dont subito.it en Italie, segundamano.es en Espagne, birhir.ma au Maroc… Une enquête d’octobre 2012 montre que leboncoin.fr est le deuxième site web d’après le temps de consultation, derrière Facebook. Aujourd’hui “leboncoin” est un des mots clés les plus recherchés sur Google en France. Ce site est un site de vente entre particuliers : le paiement se fait donc d’un commun accord au moment de l’échange. Il n’y a pas de  transfert direct d’argent sur le site.

Le site Amazon est le leader mondial de la vente de produits d’occasion et neufs. Il a été crée en 1994 par Jeff Bezos. Amazon était à l’origine une librairie en ligne, mais il s'est développé rapidement et emploie en 2012 environ 51300 personnes. Amazon a été très critiqué pour les conditions de travail dans son entreprise : emplois précaires, cadences éprouvantes. L’entreprise a dû faire face à de nombreux procès, comme celui de novembre 2007 contre le syndicat de la Librairie Française, au sujet des frais de port. L’entreprise est accusée de concurrence déloyale, causée par des prix trop faibles par rapport aux ventes directes. Le 8 janvier 2014, le Sénat interdit les frais de port gratuits : Amazon décide donc de les fixer à un centime d’euros. Amazon utilise une plate-forme de paiement sécurisé directement via le site.

Logo Amazon

Logo Amazon

Logo utilisé par le site international Amazon
Amazon
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Le site américain eBay, créé en 1995 par Pierre Omidyar, est le leader mondial de la vente de biens en ligne par enchères ou par paiement direct. Son slogan: “Whatever it is you can get it on eBay” désigne la grande variété d’objets que l’on peut partager sur le site. Le site fonctionne grâce à un système d’évaluation entre acheteurs et vendeurs. Il est ouvert à tous et ne nécessite qu’une simple inscription par mail pour acheter un produit. Pour vendre, l’utilisateur doit prouver son identité par courrier postal ou identification bancaire. Le site, grâce à sa renommée mondiale, se positionne comme un acteur important sur le plan boursier depuis 1998.

Blablacar est une plate forme communautaire de covoiturage lancée en 2004 par Frédéric Mazzella. Elle compte 10 millions d’utilisateurs en 2014, ce qui fait d’elle le leader en Europe, dépassant le site de la SNCF. La mise en relation entre particuliers est payante : elle représente 15% du prix du covoiturage. Blablacar allie à la fois l’aspect économique car le covoiturage est moins cher qu’un trajet en train et le lien social, perdu ces dernières années.

Logo Blablacar

Logo Blablacar

Blablacar
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Le fonctionnement : 

Les sites de vente de seconde main n’ont pas tous le même fonctionnement et ne proposent pas non plus les mêmes moyens de paiement. Il y a différents types de paiement possibles. Sur certains sites comme Leboncoin, Vinted, blablacar (pour les courts trajets), le système de paiement se fait en direct de particulier à particulier, ce qui signifie que le vendeur et l’acheteur conviennent entre eux d’un moyen de paiement. Le plus souvent, le paiement se fait en espèces au moment de la vente, mais si il s’agit d’un envoi, le paiement peut être effectué par chèque envoyé au vendeur ou encore par virement bancaire directement sur le compte bancaire du vendeur. Néanmoins, les sites comme Amazon ou PriceMinister offrent la possibilité d’un paiement par carte bancaire ou par Paypal directement sur le site. Sur le site Amazon, l’acheteur paye sur le site, le vendeur envoie son produit et le site Amazon procède ensuite au paiement du vendeur en lui transférant l’argent de la vente sur son compte bancaire par "Amazon payments Europe". Ce site propose également un paiement “en 1 click”, ce qui facilite la transaction puisque le site enregistre les données bancaires du client pour lui éviter de les redonner à chaque fois. Par ailleurs, certains sites prennent une commission sur les ventes mises en ligne. Par exemple, sur le site Amazon, si un livre est vendu 10€, le vendeur ne percevra que 8€80 alors qu’au contraire le site Leboncoin ne perçoit aucune commission sur les ventes et le vendeur peut donc choisir lui-même le prix qui lui convient, et recevoir cette somme dans sa totalité.

L’évaluation : 

De nombreux sites procèdent à l’évaluation des vendeurs, ou des biens qui sont proposés. C’est le cas pour Amazon et Ebay : ces deux sites incitent les acheteurs à donner leur avis sur la rapidité de livraison, l’état de l’objet ou la disponibilité des vendeurs. Les acheteurs peuvent donc laisser des commentaires et mettre des étoiles en fonction de leur niveau de satisfaction. Le site Airbnb, qui loue des chambres ou des logements entiers, utilise également le principe d’évaluation concernant les logements et leurs propriétaires. Blabacar, le leader français du covoiturage permet lui aussi aux usagers de noter les conducteurs : l’évaluation peut aller  d’ “extraordinaire” à “à éviter”. Ces évaluations permettent aux usagers de choisir ce qui leur convient le mieux et aussi d’exprimer leur avis concernant les produits ou les services rendus. Les usagers ne sont donc plus seulement des consommateurs passifs, ils sont intégrés dans le processus marchand.

Evaluation AirBnB

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Evaluation d'une personne louant son logement

Le développement :

L’évolution : 

Le site Leboncoin a été lancé en 2006 avec environ 6 millions d’euros de budget, et seulement quelques dizaines de salariés. Aujourd’hui, ils sont plus de 200 à travailler dans leurs locaux parisiens. L'ascension du site fut phénoménale : en effet, selon le journal Libération : “le site a mis moins de cinq ans pour en arriver à ce qu’un quart des Français s’y connectent au moins une fois par mois pour déposer une annonce ou y répondre” . Le site a débuté avec l’appui du groupe norvégien Schibsted, qui voulait développer un site d’annonces en France. Olivier Aizac est alors désigné comme responsable du site et veut que celui-ci soit gratuit, contrairement à ses homologues étrangers. Il fallait ensuite trouver un nom, avec l’aide des internautes : “ChezGeorgette” a failli être choisi mais Leboncoin a finalement été adopté car c’est un nom facile à retenir et qui évoque la proximité. Entre 2007 et 2012, le chiffre d’affaires est passé de zéro à cent millions d’euros. Le site a été classé dixième site le plus visité en France en décembre 2013, en attirant près de 18 millions d’internautes par mois. Mais le site ne s’arrêta pas là et décida de lancer en 2013 deux applications mobiles, qui représentent 15% du trafic total. Leboncoin travaille également sur de nombreux projets : un projet de covoiturage ou encore de rencontres entre adultes. Leboncoin est devenu le premier site privé d’offres d’emploi, d’annonces immobilières et automobiles. On estime le nombre de nouvelles annonces par jour à environ 600 000, dont 90% proviennent des particuliers, sauf en ce qui concerne l’immobilier.

La société Amazon emploie 51300 personnes dans le monde en 2012, et fait partie des “quatre grands d’Internet” avec Apple, Google et Facebook. Pendant de nombreuses années, Amazon a perdu de l’argent avec chaque livre vendu, en raison des investissements de la société et du travail de numérisation. La première année durant laquelle Amazon a gagné réellement de l’argent est 2004. Le logo représente une flèche qui va de la lettre A à Z, et signifie donc qu’on peut y trouver tous les produits. Selon les chiffres tombés le 23 octobre 2014, l’action Amazon chute de 10% à la bourse de Wall Street. Selon Le Monde, “de juillet à septembre, Amazon a réalisé la plus grosse perte trimestrielle de son histoire : 437 millions de dollars”. Amazon a lancé son propre lecteur de livres numériques, nommé Kindle, ainsi que son téléphone, le Fire phone, qui peine à séduire le public. La politique commerciale agressive d’Amazon a également un coût important. Amazon dépense trop, pour attirer de plus en plus de monde. Selon Matt Yglesias, Amazon fonctionne comme “une organisation caritative gérée par des représentants du monde des investisseurs au profit des consommateurs». Amazon est une entreprise qui fait parler : les conditions de travail sont très controversées. En 2014, 1188 écrivains allemands signent une pétition contre les méthodes utilisées à l’encontre de leur éditeur scandinave Bonnier. En outre, Hachette et Amazon sont arrivés à un accord suite à leur conflit concernant le prix de vente des e-books sur les tablettes Kindle. Amazon tentait d’imposer le prix unique de 9,99$, mais Hachette semble avoir réussi à imposer ses tarifs.

Ebay était à l’origine principalement un site de vente aux enchères. Il comptait plus de 276 millions d’inscrits en 2009. Cette même année, le chiffre d’affaires s’élevait à 57200 millions de dollars et le nombre d’utilisateurs ne cesse d’augmenter. On dénombrait environ 13500 employés en 2008. En 2014, Ebay connait sa première faille de sécurité : il incite alors ses utilisateurs à changer de mot de passe.

Relation mondial/local dans la revente : 

Avant l’essor d’Internet, les personnes recherchaient ou vendaient des objets par annonces dans la presse, sur les radios locales ou par le biais des brocantes, vides greniers ou magasins de dépôt-vente. La circulation des biens restait locale. Aujourd’hui, grâce à l’outil Internet, les objets circulent dans le monde entier, il n’y a pas de frontière, ni de notion de distance. Des sites comme Leboncoin permettent la vente directe entre particuliers sans intermédiaires, le plus souvent localement afin d’en organiser la livraison. Ce site est basé sur la confiance et sur une collaboration pour que la transaction aboutisse le plus simplement possible. Par exemple, pour la vente d’un meuble le vendeur propose une description de l’objet, le plus souvent accompagnée de photos, donnant à l’acheteur un maximum d’informations. Cette collaboration entre vendeurs et acheteurs sert à supprimer tout intermédiaire puisqu’ils négocient entre eux les prix, les frais de port et s’arrangent parfois localement pour la livraison. Rien n’est imposé, les ventes se font en toute liberté.

On observe un paradoxe : en effet on tend à revenir vers un système de proximité. A côté des grands sites internationaux, comme Ebay et Amazon qui sont finalement anonymes (les acteurs de la transaction doivent se conformer au règlement de ces industries), on voit se développer de plus en plus des sites de prêts ou de dons entre résidents d’un même secteur géographique.

Certes les leaders du marché mondial proposent une très grande diversité d’objets d’occasion partout dans le monde, cependant le consommateur s'oriente vers une pratique émergente locale. Ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs. Dans son ouvrage What’s mine is yours: the rise of collaborative consumption, Rachel Botsman explique que la crise est une motivation majeure dans ce changement de mode de consommation. Les utilisateurs de ces sites recherchent le prix le plus avantageux et comparent. La crise aurait contraint les gens à faire preuve d’ingéniosité et d’originalité pour faire des affaires et ces pratiques auraient provoqué un regain de confiance mutuelle entre les personnes. Les préoccupations environnementales jouent un rôle important dans ce changement car les personnes essaient de limiter les distances (pour les dommages environnementaux occasionnés par les transports) tout comme le gaspillage. Mais c’est aussi le développement des réseaux sociaux sur Internet qui ré instaure une pratique d’échange entre les personnes. C’est ainsi que l’on trouve des sites proposant divers services : des locations ou prêts de matériels de bricolage, des accessoires de mode, le partage d’un repas chez l’habitant ou encore l’échange de biens immobiliers, etc…

Martin Denoun et Geoffroy Valadon expliquent cette mutation dans l’article "Posséder ou Partager" du Monde Diplomatique d’octobre 2013, comme une décroissance de la dimension symbolique des objets au profit de leur dimension fonctionnelle. D’où ce moyen de transaction locale qui favorise l’usage plutôt que la propriété.

Les raisons du succès pour les acheteurs : 

Ces sites de vente de seconde main sont en perpétuelle hausse de fréquentation. C’est un phénomène qui se développe de manière importante puisque c’est un média populaire qui touche une grosse partie de la population. Mais quelles sont les raisons de ce succès du point de vue des acheteurs ? Tout d’abord, les achats de seconde main sont meilleur marché que les achats de produits neufs puisque, ayant déjà servi, les produits sont vendus moins chers. Cela permet donc aux acheteurs de faire moins de dépenses et éventuellement d’acheter plus de choses d’occasion que neuves avec un même budget. D’autre part, ce système permet également de trouver des articles qui ne sont plus en vente dans les magasins car ils faisaient partis d’une ancienne collection par exemple. Même si à l’origine, ces ventes sont sur internet, on peut dire que les sites comme Leboncoin valorisent le contact entre les personnes. L’échange de service valorise également ce contact humain. C’est le cas avec le covoiturage par Blablacar ou encore avec la location d’un logement avec Airbnb. L’engouement pour ce type de sites peut être dû à la situation de crise économique dans laquelle se trouve la France depuis quelques années. En effet, le fait d’acheter des objets d’occasion permet de faire moins de dépenses et ceci est une situation qui fait partie du quotidien des français depuis plusieurs années.

Les usages

Intérêt économique pour les sites : 

Tous ces sites de vente de seconde main sont gratuits, on peut alors légitimement se poser la question de savoir comment ceux-ci parviennent à gagner de l’argent. Olivier Aizac, directeur général du premier site français Leboncoin, explique dans une interview accordée au Journal du Net en 2011 que les revenus du site proviennent majoritairement de  “trois pieds : la publicité, les services aux professionnels, et les options de visibilité ”. Les professionnels peuvent obtenir un service de diffusion automatique des annonces par exemple, ou tout autre service pour être efficace plus facilement. Selon Olivier Aizac, “le panier moyen d’un pro est aux alentours de 1000 euros par an”. Les publicités génèrent plus de la moitié du chiffre d’affaires du site : 64 millions d’euros en 2011. Les utilisateurs peuvent souscrire des options payantes, notamment pour mettre en avant l’objet à vendre ou pour ajouter des photos supplémentaires. Les tarifs varient selon le bien à vendre, pour une location immobilière par exemple, les tarifs sont les suivants : 

Prix des options payantes pour une location sur leboncoin

Prix des options payantes pour une location sur leboncoin

Leboncoin
Licence : Licence inconnue -- D.R.

En ce qui concerne les sites Ebay et Amazon, ils gagnent de l’argent en touchant des commissions sur la vente des produits et également grâce aux comptes des professionnels.

Commission sur le prix final sur le site Ebay

Commission sur le prix final sur le site Ebay

Ebay
Licence : Licence inconnue -- D.R.

Sur le site Amazon, on trouve trois types de frais. Tout d’abord des frais de 0,99 euros par article vendu. Des frais de vente par article s’ajoutent également ensuite. En effet, les vendeurs paient des frais de vente pour chaque article vendu mais ces frais varient en fonction de la catégorie à laquelle le produit appartient. Pour les produits “médias”, c’est-à-dire les livres, la musique, les jeux vidéos,etc., le site déduit les frais de vente applicables calculés sur la base d’un pourcentage de l’article. Pour les produits “non-média”, le site déduit le montant le plus élevé des frais de vente calculés sur le montant total de la vente (frais de port) et les frais de vente minimum par article : pour une vente “auto et moto”, les frais de vente équivalent à 15%. Le troisième type de frais concerne uniquement la catégorie média : il faut ajouter des frais de gestion par article vendu, débités au moment de la vente. 

Exemple de frais d'un compte Basic sur Amazon

Exemple de frais d'un compte Basic sur Amazon

Amazon
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Les utilisateurs professionnels ont un forfait mensuel fixe à payer, puis des frais de vente par article et des frais de gestion pour les articles médias.

Les inconvénients : 

Quand on utilise ces sites, on s’expose aussi à certains dangers. Toutes les transactions entre particuliers reposent sur un principe de confiance mutuelle. L’acheteur attend une conformité de l’objet par rapport à l’annonce et le vendeur attend le règlement. Du fait de l’absence d’intermédiaire, aucun recours n’est possible en cas de problème d’acheminement. Il est clairement stipulé dans le règlement d'eBay que “n’étant pas impliqués dans la transaction en cours”, ils ne sont pas “en mesure de forcer un membre à remplir ses obligations”. Ils ne disposent d’aucun moyen d’action. De plus, les sites ne gèrent pas le système d’évaluation, il peut donc y avoir des notations falsifiées. Ce système ne doit pas se faire critère principal d’une bonne transaction. L’utilisateur doit s’en remettre à son intuition et son bon sens avec une certaine méfiance car il peut se retrouver piégé dans les mailles du filet Internet.

Une étude IFOP de mars 2012 déclare que seule la moitié des acheteurs en ligne n’aurait rencontré aucun problème lors d’une transaction. Parmi ces problèmes, on trouve des cas de ventes “trompeuses” : le produit ne correspond pas à la description ou aux photos présentées dans l’annonce. Parfois l’acheteur ne reçoit pas le produit payé ou bien c’est le vendeur qui ne reçoit pas son paiement. Sur eBay, certains vendeurs ont recours à une pratique pour augmenter le prix de l’objet : ils font monter les enchères sous une autre identité pour connaître le montant maximum fixé par chaque enchérisseur. L’“offre de la seconde chance” leur permet de contraindre le perdant des enchères à payer le montant maximum qu’il s’était fixé. On trouve également des arnaques dans le domaine de la vente de véhicules d’occasion : elles visent le plus souvent à obtenir des informations personnelles sur le vendeur (papiers d’identité, informations bancaires,etc…).

Les sites sont confrontés à des problèmes de contrefaçon : il leur est impossible de contrôler chaque produit mis en vente sur le site. Depuis une dizaine d’années, le numéro un mondial du luxe LVMH mène une guerre juridique contre ces sites. En 2010, eBay est condamné à verser 5,7 millions d’euros à la société pour avoir vendu entre 2001 et 2006 des produits contrefaits. Cette condamnation a été en partie annulée en 2012 et en juillet 2014 un accord a été trouvé pour tenter d’endiguer la profusion des produits contrefaits circulant sur le site. Un service mondial, Community Watch, permet de limiter les ventes de produits contrefaits par un filtre qui relève automatiquement les noms des grandes marques et par une inspection des employés qui vérifient que l’annonce a sa place sur le site.

Malgré l’importance des moyens mis en place pour tenter de sécuriser les transactions, l’utilisateur doit rester vigilant car de nombreux paramètres ne sont pas maîtrisables.

Épuisement des droits : 

Amazon se considère comme “la plus grande librairie du monde”, ce qui peut nous amener à nous interroger sur la question juridique de l’épuisement des droits.

La théorie de l’épuisement des droits désigne le fait que “certains droits de propriété littéraire et artistique ont vocation à s’épuiser après leur premier exercice ”. La simple mise en circulation des supports de l’objet de la protection dans un Etat membre suffisait à interdire tout contrôle, par le titulaire des droits, de la commercialisation des dits supports dans un autre Etat.

“La règle de l’épuisement des droits implique que lorsqu’un titulaire de droits a donné son consentement à la mise sur le marché d’un exemplaire d’une oeuvre, il ne peut plus en contrôler les distributions subséquentes sur d’autres territoires. Il s’agit d’une limitation de droits exclusifs qui s’applique dans la Communauté européenne pour la distribution d’exemplaires physiques, à l’exception de la location, afin de répondre aux impératifs du marché unique. Cette règle en revanche ne s’applique pas aux services. Ces principes sont transposables dans un contexte numérique et dans celui des transmissions en ligne.”

“Ainsi, un produit introduit ou fabriqué licitement, dans un Etat de l’UE, est libre de circuler au sein de l’UE. Cette fabrication ou cette introduction sont licites dès lors que le titulaire des droits de propriété industrielle les a autorisé, soit parce qu’il est lui-même fabricant ou importateur, soit parce que la fabrication, ou l’importation ont été réalisés avec son consentement, notamment par contrat de licence. “

Une nouvelle approche du commerce : 

Ce type de vente que sont les ventes de seconde main amène un nouvel aspect du commerce. En effet, la vente d’occasion qui peut s’apparenter aux ventes de vides-greniers n’est pas la même que la vente d’objets neufs dans les magasins. Le fait de revendre ses affaires permet de recycler ce qu’on a acheté et dont on ne se sert plus. Le but est de dépenser moins pour favoriser le développement durable. Cela amène donc une dimension écologique à cette nouvelle forme de commerce. Il n’est également plus obligatoire de posséder chacun de son côté alors qu’on peut partager. Par exemple, il n’est pas nécessaire que chaque personne possède une voiture alors qu’on peut se déplacer avec d’autres personnes à travers le principe du covoiturage. Cela favorise l’écologie en réduisant les risques de pollution  L’écologie étant une valeur qui devient de plus en plus importante pour les gens, le succès des sites de vente de seconde main peut s’expliquer par cela. C’est cette dimension écologique que l’on retrouve dans l’ensemble de la consommation collaborative qui est une économie du partage. Cette expression “économie du partage” change la relation entre usage et propriété puisqu’au lieu d’acheter et posséder, on partage désormais. La possession d’un bien n’est donc plus réduite à notre seule personne mais elle s’ouvre au monde entier. L’objectif est d’utiliser à plusieurs au lieu de posséder seul. Cela créé donc une dimension économique nouvelle. Neal Gorenflo, fondateur et rédacteur en chef du magazine Shareable déclarait en 2011 : « On se rend compte que ce mouvement n’est pas qu’une tendance passagère. Les publications se multiplient, les consultants commencent à s’intéresser au phénomène, les politiques envisagent de nouvelles lois pour favoriser le développement de cette économie du partage, les startups font des levées de fonds impressionnantes : tout converge pour nous faire dire qu’une nouvelle économie est vraiment en train d’émerger. » Cette déclaration a été faite en 2011, et Neal Gorenflo ne s’est pas trompé puisque depuis, l’économie du partage est en perpétuelle expansion. 

Consommation collaborative

Consommation collaborative

Les nouvelles conceptions du partage
http://blog.novin.fr
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Conclusion : 

A travers notre étude, nous avons pu remarquer l'engouement croissant pour les sites de vente de seconde-main. Malgré quelques inconvénients, ces sites ont créé un nouveau système de consommation, qui passe par le partage.  Cette économie collaborative instaure de nouveaux liens entre les consommateurs et renouvelle l'idée de vie en communauté. La possession laisse désormais place à l'usage : les objets ne nous appartiennent plus mais deviennent des biens communs. L'accès devient primordial à travers différentes entreprises de locations, de dons, de prêts et de ventes d'occasion. Cette nouvelle forme économique devient même un véritable mode de vie pour certaines personnes qui préfèrent favoriser un commerce orienté vers le partage plutôt qu'un commerce lucratif. 

Bibliographie : 

  • Antonin Léonard et Edwin Mootoosamy, Consommation collaborative : la course au leadership, 2013  

http://consocollaborative.com/3345-consommation-collaborative-course-leadership.html

  • Marion Guillou, La crise dope la consommation collaborative, 2014

http://www.lepoint.fr/economie/la-crise-dope-la-consommation-collaborative-04-08-2014-1851290_28.php

  • Etienne Gless, Le bon coin : la cash-machine des petites annonces, 2013

http://lentreprise.lexpress.fr/marketing-vente/ebusiness/le-bon-coin-la-cash-machine-des-petites-annonces_1518014.html

  • Benoit Simma, Le bon coup du bon coin, 2013

http://www.liberation.fr/economie/2013/01/20/le-bon-coup-du-boncoin_875381

  • Stéphane Lauer, Amazon affiche des pertes record, 2014

http://www.lemonde.fr/entreprises/article/2014/10/24/amazon-affiche-des-pertes-record_4511921_1656994.html

  • Hugo Sedouramane, Le bon coin, le site qui valait 400 millions d'euros, 2012

http://www.journaldunet.com/web-tech/start-up/entrepreneurs-du-web-jonathan-lascar-julien-koncztaty/leboncoin.shtml

  • Vincent Roques, Epuisement du droit, 2003

http://www.juristic.net/L-epuisement-du-droit

  • Antonin Léonard, La nouvelle économie du partage, 2011

http://consocollaborative.com/983-economie-du-partage-consommation-collaborative.html

 
 

Notes de lecture

Consommation collaborative : la course au leadership

L'économie du Boncoin

Posséder ou partager

La crise dope la consommation collaborative

Le bon coin : la cash-machine des petites annonces

L'économie du partage