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Synthèses rédigées par les étudiants du cours de Culture numérique

Infographie - Les médias sociaux utilisés pour consommer du sport
Infographie - Les médias sociaux utilisés pour consommer du sport

Digitalisation des événements sportifs : Quelle stratégie adopter ?

Benoit Le Henaff, Kévin Lemaitre (M2 Management du Sport)
Les nouvelles technologies sont à l'origine de la digitalisation croissante des événements sportifs. Elles touchent aussi bien les fans, les sportifs, les organisations sportives ainsi que les marques. La consommation du sport est aujourd'hui continuellement révolutionnée par le numérique et ses innovations. Ceux-ci sont de plus en plus présents au sein même de l’enceinte sportive et offrent un spectacle toujours plus interactif. C'est pourquoi, le digital réinvente la manière de vivre, de consommer, de regarder et de partager socialement le sport. Le travail de recherche ci-joint porte sur la digitalisation des événements sportifs et la stratégie à adopter en vue de valoriser au mieux son image et sa marque.
(déposé le 2013-12-12 12:37:46)

Table des matières                                                                                                                                                                       

Avant-propos

I/ Les modalités de consommation du spectacle sportif 

A/ Aperçu de la consommation globale du sport

B/ Aperçu de la consommation française du sport

II/ La nécessité de mettre en place une stratégie digitale lors des événements sportifs 

A/ Promouvoir sa manifestation : l’exemple des JEM 2014

B/ Protéger son image de marque : l’exemple des Jeux Olympiques 2012

C/ Générer de nouveaux revenus : l’exemple de la NBA

III/ Les tendances et les évolutions du numérique appliqué aux événements sportifs

A/ L’essor des Droits TV vers le numérique : l’exemple de la Ligue Professionnelle de Football

B/ Le développement des applications second écran : l’exemple de Canal Football App pour la Ligue 1

C/ La volonté d’apporter une expérience au spectateur : l’exemple du stade 2.0

Conclusion

Bibliographie

Avant-propos

Du premier mail envoyé en 1971 en passant par l’avènement d’Internet et le développement du Web 2.0, le numérique a connu bien des révolutions. Au cœur de transformations culturelles majeures, il a largement modifié nos modes de vie, nos méthodes de travail ou la façon de transmettre le savoir. Avec l’essor des smartphones, de l’e-commerce ou des réseaux sociaux, le numérique fait désormais partie intégrante de nos quotidiens. Actuellement, ce ne sont pas moins de 6,8 milliards d’individus qui possèdent un téléphone mobile et, d’ici la fin de l’année 2013, 2,7 millions de personnes seront connectées à Internet. En outre, 2,5 milliards d’utilisateurs des médias sociaux étaient recensés en 2012 contre 100 millions en 2008. L’émergence des technologies de l’information et de la communication a favorisé l’échange et le partage d’expériences donnant naissance à  de gigantesques communautés.


Un secteur aussi dynamique que le sport ne pouvait passer à côté du développement de ces nouvelles technologies. Depuis peu, cet univers est rentré dans une nouvelle dimension et subit en quelque sorte sa révolution numérique. Le fan interagit avec ses sportifs préférés sur les réseaux sociaux, les marques voient en l’expansion du numérique une opportunité de monétiser une audience et les organisations sportives ont la possibilité de promouvoir leur entité et de créer du lien. On assiste à une digitalisation croissante du secteur et les différents acteurs ont bien assimilé l’importance de maitriser toutes les pratiques liées au digital mais ont également saisi les avantages que cela pouvait procurer. Cela nous amène à réfléchir sur la question de la digitalisation des événements sportifs et de ses enjeux. Comment consomme-t-on le sport aujourd’hui ? Quelle est l’importance d’établir une stratégie digitale pour les organisateurs ? Quelles sont les tendances et les évolutions dans ce secteur ? C’est tout l’objet de cette étude qui va suivre. Dans un premier temps, nous aborderons les modalités de consommation du spectacle sportif à l’international avec un focus sur la France. Dans un second temps, nous détaillerons la nécessité de mettre en place une stratégie digitale pour les organisateurs d’événements sportifs. Enfin, nous terminerons par les tendances et les évolutions du numérique appliquées aux manifestations sportives.

I/ Les modalités de consommation du spectacle sportif
 

A/ Aperçu de la consommation globale du sport

Consommation globale du sport

Consommation globale du sport

Perform
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Le « Global Sports Media Consumption 2013 » nous donne un aperçu de la consommation globale du sport à l’échelle mondiale. Ce ne sont pas moins de 14 pays qui ont été analysés en 2013 par Kantar Media, TV sports Markets et Perform et cela, pour la troisième année consécutive. Au total, les trois instituts d’études ont recensé 990 millions de fans sur des pays majeurs tels que les Etats-Unis, l’Inde, l’Allemagne ou la Russie. Avec 460 millions de passionnés, le football demeure le sport le plus suivi devant le basketball, le tennis et la formule 1. L’online devient le deuxième moyen de suivre le sport juste derrière la télévision. Les fans passent 1 à 2H30 par semaine sur les plateformes sociales et Facebook est le réseau social le plus utilisé pour consommer du sport dans 10 des 14 pays.

Infographie - Comment consomme -t-on le sport?

Infographie - Comment consomme -t-on le sport?

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Infographie - Les médias sociaux utilisés pour consommer du sport

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       Amateurs de cricket, les indiens regardent 4h de sport à la télévision par semaine en moyenne, ce qui est légèrement supérieur aux américains (3,8h). D’une manière générale, le PC reste le support le plus utilisé par les fans devant le smartphone et la tablette.

En Allemagne, la croissance de la consommation du sport sur mobile est de 24% alors qu’elle est de 35% aux Etats-Unis. Le mobile device est en expansion dans la majeure des pays hormis au Japon qui reste à la traine. Le Japon qui d’ailleurs, consomme 4h30 de sport par semaine là où les indiens en consomment plus de 19. Les allemands, américains et anglais utilisent le second écran à hauteur de 4% alors que les chinois, particulièrement friands de nouvelles technologies, l’utilisent pour 21% d’entre eux. A ce sujet, 4% des américains sont persuadés que le second écran va considérablement modifier les modalités de consommation du sport. Autre donnée à ce sujet : 16% des fans turcs ont commencé à suivre le sport sur un second écran au cours des deux dernières années.

25% des fans américains utilisent les réseaux sociaux pour suivre le sport contre 29% pour les espagnols. Comme dit précédemment, Facebook reste le plus plébiscité. Youtube, privilégié en Indonésie, en Russie et au Japon arrive second. Twitter et Google + suivent juste derrière et il est à noter une utilisation croissante d’Instagram, plus particulièrement en Australie, aux Etats-Unis et en Turquie.

Dans le « Global Sports Media Consumption 2013 », le rapport aux marques est également analysé. L’intérêt pour une marque, les opinions positives envers celle-ci ou l’acte d’achat sont autant de critères qui ont permis d’analyser le comportement des fans au sujet de l’activation digitale des marques dans le sport. Il en ressort que les fans turcs et russes suivent attentivement le contenu des marques et sont particulièrement engagés. 

B/ Aperçu de la consommation française du sport 

Global Sports Media

Global Sports Media

        En France, on constate une consommation du sport plus faible que dans les autres pays. Avec 33 millions de fans recensés, c’est le pays comptant le moins d’amateurs de sports par rapport aux autres nations. 10 millions suivent le football, 8,5 millions le tennis, 8 millions le rugby et 7 millions le cyclisme. Il est à noter que les vidéos et résumés d’événements sur internet, plus communément appelés « highlights », sont particulièrement appréciés par le fan français. Par ailleurs, avec le Japon, la France est le pays où ce dernier utilise le moins internet, son mobile ou les réseaux sociaux pour suivre le sport. 

Le fan français passe en moyenne 5,3h par semaine à suivre le sport dans les médias. Sans surprise, la télévision reste le moyen privilégié pour se tenir au courant des résultats sportifs (2,3h) mais 48% des fans utilisent internet dorénavant. Facebook représente la plateforme digitale la plus utilisée (83%) devant Youtube (47%), Google + (22%), Twitter (12%) et Instagram (6%). Si la croissance de la consommation par le mobile device est de 23% par rapport à 2012, le recours aux supports digitaux pour suivre le sport est estimé à 15% contre 16% en 2012.

Cette étude portée sur les modalités de consommation du spectacle sportif fait ressortir certaines tendances et chiffres-clés. S’ils n’arrivent pas à la cheville des américains, des indiens ou des turcs, les fans français se digitalisent et prêtent une attention toute particulière aux réseaux sociaux et aux appareils mobile. Internet devient de plus en plus plébiscité grâce à l’instantanéité et à l’interactivité que cela procure et cela, au détriment de la presse.

D’une manière générale, le fan se nourrit de streaming, de « highlights » et partage avis, commentaires, photos et vidéos sur les réseaux sociaux. Il devient en quelque sorte un acteur du web 2.0 et constitue un média à part entière. Le sport n’échappe pas à cette règle : 150 millions de tweets ont été envoyés pendant les Jeux Olympiques de Londres en 2012, 115 millions de posts ont été partagés sur Facebook et 650 000 photos ont été prises sur Instagram. Dès lors, il convient de détailler de façon plus précise ce que peut apporter la digitalisation aux acteurs du sport. D’une promotion de sa marque à la monétisation d’une audience en passant par une expérience enrichie pour le supporter, la deuxième partie traite de l’importance de maitriser le digital pour les organisateurs en vue d’en faire une utilisation optimale. 

II/ La nécessité de mettre en place une stratégie digitale lors des événements sportifs

A/ Promouvoir sa manifestation : l’exemple des JEM 2014

L’organisation d’un événement sportif à dimension internationale passe de nos jours par l’élaboration d’une stratégie qui doit reposer sur trois éléments fondamentaux : volonté d’humaniser et de fédérer les sportifs, d'offrir aux fans un accès privilégié à des contenus uniques mais également impliquer et fédérer ces derniers.

En 2014, auront lieu les Jeux Équestres en Basse-Normandie qui représentent l’un des plus grands événements au monde dans ce domaine. A ce titre, les Jeux Equestres mondiaux (JEM) ont décidé de mettre en place une stratégie digitale en amont, pendant et en aval de l’événement. En effet, cette nouvelle stratégie propose une communication globale et amplifiée vers les réseaux sociaux, les sites Internet et les blogs dans un but ultime : promouvoir les disciplines des JEM.

Ainsi, les passionnés d’équitation pourront suivre les Jeux Equestres mondiaux au travers d’outils de communication dédiés :

- Un site Internet www.normandie2014.com, qui relaie les informations propres au circuit et aux évènements ainsi que des newsletters mensuelles.

- Une application mobile disponible sur iOS et sur Android. Celle-ci permet d’une part de recevoir des informations push en primeur et d’autre part, d’accéder à toutes les données des événements des JEM : les news, le programme sportif, le programme des diffusions TV, les cavaliers engagés, les épreuves phares, la billetterie, les modes d’accès ainsi que la médiathèque photos/vidéos. L’objectif est de développer l’implication du fan par le biais de concours de pronostics sur l’application et par la publication de photos prises par les spectateurs au sein des enceintes.

- Une page Facebook qui compte aujourd’hui près de 70 000 fans.

- Un compte Twitter : @normandie2014.

- Une page Dailymotion qui rassemble les vidéos des épreuves préparatoires et qui réalise des focus sur les cavaliers.

- Un compte Instagram #JEM2014 ainsi qu’un compte Pinterest. 

           Les JEM 2014 ont donc pour finalité d’être visible sur une multitude de plateformes afin de plaire à tous les types de publics et pour faire de cet événement une grande fête de sport. Comme l’explique Victor Lamm, Responsable Communication digitale au sein du Comité d’Organisation, il est essentiel d’adapter son discours et ses messages selon les supports utilisés. Il s’agit bel et bien de promouvoir la marque JEM 2014 pour accroître sa notoriété mais également de créer un lien affectif avec les fans. « Tout d’abord, nous voulons tenir les gens informés de la progression de l’événement en leur montrant les coulisses du Comité d’Organisation : l’évolution de la construction des différents sites de compétition, notre présence dans les différents salons et événements équestres etc. C’est un contenu intéressant pour tous les passionnés d’équitation qui ont hâte de venir ! Nous leur montrons également l’évolution de notre campagne de communication avec l’apparition des mascottes, le dévoilement de l’affiche officielle, etc. Notre présence sur les supports digitaux est également très importante puisque nous recrutons les bénévoles, nous vendons des billets et des produits dérivés sur le Web, nous mettons en avant nos partenaires... il est donc impératif d’en faire la promotion sur notre site officiel et sur les médias sociaux. » 

Les réseaux sociaux des JEM 2014

Les réseaux sociaux des JEM 2014

Jeux Equestres Mondiaux FEI ALLTECH - Normandie 2014
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B/ Protéger son image de marque : l’exemple des Jeux Olympiques 2012

Avec l’émergence des réseaux sociaux, la gestion de l’E-réputation est devenue primordiale pour les marques et les sportifs. Il faut bien comprendre que la gestion de la réputation répond aussi bien à des enjeux de relation client que de communication.

La gestion de l’image de marque relève de la stratégie marketing. Les grands événements sportifs ont démontré leur savoir-faire quant à l’utilisation des médias sociaux et l’identification des nouvelles tendances. L’idée est donc de créer et de faire perdurer un message, une visibilité ainsi qu’une notoriété en utilisant les réseaux sociaux adéquats. Le partage de contenu doit être en lien avec l’identité de marque et faire rencontrer ce contenu avec la communauté fait partie de la stratégie digitale des grands événements sportifs.

Cependant, les Responsables Digitaux de ces événements sportifs en question sont responsables du maintien de la bonne image de marque sur les réseaux sociaux afin d’éviter de dégrader cette dernière. L’augmentation du nombre d’usagers sur les médias sociaux peut forcément entraîner des dérives et avoir un impact négatif sur ces événements. C’est pourquoi, être présent et réactif pour détecter et gérer les mauvaises retombées, tout en préservant une bonne e-réputation, est devenu prépondérant.

Nous pouvons tirer exemple des Jeux Olympiques 2012 à Londres, où le Comité International Olympique a décidé de mettre sous haute surveillance les réseaux sociaux de l’événement afin de protéger les marques et les Jeux. Le comité d'organisation a diffusé un guide du bon comportement des athlètes et des spectateurs sur ces réseaux afin d'éviter tout dérapage. Par exemple, il leur était impossible de publier des photos sur Facebook, de poster des clips vidéo qui montraient l’intérieur du village olympique sur un blog ou sur Youtube, ou encore de publier une photo de la barre de céréales qu’ils auraient mangé le matin si celle-ci ne faisait pas partie des sponsors officiels de l’événement. Tout ceci a pour but de protéger l’image et d’éviter l’ambush marketing. Les partenaires officiels, qui payent un prix élevé pour acquérir les droits, ne doivent pas subir les errements des athlètes et voir d’autres entreprises afficher leur marque alors qu’elles ne sont pas sponsors.

La bonne gestion d’une marque ou d’un événement sportif passe donc par une gestion optimale des réseaux sociaux dans le but d’éviter tout risque de détérioration de l’image.

C/ Générer de nouveaux revenus : l’exemple de la NBA

     Créée en 1949 suite à la fusion avec la National Basketball League, la NBA est devenue, au fil du temps, une véritable image de marque à l’échelle globale. Reine du « Sportainment », la ligue entremêle sport, spectacle et marketing qui lui permette de réaliser ces dernières années un chiffre d’affaires aux alentours de 4 milliards de dollars. En 1978, lors de l’arrivée du commissionnaire David Stern, le chiffre d’affaires était de 100 millions de dollars. Gérée par des professionnels du marketing et de la stratégie, ceux-ci ont compris ô combien le digital contribuait à promouvoir la NBA à l’échelle internationale, mais pouvait également générer de nouveaux revenus. Depuis quelques années, la ligue a mis en place une stratégie digitale et a placé le fan au cœur de celle-ci. En instaurant des streamings sur chaque rencontre, en réalisant des statistiques en direct et en utilisant les réseaux sociaux, les fans ont accès à du contenu pertinent qui engendre une modification de la consommation du spectacle sportif.

A propos des médias sociaux, la ligue a défini une ligne éditoriale bien précise qui consiste à donner aux fans la possibilité d’accéder à des multiples informations. La NBA théâtralise les matchs sur Facebook, recense les highlights sur son site internet et sur sa chaîne Youtube et montre les coulisses sur Instagram. Au total, ce ne sont pas moins de 37 millions de fans qui suivent la NBA sur ces plateformes digitales si l’on ajoute Twitter et Google +. Toutes ces informations transmises à destination des fans sont réalisées en vue de faire aimer la marque NBA mais également dans une logique de monétisation puisqu’elle génère des revenus publicitaires en raison de sa forte audience. D’abord grâce aux publicités sur ses vidéos Youtube et bientôt, grâce à Twitter. Sur ce dernier, la ligue partage en direct les faits marquants des matchs du soir, met en avant les joueurs en forme d’un point de vue statistiques et relaye les avis des joueurs ou anciens journalistes. Cela permet à la NBA de nourrir les fans d’actualités « chaudes » et de capter l’attention de ces derniers. Ainsi, rien qu’en suivant le compte Twitter, il est possible pour eux de se tenir au courant des faits majeurs de la soirée en termes de résultats sportifs.

Au total, près de 9 millions d’abonnés sont recensés sur ce réseau social ce qui a permis à la ligue d’asseoir sa légitimité auprès des annonceurs. Depuis les play-offs de 2013, celle-ci a décidé de monétiser son audience en nouant un partenariat avec Twitter. Cet accord porte sur la mise en ligne de courts « highlights » des rencontres qui seront diffusés avec un décalage de quelques secondes par rapport au direct. Forcément, la ligue a pensé monétisation et ces courtes vidéos seront précédées d’une publicité. Conçus pour la rencontre, le partage et la conversation, la NBA a réussi avec succès a apporté une dimension commerciale à ces réseaux sociaux grâce à une stratégie digitale bien élaborée. Celui lui permet de générer de nouveaux revenus et d’accroître ses recettes déjà bien élevées en termes de marchandising et de sponsoring. 

III/ Les tendances et les évolutions du numérique appliqué aux événements sportifs

A/ L’essor des Droits TV vers le numérique : l’exemple de la Ligue Professionnelle de Football

     Avec l’arrivée récente de beIN Sports, les ayant-droits voient la possibilité de faire monter les prix en ce qui concerne la distribution des droits de retransmissions des grands événements sportifs. La Fédération Française de Tennis est actuellement en pleine négociation avec les diffuseurs tels que Canal+, France Télévisions ou la chaîne d’Al Jazeera pour Roland Garros.

L’année dernière, la Ligue de Football Professionnel a trouvé un accord avec plusieurs opérateurs au sujet de la Ligue 1. Ceux-ci s’élèvent à 607 millions d’euros pour la période 2012-2016 alors qu’ils étaient de 668 millions d’euros sur 2008-201. Si Canal+ reste fidèle comme à son habitude, beIN Sports est entré dans la danse au même titre que des opérateurs que l’on attendait un peu moins. En effet, à partir de cette saison 2013-14, il est possible de consulter les résumés de matchs de Ligue 1 et Ligue 2 sur l’Equipe, Youtube et Dailymotion. Conscient du développement du numérique ces dernières années, ces trois entités ont déboursé au total 5 millions d’euros pour acquérir les droits. Par ailleurs, Orange, partenaire majeur du football en France, a également sa part du gâteau puisque l’opérateur a obtenu les droits de retransmissions de la Ligue 1 sur terminaux « nomades » à savoir le mobile et la tablette pour la somme de 25 millions d’euros sur la période 2012-2016. Ce phénomène de retransmissions de matchs sur l’online ne s’arrête pas seulement au football en France. Depuis le 27 octobre, l’entreprise française Dailymotion propose des « highlights » ainsi que des matchs de NFL en streaming. Par ailleurs, TF1 a acquis les droits de retransmissions des 48 matchs de la Coupe du monde de Rugby 2015 sur tous les supports à avoir la TV, internet et mobile.

Il s’agit là d’un virage technologique important pour les ayant-droits qui réussissent à vendre leur produit au-delà des chaînes TV. Un nombre croissant d’organisateurs d’événements sportifs vont jeter leur dévolu sur ces dispositifs numériques puisque la demande est élevée et donne la possibilité aux organisateurs d’obtenir de nouvelles recettes. 

B/ Le développement des applications second écran : l’exemple de Canal Football App pour la Ligue 1

La consommation de sport est aujourd’hui continuellement révolutionnée par le numérique et ses innovations. Avec l'essor des smartphones et des tablettes qui offrent une qualité HD, les utilisateurs sont de plus en plus exigeants sur les services vidéo en ligne. L'attente en termes de qualité est donc énorme et le débit nécessaire est incroyablement élevé pour supporter quelques milliards de spectateurs mobiles. Le smartphone est devenu une interface générale, c’est à dire qu’il agit comme une fenêtre nous connectant aux gens et bientôt aux objets.

Nous pouvons constater que de nombreux secteurs d’activités sont transformés par le numérique et forcément, c’est le cas pour l’univers du sport. Dans le cadre du Tour de France, est proposé un dispositif numérique permettant, entre autres, de pouvoir choisir simultanément les différents points de vue des quatre motos qui suivent les coureurs. Au sujet de Wimbledon, des traitements Big Data ont été utilisés pour améliorer les performances des sportifs et apporter de nouvelles informations aux spectateurs.

Par ailleurs, la Social TV, composante principale du « second écran », évolue de manière fulgurante puisque de nombreux groupes audiovisuels tels que TF1, France Télévisions et Canal + se mettent à créer des outils associés à ce phénomène. Cette expérience de Social TV peut être vécue par le téléspectateur sur différents médias : de l’ordinateur à la tablette tactile en passant par les smartphones et les télévisions connectées.

C’est notamment le cas de la Canal Football App qui donne l’occasion à l’utilisateur d’obtenir des contenus enrichis sur son smartphone ou sur sa tablette pendant le match qu’il visionne. En effet, Canal + a, fin 2012, mis en ligne cette nouvelle application : avant, pendant et après les grands matchs de Ligue 1 diffusés sur la chaîne, les téléspectateurs accèdent à des contenus vidéos en temps réel et ont ainsi la possibilité d’améliorer « l’expérience match ».

Chaque abonné accède à des statistiques enrichies, à des modules de vote ou des fonctions sociales permettant d’interagir avec les autres utilisateurs. 

Cette application permet aux utilisateurs de rejouer instantanément et sur mesure les actions du match en cours avec des angles de vues alternatifs, de visionner les données statistiques, les bonus des super-ralentis en version longue, les réactions des consultants et invités de l’émission Canal Football Club, mais également de partager leur expérience sur les réseaux sociaux.

Disponible sur iOS pour les utilisateurs de l’iPad, l’application est également disponible sur Android pour les tablettes SAMSUNG.

L’avantage de cette application est d’offrir à ses abonnés une expérience unique qui permet d’augmenter l’interaction des supporters, tout en leur donnant plus de contrôle sur le contenu. 

Canal Football App pour la ligue 1

Canal Football App pour la ligue 1

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C/ La volonté d’apporter une expérience au spectateur : l’exemple du stade 2.0

Il faut souligner l'importance de plus en plus flagrante des réseaux sociaux dans le sport à travers l'enregistrement de vidéos et le partage quasi simultané de celles-ci. Prioritairement, les -25 ans sont connectés, il convient donc de tenir compte de leurs besoins. D’un point de vue consommateurs, ceux-ci deviennent de plus en plus exigeants, de plus en plus connectés adeptes du "tout, tout de suite".

C’est pourquoi, les nouveaux stades d’aujourd’hui se doivent d’être digitalisés en intégrant une connectivité. L'idée générale est d'optimiser l’expérience du spectateur, de le rendre acteur, de lui offrir un service à valeur ajoutée pour le pousser à consommer. Il est donc essentiel de comprendre que le stade connecté doit créer une expérience et interagir avec les fans. Quand on évoque le stade connecté, cela requiert forcément un coût de l’intégration d’une expérience fan. Cisco sports travaille sur des systèmes qui permettent aux enceintes de réduire les couts en termes de maintenance et d'organiser celles-ci en temps réel (ex: visualiser le taux de remplissage de chaque tribune et y affecter les stewards nécessaires). Aujourd'hui, Cisco a mis en place une connexion WIFI à Madrid, Wembley et Cardiff permettant une interaction entre les supporters et les opérateurs de stade. Le spectateur est véritablement transformé en consommACTEUR. Il a accès à des services supplémentaires comme des ralentis, statistiques ou peut commander à manger depuis sa place.

Autre exemple très significatif : l’Ajax d’Amsterdam et son stade. Le club y a installé 200 écrans de solution d'affichage dynamique transformant véritablement le stade en média. Des contenus diffusés tels que des vidéos historiques ou interviews de joueurs sont diffusés bien avant le match mais aussi après. Grâce à cela, les supporters se rendent 1h/1h30 avant la rencontre et reste plus longtemps après celle-ci. Forcément, les recettes « matchday » se voient augmentées faisant ainsi le bonheur des clubs. En bref, il est primordial de nourrir le fan d’une expérience afin qu’il puisse la partager post- événement sur les réseaux sociaux mais aussi afin de le faire revenir pour les prochaines échéances.

Dans cinq ou six ans, nous pensons qu’être spectateur signifiera être au cœur de l'évènement et dans un environnement très dynamique. La difficulté majeure réside dans l'intégration des technologies mobiles avec les progiciels de gestion du stade (système back et front office). Une fois mise en place, il sera alors facile d'ajouter des modules qui vont venir fournir ces services. 

Conclusion

     De nos jours, tous les secteurs de l’économie, dont le sport et ses événements, sont touchés par l’évolution numérique. Si la première phase a été de faire émerger de nouveaux types d’usages tels que les réseaux sociaux, la télévision connectée ou les applications, la deuxième phase va quant à elle être beaucoup plus puissante.

Les générations X, à savoir les personnes nées entre 1980 et 1995, et les générations Y, les individus nés après 1995, vont être les principaux acteurs de l’expansion du numérique puisque la consommation dans le futur va être de plus en plus connectée. En 2015, 70 millions de smartphones vont être recensés en France contre 15 millions de tablettes auquel il faut prendre en compte l’arrivée de la 4G. Smartphone et tablettes vont être des outils de développement absolument considérables. Le consommateur va être un expert disposant d’informations en masse, il va bénéficier d’événements théâtralisés chez lui ou dans les stades avec un contenu enrichi qui lui permettra de choisir lui-même son spectacle. Pour attirer les publics, tous les événements sportifs et les stades devront être en mesure de proposer wifi et 4G afin que les individus qui se rendront au stade aient une qualité de spectacle équivalente à celle qu’ils ont à leur domicile.

Aujourd’hui, on dispose d’un écran fixe, mobile et d’une tablette. Demain, l’internet mobile sur le smartphone sera déployé sur des lunettes et des montres qui deviendront des objets connectés faisant véritablement partie de notre quotidien. Ce qu’on a vécu en termes de mutations numériques reste faible par rapport à ce qu’on va vivre, et un secteur comme le sport pourra bénéficier de ces évolutions. Un objet connecté tel que les « Google Glass » risque bien de bouleverser la consommation du spectacle sportif à l’intérieur d’un stade. Cet outil permet d’accéder à de nombreuses informations telles que ses mails ou la météo. Lors d’un match, le fan pourra s’en servir comme second écran en vue de disposer de statistiques en temps réel avec des avantages indéniables : il pourra garder un œil sur le match, à la différence du smartphone, et avoir ses deux mains disponibles pour consommer au sein de l’enceinte en ayant préalablement commandé via ses lunettes.

Les organisateurs se doivent de capter les tendances du digital et d’être attentifs à toutes ces évolutions numériques en vue de créer de la valeur autour de leur produit. A travers les exemples précédemment citées, nous constatons naturellement que le numérique a de belles heures devant lui et que les pratiques du digital appliquées lors des évènements sportifs risque bel et bien de perdurer. 

Bibliographie

La digitalisation de la consommation du Sport - Hell of a sport http://hell-of-a-sport.blogspot.fr/2013/06/la-digitalisation-de-la-consommation-de.html

En 2012, le sport sera-t-il dopé aux nouvelles technologies ? Le Journal du net http://www.journaldunet.com/ebusiness/expert/50990/en-2012--le-sport-sera-t-il-dope-aux- nouvelles-technologies.shtml

La stratégie digitale du mondial équestre 2014 - Blog du modérateur http://www.blogdumoderateur.com/la-strategie-digitale-du-mondial-equestre-2014/

Le stade 2.0 - Stadium stratégies http://www.stadiumstrategies.com/technologies/stade-2-0-connecte-sportnumericus/

How digital has transformed the nba - e consultancy http://econsultancy.com/fr/blog/63799-how-digital-has-transformed-the-nba

US Open launches huge social media wall - Expoweb http://www.expoweb.com/article/us-open-launches-huge-social-media-wall#.UqM2cvTuKSp

Fox Sports et Facebook s'associent pour améliorer l'expérience des téléspectateurs - SportBuzzBusiness http://sportbuzzbusiness.fr/sports-us/fox-sports-et-facebook-sassocient-pour-ameliorer-lexperience- des-telespectateurs-34011

JO: communication sous haute surveillance - Le Nouvel Observateur http://tempsreel.nouvelobs.com/jeux-olympiques-de-londres-2012/20120727.OBS8354/jo- communication-sous-haute-surveillance.html

Comprehensive match center is now available on Canal - Netco Sports http://www.youtube.com/watch?v=1kreTQGFijU 

Les réseaux sociaux: du fan aux clients - Sport Numéricus http://www.dailymotion.com/video/xve5u2_les-reseaux-sociaux-du-fan-au-client_sport

Une baisse de 61 millions pour les droits TV - L'Equipe http://www.lequipe.fr/Football/Actualites/Une-baisse-de-61-me/294507

L'Equipe.fr va proposer les meilleurs moments de la ligue 1 en vidéo - Presse citron.net http://www.lequipe.fr/Football/Actualites/Une-baisse-de-61-me/294507

Applications de second écran: quelle offre et pour qui ? - Tivine.com http://www.tivine.com/blog/applications-de-second-ecran-quelle-offre-et-pour-qui/

L'expérience digitale du spectateur sur l'évènement sportif - Sport Numéricus http://www.dailymotion.com/video/x16x789_sport-numericus-2013-conference-2-l-experience- digitale-du-spectateur-sur-l-evenement-sportif_sport

Les modalités de consommation du sport - Hell of a sport http://hell-of-a-sport.blogspot.fr/2013/06/les-modalites-de-consommation-du.html

Aperçu de la consommation du sport - Know the fan http://www.knowthefan.com/fra/infographics/

Les JO de Londres à l'épreuve des réseaux sociaux - Le Blog Sport Business Le Figaro http://blog.lefigaro.fr/sport-business/2012/07/les-jo-de-londres-a-lpreuve-des-reseaux-sociaux.html

Scannez les matchs à la TV avec l'application PMU Sports et pariez en live - SportBuzzBusiness http://sportbuzzbusiness.fr/foot/scannez-les-matchs-a-la-tv-avec-lapplication-pmu-sports-et-pariez- en-live-37047 

 

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