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Synthèses rédigées par les étudiants du cours de Culture numérique

Le RGAA
Le RGAA

L'accessibilité des sites web

Léa Coiffey - Valentin Mangnan - Mélusine Vilars (Licence Pro ATC Webmestre)
Définition et portée de l'accessibilité, règles et normes en vigueur. Synthèses vocales, "mobile first", chiffres des sites accessibles
(déposé le 2013-12-12 14:45:50)

L'accessibilité des sites web

Qu'est-ce que l'accessibilité ?

Vous avez sûrement déjà entendu parler d’accessibilité, en d’autres termes, de la mise à disposition des contenus numériques pour tous les individus
Si vous n’êtes pas encore un spécialiste dans ce domaine, de nombreuses questions doivent émerger de vos esprits : qui sont les individus concernés ? Comment rendre du contenu accessible, et quelles sont les actions du gouvernement dans ce domaine ? Nous allons tenter de répondre à ces questions (et à bien d’autres encore) dans cette première partie.


Des besoins particuliers

Lorsque l’on vous parle d’accessibilité numérique, vous pensez sûrement en priorité à une partie de la population : les personnes handicapées.
Vous n’avez pas tout à fait tort car cette catégorie de personnes possède des besoins particuliers qui doivent être pris en compte, notamment dans la création de sites web. Par exemple, les personnes aveugles doivent pouvoir accéder aux informations des sites internet comme les autres, grâce à du matériel dédié, permettant de restituer la page sous forme audio ou en braille. Une personne sourde doit également avoir la possibilité de mettre des sous-titres sur une vidéo et les internautes handicapés moteur doivent avoir la possibilité de naviguer uniquement à l’aide du clavier. De plus, cette “partie infime de la population” représente 80 millions de personnes en Europe : l’accessibilité numérique est donc primordiale pour ces individus et leur permet une meilleure intégration sociale.

Tous concernés

Cependant,  l’accessibilité ne touche pas seulement cette catégorie de personne spécifique, mais bel et bien tous les individus utilisant le web. Effectivement, de nombreux utilisateurs peuvent rencontrer des difficultés d’accès aux services en ligne : les personnes connectées en bas débit, peu compétentes au niveau informatique, équipées de configurations spécifiques (les différences d’affichage entre les différents navigateurs doivent être prises en compte), ou encore les seniors, de plus en plus présents sur le web. De plus, quelqu’un travaillant dans un environnement bruyant doit pouvoir avoir une alternative à l’information audio ou encore quelqu’un dont le regard est occupé (comme par exemple un conducteur) doit également avoir une équivalence audio. En respectant les standards de l’accessibilité, la cible visée par les sites augmenterait et le nombre de personnes exclues serait plus réduit : le monde du web deviendrait alors plus égalitaire.
Il semble également important de noter que l’accessibilité numérique permettrait d’améliorer la qualité des sites et leur ergonomie : ainsi, les contenus seraient mieux structurés, dans une interface plus intuitive, ce qui est toujours plus agréable. Pour ce qui est des administrateurs, ils bénéficieraient d’une structure de contenu rigoureuse et plus facile à maintenir et à faire évoluer, ce qui conduirait à réduire les coûts de conception et de maintenance sur le long terme : c’est donc également un enjeu majeur pour les entreprises.
L’accessibilité numérique serait alors utile à toutes les sphères de la société et à tous les individus : il semble donc nécessaire de la mettre en place rapidement.

Des règles à suivre

Selon le W3C (World Wide Web Consortium), et plus précisément le WCAG 2.0, il y a 4 grands principes à suivre pour rendre un site accessible : en effet, ce dernier doit être perceptible, utilisable, compréhensible et robuste. Vous ne trouvez pas ça très parlant ? Explicitons davantage…

Logo du W3C

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LA PERCEPTIBILITÉ : l’information doit être présentée de façon à ce que l’utilisateur puisse la percevoir. En d’autres termes, il faut proposer des équivalents textuels à tout contenu non textuel (synthèse vocale, sous-titres, etc.), crée un contenu qui puisse être présenté de différentes manières sans perte d’information ni de structure, et faciliter la perception visuelle et auditive du contenu (la couleur ne doit pas être utilisée comme seule façon de véhiculer l’information : il faut penser aux aveugles évidemment, mais aussi aux daltoniens : près d’un homme sur dix est daltonien).
L’UTILISABILITÉ : Rendre toutes les fonctionnalités accessibles au clavier, laisser à l’utilisateur suffisamment de temps pour lire et utiliser le contenu (possibilité de mettre en pause ou d’arrêter un contenu en mouvement), fournir à l’utilisateur des éléments d’orientation pour naviguer.
LA COMPRÉHENSIBILITÉ : les informations et l’utilisation de l’interface utilisateur doivent être suffisamment claires. Le contenu textuel doit être lisible et compréhensible, il faut faire en sorte que les pages apparaissent et fonctionnent de manière prévisible et intuitive et il faut aider l’utilisateur à éviter et à corriger les erreurs de saisie.
LA ROBUSTESSE : le contenu doit être suffisamment robuste pour être interprété de manière fiable par une large variété d’utilisateurs. Il faut donc optimiser la compatibilité avec les utilisateurs actuels et futurs (balises de début et de fin complètes et imbriqués correctement etc.).
Pour en savoir plus : http://www.w3.org/Translations/WCAG20-fr/

Encourager l'accessibilité des outils d'édition

Il existe également des règles à suivre plus en amont pour encourager et faciliter l’accessibilité numérique. Ces règles concernent les outils d’édition et sont regroupées dans un document appelé l’ATAG.
Voici une définition simple de l’outil d’édition : c’est un logiciel utilisé pour produire du contenu destiné à la publication sur le Web : éditeurs HTML, traitement de texte offrant la possibilité de sauvegarder dans un format Web, outils de mise en forme CSS etc…
Qu’est ce que L’ATAG ? C’est un document séparé du W3C, intitulé “Techniques pour les règles d’accessibilité des outils d’édition”. Les outils d’édition qui se conforme à ce document propagent un contenu accessible et utile à tous, indépendamment de leur handicap. De plus, il encourage la création de contenu accessible. Ce document donne, tout comme le W3C des règles à suivre :

  • Générer un balisage standard
  • Soutenir la création de contenu accessible
  • Fournir des moyens de vérifier et de corriger le contenu inaccessible
  • Intégrer des solutions d’accessibilité
  • Promouvoir l’accessibilité dans l’aide et la documentation
  • S’assurer que les outils d’éditions sont accessibles aux auteurs avec des handicaps.

Vous êtes bilingue et vous souhaitez plus d’information sur l’ATAG ? c’est par ici : http://www.w3.org/TR/ATAG20/

L'accessibilité numérique des administrations françaises

Et aux yeux de la loi, ça donne quoi ?
Article 47 de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées :


“Les services de communication publique en ligne des services de l'Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées.
L'accessibilité des services de communication publique en ligne concerne l'accès à tout type d'information sous forme numérique quels que soient le moyen d'accès, les contenus et le mode de consultation. Les recommandations internationales pour l'accessibilité de l'internet doivent être appliquées pour les services de communication publique en ligne.
Un décret en Conseil d'Etat fixe les règles relatives à l'accessibilité et précise, par référence aux recommandations établies par l'Agence pour le développement de l'administration électronique, la nature des adaptations à mettre en oeuvre ainsi que les délais de mise en conformité des sites existants, qui ne peuvent excéder trois ans, et les sanctions imposées en cas de non-respect de cette mise en accessibilité. Le décret énonce en outre les modalités de formation des personnels intervenant sur les services de communication publique en ligne.”

En bref : les sites web de communication de l’Etat doivent-être accessibles sous trois ans sous peine de sanctions.
 
Afin d’aider les administrations à rendre leur site accessible, le RGAA a été mis en place. Mais que signifie RGAA ?
Le Référentiel Général d'Accessibilité pour les Administrations (RGAA) est un recueil de règles et de bonnes pratiques visant à améliorer l’accessibilité des sites Web des administrations. Ce référentiel se fonde notamment sur les standards du W3C. Il donne donc une présentation des différentes règles à suivre pour qu’un site soit accessible, puis un guide d’accompagnement destiné aux responsables des projets de mise en conformité. Il évoque ensuite les critères de succès puis propose des tests de conformité permettant de vérifier l’accessibilité d’un site. Ce référentiel propose aux webmestres plusieurs grilles de lecture en fonction de leurs compétences et des caractéristiques du site.
Pour plus d’infos : http://references.modernisation.gouv.fr/rgaa-accessibilite/

Le RGAA

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Maintenant que vous comprenez davantage le principe d’accessibilité au niveau du web, nous allons parler de l’accessibilité au sein de l’édition.

L'édition numérique et Daisy

Selon Wikipédia :

“DAISY (Digital Accessible Information SYstem) est une norme pour livres audio mise au point par le consortium DAISY et publiée par l'ANSI. Les livres audio DAISY sont destinés aux personnes empêchées de lire des documents imprimés (aveugles, malvoyants, dyslexiques, handicapés voyants mais ayant du mal à tourner les pages d’un livre, …). Il s’agit de livres structurés permettant une navigation aisée à l’intérieur du texte.”

Le Consortium DAISY (http://www.daisy.org) est un regroupement international d’associations, de bibliothèques et d’industriels. Leur mission est de développer “l’égalité des chances” et d’accès à la connaissance pour tous, en adaptant des textes en supports audio. Les enregistrements audio résultent de lecture par une personne ou de synthèse vocale.
Le format DAISY cherche aussi à donner la possibilité aux personnes handicapées visuelles de faire “l’expérience du livre” comme n’importe qui. En effet, les lectures sont organisées en chapitres, en parties, avec la possibilité d’accéder à une partie particulière avec la table des matières. Il permet aussi à l’utilisateur de déposer un “marque page” pour retrouver la page où la lecture s’est arrêtée. Grâce à un lecteur qui le permet, la vitesse de lecture peut également être modifiée sans perte de qualité ni changement de timbre de voix.
Sur ce blog : http://www.chloestch.com (que je vous invite à visiter), l’auteur nous dit qu’il est très facile d’encoder les textes en fichier audio avec la norme DAISY : en effet on peut le faire à partir d’un logiciel de traitement de texte à l’aide d’un module complémentaire permettant d’enregistrer directement le fichier texte en un format DAISY. Si chaque maison d’édition était sensibilisée à l’accessibilité, de nombreuses personnes pourraient avoir accès à la littérature, ou à tout autre contenu dactylographié.
Aujourd’hui il semblerait qu’il y ait plus de communication et d’actions autour de ce sujet. En 2011, le Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes présente ses services pour l’édition :

  • l’enregistrement à la demande d’ouvrages sur CD au format DAISY ou en synthèse vocale ;
  • une librairie sonore : plus de 3800 titres enregistrés sur CD DAISY ;
  • un service exclusif d’abonnement presse à des revues enregistrées dans leur intégralité sur CD DAISY, le Kiosque Sonore.

Ils éditent également des manuels scolaires en format mp3. Alain Lapierre liste quant à lui sur son site des logiciels et des outils pour utiliser DAISY.
Pour lire les fichiers enregistrés au format DAISY, il faut tout de même un lecteur compatible avec le format. Compter un peu moins de 400 euros pour ce type de produit. 

Un combat pour l'accessibilité numérique : Le traité de Marrakech

Au mois de juin dernier a été signé le traité de Marrakech, ayant pour but de faciliter l’accès des œuvres publiées aux déficients visuels. Effectivement, dans le monde de l’édition, un autre obstacle existe face à l’accessibilité : les droits d’auteur. Selon l'Union mondiale des aveugles (UMA), sur le million d'ouvrages paraissant chaque année, moins de 5% sont publiés dans des formats accessibles aux déficients visuels. Le traité permet donc des dérogations pour éditer ces œuvres protégées en braille ou en format numérique. "Cette conférence est historique car elle combine la propriété intellectuelle aux droits de l'Homme", a conclu Mustapha Khalfi, ministre marocain de la Communication.
Mais que pense donc l’UMA de ce traité ?

“Pour parler simplement, il s’agit d’un Traité qui devrait commencer à mettre un terme à la famine de livres. Il prévoit le cadre juridique essentiel à l’adoption d’exceptions nationales au copyright dans les pays qui n’en disposent pas. Il crée un régime international d’importation / exportation visant à l’échange transfrontalier de livres accessibles. Il est nécessaire pour mettre un terme à la famine de livres, mais il n’est pas suffisant. Les pays doivent signer, ratifier et mettre en œuvre ses dispositions. Les organisations à but non lucratif, les bibliothèques, les institutions éducatives et les gouvernements doivent tirer parti de ces dispositions pour effectivement fournir aux personnes handicapées les livres accessibles dont elles ont besoin pour une intégration pleine dans la société, sur le marché de l’emploi et dans la sphère éducative. L’Union Mondiale des Aveugles va travailler avec ses collègues et supporters du monde entier à la mise en œuvre du Traité de sorte à éradiquer la famine de livres à laquelle sont soumises les personnes ayant un handicap à la lecture des caractères imprimés.”

En bref, maintenant que des lois existent, il faudrait que les structures concernées les utilisent pour éditer des livres numériques adaptés aux personnes handicapées...il reste encore du chemin à parcourir...

Stevie Wonder au Traité de Marrakech

Stevie Wonder au Traité de Marrakech

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Besoin de plus d’infos sur le traité de Marrakech ? C’est par là :
http://informations.handicap.fr/art-accessibilite-cite-57-6150.php

II. Ce qui est fait actuellement

Comme nous l’avons vu, quantité de principes et de bonnes pratiques ont été proposés pour rendre le web et les technologies numériques plus accessibles. Certains s’accompagnent même d’une sanction juridique. Néanmoins, que révèlent les faits en matière d’accessibilité ? Quelles technologies ont vu le jour dans ce domaine ?

Nous répondrons à travers trois parties : les synthèses vocales, l'accessibilité des mobiles et enfin nous évoquerons quelques chiffres significatifs en terme d’accessibilité.

Les synthèses vocales

Quand on parle de synthèse vocale, on pense souvent aux lecteurs d’écran, comme JAWS ou Windows-Eye. Le but d’un lecteur d’écran est de permettre à une personne aveugle ou malvoyante d’utiliser de façon autonome un ordinateur. C’est à dire permettre le contrôle des données que l’utilisateur envoie vers l’ordinateur, et restituer les informations que l’ordinateur affiche à l’écran.

Lorsqu’il utilise le logiciel, l’utilisateur non-voyant ou malvoyant peut entendre le texte qui s’affiche à l’écran (menus et données), ainsi que chaque lettre qu’il saisit sur son clavier. Généralement les lecteurs d’écran permettent une sortie vers un afficheur braille. Les différences entre ces logiciels sont principalement, le prix du synthétiseur, la qualité de la voix et le nombre d’applications gérées.

Prix des logiciels

Les lecteurs d’écran étant un moyen d’offrir l’information au plus grand nombre, on peut trouver étonnant que les prix ne soient pas très accessibles. Les prix élevés seraient dus à une faible concurrence. Pour y remédier, en France, des subventions permettent l’achat d’une licence standard de JAWS aux employés handicapés visuels. Toutefois, cette situation pourrait être remise en cause du fait, notamment, de l’introduction récente de deux lecteurs d’écran gratuits de plus en plus performants – VoiceOver sur Macintosh et NVDA sur PC.

Synthèse vocale et web

Si les lecteurs d’écran s’en sortent bien pour la bureautique, qu’en est-il du web ? Une personne avec des problèmes de vue peut-elle naviguer facilement sur Internet ? La vidéo ci-dessous vous en donnera un aperçu.

Internet via Jaws 14
Internet via Jaws 14 (Vidéo)

Vidéo

Ce qu'entend un non-voyant lorsqu'il navigue sur Internet.
Valentin Mangnan
Licence : Creative commons - by

Vous l’aurez remarqué, il peut devenir extrêmement fastidieux de chercher une information sur Internet. Comment faciliter la navigation ?

Pour rendre plus agréable la navigation, il est essentiel de simplifier son propos. Néanmoins, la façon de le retranscrire est aussi primordial. En effet, la plupart du temps, les lecteurs d’écran lisent la page telle qu’elle a été rédigée en HTML et ne tiennent pas compte du style. Sur la vidéo, JAWS commence par lire le menu du site fnac.com, parce que la page HTML commence par le menu. Un site visuellement équivalent aurait pu être produit, tout en mettant le menu à la fin. Pour pallier ce problème, certains sites proposent un lien Accéder au contenu qui renvoie directement au contenu. En revanche, ce lien ne renvoie pas toujours vers quelque chose de pertinent.

Il existe un autre moyen d’améliorer l’accessibilité. Le CSS (feuilles de style en cascade) peut servir à donner un style visuel, mais aussi un style oral ou aural. Le développeur peut ainsi paramétrer d’où vient la voix, sa vitesse, son volume, la durée des pauses, le type de voix, etc.

Le champ d’application du CSS Aural n’est pas limité aux déficients visuels sur Internet, mais peut structurer de l’audio pour ceux qui apprennent à lire, qui ont des problèmes de lecture, qui ont besoin d’entendre un texte dans la voiture, ou qui ont les mains prises, par exemple.

Bien que les attributs aural du CSS s’utilisent très facilement, il reste difficile pour un développeur de pouvoir tester leur efficacité.

Développement multi-plateforme des synthèses vocales

Des sociétés comme INOVA proposent aux développeurs un kit de développement (SDK), pour intégrer une synthèse vocale de haute qualité à leur projet. Le 24 janvier, Amazon a racheté INOVA pour utiliser cette synthèse vocale sur son Kindle Fire. De plus, la synthèse vocale gagnant en qualité, elle est de plus en plus utilisée pour l’enregistrement de livres audio.

Comme on l’aura remarqué, la synthèse vocale ne concerne pas seulement les personnes handicapées. Au contraire, elle touche tous ceux qui par confort, ou par nécessité souhaitent écouter une version audio d’un contenu. C’est sûrement pour cette dernière raison que les développeurs s’y intéressent.

Les CAPTCHA : quand les synthétiseurs vocaux sont impuissants

 Selon Wikipédia, “le terme CAPTCHA est une marque commerciale de l'Université Carnegie-Mellon désignant une famille de tests de Turing permettant de différencier de manière automatisée un utilisateur humain d'un ordinateur."

C'est un test de défi-réponse utilisé dans le domaine de l'informatique, ayant pour but de s'assurer qu'une réponse n'est pas générée par un ordinateur. L'acronyme « CAPTCHA » est basé sur le mot capture, et vient de l'anglais "completely automated public Turing test to tell computers and humans apart.” On retrouve souvent ces captcha lors d’une inscription sur un site, de réservation ou d’achat en ligne.

Comment cela se passe-t-il pour les malvoyants ? Les lecteurs d’écran ont rencontré des difficultés pour retranscrire ces images : Lorsque je vois une capture audio d’un captcha, j’ai tendance à ne pas m’en préoccuper, parce que c’est souvent une mauvaise expérience… certains ressemblent à des voix d’aliens avec un fond de bruits étranges par dessus. C’est une mauvaise plaisanterie pour la communauté des malvoyants. Sur quelques-uns de ces captcha j’ai passé une demi-heure pour finalement abandonner.” (Propos de Damon Rose.)

On voit donc ici que certains systèmes censés sécuriser des informations et l’accès à certaines données empêchent une partie de la population d’accéder à tous les services. Le lecteur d’écran est fait pour lire du texte “basique” et non des lettres déformées, comment le malvoyant pourrait-il donc entrer les bons caractères ? La National Federation for the Blind in the US a fait part de ce problème au gouvernement américain, avec une certaine ironie, en évoquant le fait que par un captcha, on les empêchait de signer une pétition en ligne sur leur site concernant l’impression de documents adaptés aux malvoyants. En 2005, Matt May du W3C soulève le problème et propose un certain nombre d’alternatives aux captcha pour permettre aux malvoyants de s’inscrire sur des sites, tout en sécurisant l’accès.

La question aujourd’hui est la suivante : est-ce que ces solutions sont appliquées ?

Non seulement les captcha sont encore largement utilisés, mais ils deviennent de plus en plus complexes. Des personnes handicapées visuelles s’indignent et continuent de faire remonter le problème. Wayne Hawkins, a même mis en place une pétition pour “tuer les captcha”. Il évoque aussi le fait que le W3C connaît depuis longtemps ce problème et propose même des alternatives… qui ne sont pas suivies visiblement.

Exemple de divers CAPTCHA peu lisibles

Exemple de divers CAPTCHA peu lisibles

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Sur Maniac Geek, l’auteur donne encore une petite liste de solutions amusantes pour passer au dessus de la difficulté des captcha, en insistant sur le fait que sans ce système, les sites web seraient noyés de spam… ils sont donc utiles et seraient difficiles à remplacer.

Est-ce qu’une réelle alternative durable, puissante contre toutes les formes de hacking, de spam pourra être mise en place un jour ?

Accessibilités des mobiles

Parmi les problèmes d’accessibilité, il y a le cas des mobiles. De plus en plus de personnes se connectent au web depuis leur mobile, et quantité de sites ne sont pas accessibles. Voici quelques chiffres.

En juin 2012, seules 20% des entreprises du FTSE 100 (les 100 entreprises les mieux cotées à la bourse de Londres) avaient un site accessible aux mobiles. En janvier 2013, près de 30% de ces entreprises avaient un site accessible. Et pourtant, chacune de ces sociétés sont cotées et dépensent des fortunes dans ces sites… Que dire du reste du web !

Un travail colossal

En 2005, une étude a été menée par le Cabinet Office britannique afin de déterminer le pourcentage de sites administratifs publics européens qui répondaient aux exigences du WCAG. Il semble important de rappeler que c’est également en 2005 que la loi française concernant l’accessibilité des sites de l’Etat est entrée en vigueur. Cette étude a finalement démontré que seulement 3% des 436 sites web étaient considérés comme accessibles. D’autres études ont confirmé ce résultat la même année et l’année suivante.

Alors que les technologies évoluent à toute vitesse, nous remarquons qu’entre 2005 et 2011, la proportion des sites accessibles n’a augmenté que de 2%. Les délais fixés par l’article 47 de la loi du 11 février 2005 ne sont donc pas atteints pour la grande majorité des sites administratifs. Cela prouve le manque d’effort de la part de l'état et des entreprises pour former les acteurs concernés tels que les designers, graphistes, rédacteurs web etc.

L’une des raisons de ce retard en matière d’accessibilité, outre le coût évident que cela engendrerait, est la difficulté de lisibilité du RGAA (Référentiel Général d'Accessibilité pour les Administrations). Effectivement, la méthode d’application préconisée reste ambiguë, et peut donc laisser place à des interprétations diverses. De plus, le RGAA privilégie la mise en accessibilité des sites web pour les non-voyants, délaissant de ce fait les autres handicaps, abordés de façon insuffisante. Pour beaucoup d’organismes, les standards d’accessibilité sont également trop contraignants et pas suffisamment renouvelés.

Si l’on considère en plus que nous sommes dans un contexte où le vieillissement de la population devient de plus en plus conséquent (les statistiques d’Ipsos, datant de juin 2006 vont dans ce sens), il devient urgent de rendre le web plus accessible. Effectivement, en vieillissant, les risques de développer un handicap tel que des déficiences visuelles et auditives se multiplient. On compte aujourd’hui 10 millions de séniors en France (soit près d’une personne sur six), et parmi eux, 80% souffrent de problèmes de vues...Cette population représente un marché essentiel pour les entreprises présentes sur la toile (le pouvoir d’achat des séniors représente environ 70% des richesses en Europe).

De plus, le e-commerce est également en forte croissance depuis plusieurs années : cependant, ces sites, pour la plupart inaccessibles aux personnes handicapées, sont des barrières pour 10% des français souhaitant acheter en ligne car ils ne peuvent pas se déplacer. Selon l’INSEE, rendre accessible un site web, c’est ouvrir son contenu et ses services en ligne à 3,2 millions de personnes handicapées et 12 millions de personnes déclarant “au moins une incapacité” en France.

Conclusion

En nous intéressant aux synthétiseurs vocaux, nous avons remarqué que la technologie accessible est particulièrement onéreuse et manque de concurrence. A côté de ça, énormément de sites web tardent à mettre en place les bonnes pratiques relatives à l’accessibilité, ce qui défavorise non seulement les handicapés, mais aussi les utilisateurs de mobiles, de tablettes. Ces entreprises se privent ainsi de revenus conséquents (notamment du milieu des séniors) et favorisent l’exclusion sociale.

Ça bouge dans le milieu du web !

Nous avons vus précédemment un certain manque de réponse face aux divers problèmes d’accessibilité. Cependant, on ne peut pas dire que la tendance aujourd’hui est à la sourde-oreille. Qui n’a pas entendu, en tant que développeur ou webdesigner, parler de l’accessibilité ? Il y a une vraie préoccupation, les gens commencent sérieusement à y voir des avantages. Encore faut-il se donner la peine de la prendre en considération.

Si nous tapons “blog accessibilité numérique” dans notre moteur de recherche préféré, nous allons voir apparaître une liste de sites et de blog qui traitent de l’actualité dans le domaine de l’accessibilité, avec l’évolution des lois, des nouveaux médias, mais aussi des conseils pour concevoir et réaliser un site web entièrement accessible. Voici une infime partie de ce que l’on peut trouver :

  • The Accessibility Project : Ce projet rassemble de nombreux contributeurs, des développeurs pour la plupart, qui mettent en commun toutes leurs nouvelles et leurs conseils concernant l’accessibilité.
  • Webaxe : Ce site publie des articles sur les moyens de rendre un site accessible.
  • Planète Accessibilité : Des mises à jour automatiques sont faites sur ce site, lorsqu’un article est publié au sujet de l’accessibilité.
  • Le blog de Sepol : L’auteur publie des articles, des réflexions au sujet de l’accessibilité numérique.
  • Tanguy Rêve : Ce blog est tenu par un homme handicapé moteur et aveugle.
  • Sur Twitter

On le voit donc par la multiplication de ces sites, l’accessibilité n’est plus un sujet qu’il faudrait éviter. Les travailleurs du web semblent l’avoir compris…

Une journée mondiale pour sensibiliser

Le GAAD (Global Accessibility Awareness Day) a été co-fondé par Joe Devon et Jennison Asuncion. Il s’agit d’une journée, le 9 mai,  consacrée aux sujets de l’accessibilité numérique. Dans le monde entier, chaque web-developer est invité à organiser des événements tels que des conférences et des ateliers de développement "responsive", de web design, etc, afin de sensibiliser le plus grand nombre à l’accessibilité numérique. D’autres actions concrètes sont proposées aux utilisateurs du web, qui sont incités à débrancher leur souris pendant une heure et à n’utiliser que leur clavier, ou à ne se servir que de leur téléphone portable pour tester l'accessibilité des différents sites sur lesquels ils surfent tous les jours.

Joe Devon propose également d'autres mesures pour sensibiliser les développeurs à l'accessibilité, notamment de ré-implémenter leurs sites de manières à ce qu'ils soient accessibles, et rendre un rapport avec toutes leurs modifications, leurs outils et astuces, pour aider et encourager les autres web-dévelopeur. Il projette également d'organiser un Hackathon, événement où des développeurs se réunissent pour faire de la programmation informatique collaborative sur plusieurs jours (source : Wikipedia).

Il existe un site web pour le GAAD (Page Facebook et Twitter également).

Voici quelques exemples d’événements organisés le 9 mai :

  • Les internautes peuvent poser toutes leurs questions concernant l’accessibilité et le développement de sites accessibles sur le compte Twitter de l’organisation à l’origine de cet événement, Accessible Bristol, en ajoutant à la fin de leurs questions le hashtag #GAAD afin que cela soit répertorié dans les archive du GAAD.
  • Un webinaire (ou webinar en anglais, est un séminaire interactif à suivre en ligne en direct ou différé en s’y inscrivant) sur l’utilisation de la plateforme en ligne Moodle, a été proposé par The Neil Squire Society.
  • Une conférence présentant les recherches de IDRC (Inclusive Design Research Centre) de l’Université d’Art et de Design d’Ontario.

Sur ce lien, nous pouvons constater qu’à l’échelle mondiale, seulement 22 événements dans le monde ou sur le net sont organisés (sans pour autant compter les petits événements “anonymes” qui ne seraient pas répertoriés dans les archives du GAAD) ; c’est peu pour une journée entière consacrée à ce sujet. Qu’attendons-nous pour préparer l’édition 2014 dans notre ville ?

Logo du GAAD

Logo du GAAD

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Forums européens de l'accessibilité

S’il existe des événements à l’échelle mondiale, il existe aussi une journée particulière en France où il est question de l’accessibilité numérique. Le forum européen de l’accessibilité se déroule à Paris. Différents intervenants européens du monde du web et du numérique se sont relayés pour proposer au public des conférences sur le thème de l’accessibilité et surtout d’optimisation et d’amélioration des techniques.

Il était plus particulièrement question pour l’édition 2013 des enjeux pour les entreprises à développer des sites et des outils numériques accessibles pour tous.

Or le premier constat est que les entreprises (surtout en temps de crise) n’investissent pas assez dans ce domaine, bien qu’elles soient de plus en plus conscientes de l’importance de l’accessibilité, pour des raisons juridiques (conformités des normes) mais aussi économiques.

D’ailleurs, certaines entreprises recrutent des personnes spécialisées dans l’accessibilité pour optimiser leur rendu de projets, rappeler les contraintes de l’accessibilité aux chefs de projet et aux employés. C’est le cas de Shawn Henry, qui a exercé un poste de consultante auprès d’entreprises pour optimiser la conception d'interface utilisateur pour leur ergonomie et leur accessibilité. Il y a même des sociétés qui se sont spécialisées dans le conseil à l’accessibilité, tel que Website Accessibility Accreditation Service. L’argument de cette entreprise est la perte de chiffre d’affaire si un site n’est pas accessible. En effet, comme le souligne bien Laura Kalbag dans sa conférence, le nombre de personnes dans le monde ayant des problèmes de handicaps n’est pas négligeable. Elle cite notamment l’exemple de grosses entreprises tel Virgin, qui a augmenté son chiffre d’affaire de 68% en rendant son site accessible. Une grande partie des achats sur internet est réalisée par les seniors. Il est donc de l’intérêt d’une entreprise de rendre accessible et faciliter les achats sur son site.

D’ailleurs, l’accessibilité devient un véritable argument de vente dans certains cas. En effet, des fabricants de téléphones comme Apple ou Microsoft développent aussi leur image de marque sur le niveau d’accessibilité de leurs produits, applications, logiciels. Les personnes concernées par l’accessibilité peuvent alors à leur tour promouvoir le produit.
Lors des éditions précédentes, ce forum a soulevé les problèmes d’accessibilité des sites du gouvernement (article visible ici), ou l’importance pour les sociétés d’investir dès le début du projet dans l’accessibilité pour que cela ne devienne un problème majeur à régler plus tard au cours du projet en faisant perdre temps et argent...

Le second constat qui explique aussi ce manque d’investissement de la part des entreprises est le manque de formation des employés en matière d’accessibilité. En effet, très peu d’écoles ou d’universités en ont fait un domaine d’enseignement, et les formations manquent.

Une affaire de développeur seulement ?

Le design ne sert pas seulement l’esthétisme d’un site. Il a un rôle également d’un point de vue ergonomique. Le design doit donc être pensé pour une adaptabilité selon les médias, mais il doit également pouvoir aider l’utilisateur, handicapé ou non, dans sa navigation. Pour servir ces principes, le web s’appuie aujourd’hui sur le Responsive design et… tout simplement une réflexion basée sur l’expérience utilisateur.

Qu'est-ce que le "responsive design"

Il y a quelques années, un site internet devait être développé pour un affichage sur écran d’ordinateur, et éventuellement sur téléphone, mais il existait encore trop peu de formats pour considérer un site adaptatif automatiquement. Un site avait donc deux styles, l’un appliqué au format ordinateur et l’autre pour téléphone. Or, aujourd’hui, il existe une multitude de formats d’écrans de téléphones.

Le responsive design et ses différents formats d'écran

Le responsive design et ses différents formats d'écran

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Il n’est donc plus possible de faire la conception d’un site sans considérer tous ces formats… d’où la naissance du concept de Responsive Design, par Ethan Marcotte en 2010. Il s’agit en fait d’un design pensé sur la base de l’adaptabilité à tous les formats possibles de manière automatique. Selon la taille de l’écran, les blocs seront repositionnés avec un nouvel espacement, les colonnes réajustées, l’affichage des images modifiée… Il s’agit donc de combiner des techniques pour rendre tous les éléments adaptables. Il ne faut plus penser “pixel” mais plutôt “proportion”. En effet, il s’agit de définir à chaque bloc la proportion d’espace qu’ils doivent chacun prendre par rapport à un écran. On appelle ce système une “grille fluide”. Les éléments ne sont plus fixés par une localisation et une taille et peuvent donc se modifier. Ethan Marcotte donne la méthode : la cible divisée par contexte donne le résultat.

On utilise également les “media queries”, qui sont “des spécifications de CSS3 qui permettent d'attribuer des propriétés CSS en fonction de conditions particulières (exemple : largeur de l'écran) ” (définition ici).

L’avantage du Responsive, c’est qu’il permet d’accéder à un site de n’importe quel appareil qui existe sur le marché aujourd’hui, mais il le permettra aussi certainement pour les appareils qui n’existent pas encore. En effet, si un site est dit responsive aujourd’hui, il y a des chances pour qu’il le soit également pour les nouveaux écrans. Les éventuelles modifications seraient minimes et prendraient peu de temps à mettre en place.

Chaque élément d'un site peut être modifié pour une meilleure accessibilité.

Laura Kalbag est designer, et dans sa conférence lors du Lisbon JavaScript (LXJS), elle détaille les points d’amélioration possible pour rendre un site plus accessible pour chaque problème de déficience : visuelle, auditive, motrice, cognitive. A chaque problème dit-elle, il existe une possibilité pour faciliter l’accès au contenu, si on veut bien y accorder des efforts. Elle prend des exemples de sites pour en faire une critique et illustrer ces points.

Le TEXTE ET LA COULEUR : accorder une attention particulière aux contrastes (assez pour optimiser la lisibilité mais pas trop pour mettre dans la difficulté les personnes dislexiques, qui ont des difficultés à lire du texte blanc sur un fond noir par exemple). Le sens que véhicule le texte est également important, et pour mettre l’utilisateur en confiance et pour lui permettre de deviner le sens de certaines rubriques, il faut choisir ses mots avec soin.

HIÉRARCHISER LE CONTENU : mettre en valeur les titres, faire ressortir les rubriques, etc. L’utilisateur doit constamment savoir où il est.

LES LIENS : Il faut au maximum différencier les choses statiques des choses interactives tels que les liens. Pour mettre en valeur un lien, rien de mieux qu’un soulignement, tout le monde saisi aujourd’hui qu’il s’agit d’un lien. Il faut également guider un maximum l’utilisateur, lui indiquer où il atterrira après avoir cliqué sur le lien.

LES TEXTES DE REMPLACEMENT DES IMAGES ET DES MEDIAS : Il faut effectivement penser à mettre un texte de remplacement pour toutes les images. Et ce, de la manière la plus claire possible. C’est important notamment pour les lecteurs d'écran. S’il y a une video ou un fichier audio sur le site, il faut faire en sorte d’avoir une transcription audio systématiquement. Cela répond aux besoins des personnes malentendantes ou malvoyantes, mais cela est également important pour le référencement. En effet, le référencement se fait sur la base de texte. On a donc tout intérêt à avoir un contenu texte précis qui décris le média.

ANIMATION CSS : Les animations jouent un rôle sur l’esthéticisme du site, mais on a un rendu qui rappelle celui de Flash… “mais avec la possibilité d’animer à l’infini”. Il faut faire attention de ne pas distraire l’utilisateur, son but premier est d’avoir accès à du contenu.

Laura Kalbag cite à la fin de sa conférence quelques sites qui sont esthétiques ET accessibles, car bien souvent nous avons l’image d’un site accessible comme un site laid.

ET LES IMAGES DANS TOUT CA ?

Bien qu’elle énonce divers détails, Laura Kalbag ne parle pas des images et de leur format. Nick Pettit le fait bien dans son article intitulé le “design évolutif”. Le concept de site web évolutif est apparemment déjà utilisé, pour définir les sites qui gèrent beaucoup de trafic. Mais l’auteur l’applique volontairement au webdesign, pour définir les sites web qui gèrent beaucoup de formats d’affichage différents. Il est question ici notamment de l’affichage de l’image. En effet selon la taille de l’écran, l’image n’aura pas la même résolution, pas la même présentation. Pour optimiser l’affichage, il insiste sur trois étapes : le vectoriel avant tout, puis vient ensuite le remplacement des images vectorielles par le CSS, et enfin, en dernier recours, les images bitmap appliquées seulement aux photographies (et pas pour des formes qui pourraient être justement remplacées par du vectoriel ou du CSS).

Le format SVG (Scalable Vector Graphics) présente quatre grands avantages :

  • Le format SVG s’adapte à n’importe quelle résolution (à part pour les favicons, ces toutes petites icônes souvent présentes à gauche du titre de la page du site dans l’onglet du navigateur, pour lesquels il faudra créer une image spécifique avec une résolution particulière pour les toutes petites images) ;
  • Ce format est beaucoup plus léger que les images en bitmap (surtout si on compare les images qui ont de larges dimensions) ;
  • L’image SVG ne sera jamais altérée par une compression de l’image ;
  • Le format SVG est mieux “préparé à l’avenir” des écrans. Si les écrans évoluent, les images seront déjà prêtes.

Le vectoriel est également adapté à la tendance du moment, qui est au “flat design”.

Certaines formes vectorielles en SVG peuvent directement être codées en CSS. Il n’est plus besoin d’intégrer une image mais de créer directement une forme. Le fichier en sera allégé.
Ce site présente toutes les formes simples qui peuvent être créées avec les CSS. Ces formes associées peuvent former en former d’autres plus complexes… il y a plein de possibilités !

Enfin, les images vectorielles ne fonctionnent pas pour des images avec énormément de détails comme la photographie, il s’agit donc ici d’intégrer des images bitmap.

Cette méthode pour construire un site à partir d’images vectorielles est particulièrement adaptée aujourd’hui, avec cette tendance du Flat Design, antithèse du Skeuomorphisme. Il s’agit “d’ un style graphique débarrassé de tout effet de relief ornemental privilégiant ainsi la lisibilité de l’interface” (définition ici).

Conclusion

Malgré un retard énorme sur le web, on remarque aujourd'hui de plus en plus d'initiatives favorisant l'accessibilité. Comme nous l'avons vu, il existe quantités de blogueurs férus d'accessibilité. De plus une journée mondiale et des forums y sont consacrés. Ces initiatives souhaitent sensibiliser le grand public, mais aussi rassurer les développeurs et montrer l'intérêt économique de l'accessibilité. 

En plus d'être un exercice technique, l'accessibilité est liée au design et à l'organisation du contenu. L'arrivée massive des mobiles sur le réseau Internet a aidé le développement du "flat design" qui recherche avant tout la lisibilité de l'interface. Si un site est pensé pour être affiché sur toutes sortes de terminaux (tablettes, pc, mobiles), il n'y a qu'un pas pour qu'il soit accessible à tous. Car l'accessibilité n'est pas seulement une question de handicap, c'est surtout une question d'adaptabilité. Il est donc primordial pour les rédacteurs web, les webdesigners et les développeurs de chercher à s'adapter au plus grand nombre, et ce dès l'ébauche de la conception d'un site.

 
 

Notes de lecture

Pourquoi l'accessibilité numérique ?

Window-Eyes

Définition et enjeux de l’accessibilité

L’Avénement du vectoriel

Designing for accessibility

Le GAAD

JAWS POUR WINDOWS

CSS Aural

Le Captcha critiqué par la Fédération Nationale pour les Aveugles des USA

Web Content Accessibility Guidelines (WCAG) 2.0

Des logiciels de vérification d’accessibilité…