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Synthèses rédigées par les étudiants du cours de Culture numérique

Extrait d'une fanfiction à plusieurs mains
Extrait d'une fanfiction à plusieurs mains

Les fanfictions

Anastasia COMPARIN, Manon COTTREL, Helene HAMEL - Master 2 Management du Sport
Cet article cherche à montrer ce que sont les fanfictions et ses différentes caractéristiques. Au delà d'une présentation, nous avons voulu mettre en avant le fait que le numérique a favorisé le développement de cette pratique et que celle - ci vise à créer de réelles communautés. Cependant nous notons que le numérique n'apporte pas uniquement des avantages, mais pose notamment des questions liés au droit d'auteur ou encore à la liberté d'expression.
(déposé le 2014-12-04 13:51:20)

INTRODUCTION

Pour le sociologue français Sébastien François, une fanfiction est un récit que certains fans écrivent pour prolonger, amender ou même totalement transformer un produit médiatique qu'ils affectionnent” [1]. Ce produit médiatique peut être un roman, un manga, une série télévisée, un film ou encore un jeu vidéo.

Les fanfictions existent depuis de nombreuses années sous forme papiers, notamment dans les pays anglo-saxons. On les trouvait dans les années 1980/1990 dans des fanzines (des magazines écrits par des fans) envoyés par la poste ou vendus lors des conventions de science-fiction. Internet n’a donc pas permis l’émergence des fanfictions mais leur développement et leur installation sur le web, en France notamment.

L’écriture et la lecture de fanfictions sont des pratiques fortement communautaires. Les fans sont le plus souvent rattachés à des fandoms, le fandom étant une sous-culture propre à un ensemble de fan. D’après le chercheur Henry Jenkins, pionnier sur l’étude des fans, les fandoms et les fanctions naissent à la fois de la fascination et de la frustration des fans :  si le contenu ne fascine pas, il n’y a pas d’engagement mais s’il n’y a aucune frustration, il n’y aurait aucune envie d’engagement non plus. Encore une fois, Internet a permis le développement massifs de ces fandoms en rapprochant des personnes géographiquement très éloignées les uns des autres mais animées par un intérêt commun, une même passion.  La publication d’une fanfiction est le résultat d’une interaction entre plusieurs personnes : l’auteur a la volonté d’être lu et de recevoir des commentaires, .des bêta-lecteurs vont relire un texte avant sa publication, d’autres vont commenter et critiquer le texte …

Dès lors, on peut s’interroger sur l’évolution du monde des fanfictions et des problèmes que cela peut engendrer, notamment d’un point de vue juridique avec la question des droits d’auteurs et du code de la propriété individuelle mais aussi d’un point de vue moral avec la censure de certains sujets ou le respect du canon original.


Au cours de ce travail, nous allons tout d’abord voir les différentes caractéristiques des fanfictions et ce qui fait aujourd’hui leur succès. Dans un second temps, nous nous intéresserons aux questions que cela peut engendrer et qui peuvent éventuellement freiner le développement de ce phénomène.

Teaser du webdoc Citizen Fan
Teaser du webdoc Citizen Fan (Vidéo)

Vidéo

Teaser du webdoc Citizen Fan - France Télévisions portant sur le monde des fans et les fanfictions. http://citizen-fan.nouvelles-ecritures.francetv.fr/
Citizen Fan - France Télévisions
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PRESENTATION ET CARACTERISTIQUES DES FANFICTIONS

Le développement des fanfictions grâce au développement du numérique

Les fanfictions n’ont rien de nouveau. En effet, déjà au Moyen-Age, cela était courant de se ré-approprier des histoires déjà produites par d’autres auteurs, c’est notamment le cas avec le Roman de Renard [2]. Les fanfictions se sont ensuite peut à peu développer à travers les fanzines (publications hebdomadaires de livrets frabriqués artisanalement, proposant des fanfictions) et plus particulièrement dans le milieu anglo-saxon. Cependant grâce à  l’émergence du numérique et notamment d’internet, les fanfictions se sont multipliées de part la facilité de communiquer avec les autres fans. “la technologie est partie prenante dans le développement de la textualité produite par les fans[3]. Internet a clairement permis de populariser les fanfictions qui jusqu’alors étaient plutôt résérvées aux ménagères d’un quarantaine d’années. Aujourd’hui Henry Jenkins confirme cela, il est impossible d’étudier la figure du fan sans passer par le canal médiatique d’internet. Tout devient plus accessible pour les fans et pour ceux qui s’y interessent, grâce à internet. Le numérique semble donc être un moyen de développement massif pour le phénomène des fanfictions. Nous pouvons parler de “migration” [4] sur des supports numériques, quitte abandonner peu à peu le papier, c’est tout à fait le phénomène que l’on observe avec l’évolution des fanfictions.

Internet modifie la façon de lire et d’écrire, mais les auteurs de fanfictions ne cherchent pas forcément à éliminer les écrits papiers au profit du numérique. Bien qu’ils reconnaissent les bienfaits d’internet pour la diffusion des fanfictions, ils ne cherchent pas à “éteindre” les autes formes d’écritures et de lectures.

“Les démarches des amateurs pour s’adapter et adapter leurs textes à Internet témoignent d’un réel recul sur la nouveauté et la malléabilité du support aujourd’hui dominant” [4]

Internet offre un réel renouveau à la fanfiction.

L’appartenance à des communautés numériques, l’importance du lecteur et du reviewing


Internet en plus de permettre le développement des fanfictions, permet aussi l’apparition de communautés notamment entre fans d’une même oeuvre. C’est justement ce qui est recherché par les auteurs de fanfictions, ils recherchent cette appartenance à un groupe. Ils veulent à travers leurs écrits échanger avec d’autres auteurs de fanfictions ou simplement des fans des oeuvres qu’ils dérivent. Les auteurs s’exposent à la critique de leurs lecteurs, ils sont aussi à la recherche d’encouragement et de fellicitations de la part de leurs lecteurs.Il n’écrivent pas leurs récits de fanfictions dans le seul but de s’épanouir personnellement mais émerge surtout une volonté d’échanger avec l’autre, dans un esprit communautaire. Lire et écrire des fanfictions est avant tout un moyen de rencontrer des gens qui partagent des passions communes avec nous. C’est d’ailleurs ce que nous pouvons lire sur la description d’un auteur de fanfiction:

Témoignage d'un auteur de fanfictions

Témoignage d'un auteur de fanfictions

Silver Angell - fanfiction.net
Licence : Licence inconnue -- D.R.

Nous pouvons remarquer que sur les sites hebergeurs de fanfictions, l’échange entre les internautes est favorisé par des rubriques de messageries et de forum :

Accueil du site fanfiction.net

Accueil du site fanfiction.net

fanfiction.net
Licence : Licence inconnue -- D.R.
Source : fanfiction.net

Cette capture d’écran nous montre à quel point les sites hébergeurs attachent une importance singulière à l’échange entre les auteurs et de les lecteurs. Le site est construit de façon à ce que ces échanges soient rendus possibles. La  lecture n'est donc plus seulement passive mais le lecteur est devenu actif dans sa démarche. Cela renforce cette forme d’aspect communautaire et montre quelle importance ces échanges peuvent avoir dans le monde des fanfictions.

La Round Robin Story confirme cette idée d’échange entre les membres d’une même communauté. En effet, il s’agit d’écrire une fanfiction à plusieurs mains. A tour de rôle, les auteurs rédigent un chapitre. Encore une fois, les auteurs de fanfictions n’ont rien inventé avec ce concept ; ils reprenent une idée provenant des surréalistes avec le jeu du cadavre exquis qui consistait à reprendre tour à tour un récit ou un dessin. Les auteurs de fanfictions n’inventent pas la création de communauté, mais s’inscrivent complètement dedans, en détournant même des concepts relatifs à l’aspect communautaire. Cela s’inscrit souvent sous forme de “chat”, comme dans l’exemple ci-dessous :

Extrait d'une fanfiction à plusieurs mains

Extrait d'une fanfiction à plusieurs mains

fanfiction.net
Licence : Licence inconnue -- D.R.

Comme nous l’avons vu, les fanfictions prennent des formes diverses, mais s’inscrivent toutes dans une démarche communautaire et de regroupement dans un groupe en paires.

L’apport artistique et linguistique

Une oeuvre culturelle à part entière

Les fictions sont des oeuvres culturelles et médiatiques à part entière. Même si elles sont inspirées d’autres oeuvres à l’origine, elles prennent une place prépondérante dans le monde numérique. Qui aurait cru qu’une fanfiction aurait pu recevoir le Prix Pulitzer? C’est pourtant le cas, en 2006, avec March de Geraldine Brooks. Son roman reprend le personnage du Dr March dans Les Quatre filles du Docteur March. Les fanfictions s’inscrivent clairement dans le domaines culturel en tant qu’oeuvre majeure.

Pour preuve, certaines fanfictions deviennent même commercialisées (ce qui peut poser des problèmes de droits d’auteur, comme nous le verrons en suivant).

 La commercialisation des fanfictions n’est-elle pas une entrave à l’aspect communautaire si fort et si présent dans les fanfictions?

Dans le même registre, les fanfictions ont permit à des auteurs de devenir des auteurs publiés à part entière, c’est notamment le cas de Jess Swann (auteur de Amour, orgueil et préjugés)

Biographie d'une auteur de fanfiction

Biographie d'une auteur de fanfiction

Jess Swann est publiée par “Les Roses Bleues” et nous remarquons dans la description qu’elle donne de sa façon d’écrire et de sa personnalité, qu’elle reste très marquée et ancrée dans l’univers des fanfictions. Elle parle de “fantaisie” et d’”aventure” qui sont deux thématiques dominantes dans les récits de fanfictions. Elle dit aussi qu’elle écrit des histoires qui “nourrissent [s]es rêves”, tout comme le font les auteurs de fanfictions qui écrivent leurs fantasmes, leurs rêveries à propos de diverses oeuvres. Bien qu’elle soit devenue un auteur à part entière, elle reste impreignée de son histoire passée avec les fanfiction. Elle conserve tout de même un intérêt à l’esprit communautaire que les fanfictions peuvent représenter, elle espère que ses histoires plairont au lecteur, tout comme le souhaite l’auteur de fanfiction. Nous pouvons tout de même nous poser une question: souhaite-t-elle que le lecteur apprécie son histoire dans un soucis communautaire ou dans une quête du profit?

Une forme d’apprentissage de la langue

Le professeur Jame Gee, professeur à l'université de Wisconsin-Madison, s’est interrogée sur le fait que les jeunes s'intéressaient plus à la culture populaire et donc s’y investissaient d’autant plus (dont fait partie la fanfiction) qu’aux livres proposés lors des cours, par exemple. Cela tient au fait que les jeunes préfèrent travailler sur un contenu qu’ils connaissent déjà, bien plus que sur une nouvelle ou une revue qu’ils ne connaissent pas. Ils ont forcement plus d’affinité avec les choses qu’ils connaissent et dont ils se sentent proches. Par les fanfictions et plus largement par la culture populaire, les adolescents peuvent développer des compétences scolaires comme la rédaction de nouvelle et donc améliorer leurs compétences rédactionnelles, grammaticales ou encore celles liées au vocabulaire. C’est d’ailleurs ce qu’en dit Henri Jenkins : “De par leurs discussions en ligne sur l'écriture, les jeunes auteurs apprennent à manier le vocabulaire technique de la littérature et ils travaillent leurs textes pour l'améliorer" [5]. En témoigne d’ailleurs le commentaire d’un auteur de fanfictions:

Commentaire d'un auteur de fanfiction

Commentaire d'un auteur de fanfiction

Mademoiselle Cordelia
Licence : Licence inconnue -- D.R.

Rebecca Black dans une interview menée par Henry Jenkins [6], explique que le fait de rédiger des fanfictions permettrait aux jeunes de mieux apprendre et maîtriser une langue. Tout d’abord s’ils rédigent leurs textes dans leur langue maternelle, cela permet pour eux de pouvoir s’exercer à l’écriture et d’être plus attentif à la syntaxe ou au vocabulaire employé. Le fait de rédiger des histoires à partir des produits médiatiques qu’ils affectionnent, de reprendre des personnes auxquels ils peuvent s’identifier, leur permet de voir l’écriture sous une autre forme que celle qui peut leur paraître contraignante à l’école. Par ce moyen d’expression libre, les jeunes peuvent faire progresser leurs compétences rédactionnelles.

De plus, Rebecca Black insiste sur le fait que pour être lu par tous, beaucoup d’auteurs de fanfictions se doivent d’écrire leurs textes en anglais. C’est un moyen extra-scolaire de pouvoir s’exercer à pratiquer une langue étrangère tout en s’amusant. Les jeunes ne voient pas forcément la contrainte de la langue comme ils peuvent la percevoir à l’école. C’est pour eux un plaisir de s’exprimer en anglais car ils savent qu’ils pourront être lus par un plus grand nombre et c’est avant tout ce que recherche l’auteur de fanfictions comme nous l’avons dit lorsque nous évoquions la part communautaire des fanfictions.

Sur certains sites, comme “Sugar Quill”, un système de correction est mis en place avant la publication des récits de fanfiction. Cela permet aux auteurs d’améliorer leurs compétences rédactionnelles. En témoigne le commentaire d’ une jeune fille écrivant sous le nom de Sweeney-Agonistes: "Le service de bêta-lecteurs m'a vraiment aidé à limiter mon usage des adverbes, construire mes prépositions correctement, améliorer la structure de mes phrases et la qualité générale de mon écriture" [5].

Les caractéristiques des fanfictions

Pour les novices qui découvrent l’univers des fanfictions, on pourrait penser qu’il n’y a pas de règles ni de caractéristiques quant à l’écriture de la fanction et pourtant, de nombreux sites dédiés à ces fanfictions donnent des conseils pour la rédaction et dictent des règles à suivre si l’auteur souhaite être publié sur leur site. De plus, la plupart des sites de publications ont leur propre règlement intérieur que chaque utilisateur doit respecter.

Sans oublique que les administrateurs de site ainsi que les auteurs de fanfictions se doivent de respecter la loi française dans leur propos. En effet, les fanfictions ne doivent pas comporter d’incitation à la haine ou au racisme ni comporter d’injures ou de pornographie infantile. De plus, pour les mineurs, il existe des lois pour les protéger contre des textes ou des images pornographiques. C’est pourquoi, il existe un système de classification pour les fanfictions afin de protéger les mineurs.

On peut distinguer des règles sur la forme et d’autres sur le fond. Les règles sur la forme sont généralement les mêmes malgré des communautés de fans différentes. En effet, comme nous l’avons déjà expliqué, les fans se regroupent en fandoms. Selon le fandom, les règles sur la forme et le fond diffèrent.

Concernant les règles de forme, on retrouve souvent les mêmes règles dans les sites de publications spécialisés. Les règles édictées pour l’écriture d’une fanfiction sont des règles dites classiques puisque les administrateurs de site préconisent à leurs internautes d’éviter les fautes d’orthographe, d’avoir une bonne syntaxe, grammaire et ponctuation afin que la lecture soit fluide et agréable pour tous. Ces conseils et les suggestions de mise en forme du texte sont plus que recommandées pour les écrivains sous peine de ne pas être publiés sur le site hébergeur.

Des différences de règles de forme apparaissent aussi selon les univers des fans. Par exemple, les fans de Docteur Who ont demandé 10 conseils à Neil Gaiman (l’une des scénariste de la série) pour écrire une fiction [7].

Concernant la forme, chaque communauté a aussi ses propres codes.

Par exemple, pour écrire une histoire sur un Pokémon, là encore l’écrivain en herbe se doit de se plier aux mesures du site et d’accepter une charte stipulant différentes conditions à respecter. Toujours avec l’exemple de l’univers Pokémon, les administrateurs donnent des indications pour le fond. Ils interdisent des thèmes d’histoire :”L'histoire devra être originale et cohérente (début, développement, fin). Exemple classique éliminatoire d'office : copie de voyage initiatique, de Donjon Mystère, de Pokémon Ranger. Deuxième exemple  éliminatoire: "Moi version Pokémon" [8]. Ces thèmes sont des idées à proscrire.

En plus de la forme et du fond à respecter, des idées sont interdites car elles manquent d’originalité et de personnalité. L’exemple du voyage initiatique est interdit car selon les administrateurs du site : “Toute histoire est plus ou moins initiatique pour son héros, évidemment. Mais ce n'est pas ce que je veux dire. Un "voyage initiatique", ici, cela désigne une histoire ressemblant à celle du dessin animé. Si votre personnage s'apprête à partir en voyage Pokémon à travers la région de (ajouter un nom japonais ici) pour obtenir 8 badges et finalement devenir Maître Pokémon, mais que pour l'heure il va chez le professeur (ajouter un nom d'arbre ici) pour obtenir un (ajouter un nom de Pokémon inventé ici) dont vous ne décrivez par ailleurs pas l'apparence, ça ne va pas. [...] C'est toujours pareil. Et personne n'a envie de lire une histoire qu'il connaît déjà” [9].

Là encore, les conseils ou interdictions sur la forme de la fanfiction varient selon la communauté d’attachement à l’auteur.

En plus des conseils donnés par les experts en fanfictions, des règles énoncées par chaque communauté, un vocabulaire spécifique existe pour comprendre l’idée de base, le registre du texte voire le format. Beaucoup de termes sont des anglicismes.

Le mot "disclaimer" est un terme qui revient souvent. Ce terme “vient du verbe anglais "to disclaim" qui signifie "nier". Qu’est-ce que l’on nie ? Tout auteur de fanfiction doit nier au début de sa fiction que l’univers qu’il utilise et/ou les personnages qu’il met en scène lui appartiennent et ainsi renoncer à gagner de l'argent avec [10].

Un autre terme important revient souvent. Il s’agit du mot “rating” qui apparaît notamment sur le site de référence en matière de fanfictions : fanfiction.net. Ce terme désigne une classification des histoires. Par exemple, les moins de 16 ans doivent éviter les Rating = M (mature) et se limiter au K (enfant) ou au T (teenager).

Des termes spécifiques existent aussi pour les commentaires que les internautes laissent ou encore désigner l’écriture de la fanfiction.

Les formes et les statuts diffèrent aussi selon les fanfictions. La forme qui revient le plus souvent est l’OS/One Shot. Elle désigne la rédaction d’un chapitre en une seule traite. Selon le site expert en fanfictions, fanfiction.net, il existe 21 genres qui sont répartis par catégorie.

Là encore, selon les sites hébergeurs, le nombre et les noms de genres n’ont pas les mêmes appellations ou certains genres sont propres à un univers. On peut comparer deux sites qui répertorient ces genres : Etude Fanfiction et Pokébip. Des statistiques ont révélé que le genre qui revenaient le plus souvent est la romance.

Mais le lexique pour la rédaction de fanfiction ne s’arrête pas là. On peut y trouver des genres, sous-genres et les nombreux couples formés au sein d’une histoire ont aussi un vocabulaire qui leur est destiné.

Autant d’éléments qui définissent la singularité de la fanfiction et qui renvoie au concept qu’il est nécessaire de faire partie de la communauté pour comprendre ces écrits ou au moins s’y intéresser. Des codes et un langage uniques ont été crées afin que seuls les membres de la communauté ne comprennent.

LES LIMITES DES FANFICTIONS

La question des droits d’auteurs et de la propriété intellectuelle

Avec l’avènement du numérique, la propriété intellectuelle et les droits d’auteurs sont constamment remis en question. Les cas de réappropriation, détournement ou réécriture menées par des fans, notamment dans le cadre des fanfictions, se sont multipliés et amènent à s’interroger sur le cadre juridique de ces dernières.

D'un point de vue juridique, copier, diffuser, faire des arrangements d'une œuvre protégée, produire un travail à partir d’une oeuvre dont on ne détient pas les droits ... constituent une violation des droits d'auteur et ce dans la plupart des pays. Cependant, dans toutes les législations, des aménagements ont été prévus afin d’encourager la liberté d’expression et la création (art. L122.5 du Code de la propriété intellectuelle en France par exemple) [11]. Il est également permis d’écrire tant que la publication reste dans le cercle privé.

S’il est globalement bien toléré, le phénomène des fanfictions reste flou juridiquement. Pour certains, les auteurs de fanfictions violent la propriété intellectuelle dans le sens où ils s’approprient des personnages et un univers sans l’autorisation de de l’ayant-droit. Pour d’autres, comme les chercheurs Henry Jenkins [12] et Rebecca Tushnet [13], les fanfictions font exception au droit d’auteur et rentrent sous la protection du “Fair Use”, la loi américaine qui définit les exceptions au Copyright, puisqu’elles sont assimilées à de la citation ou de la parodie.

 

De nombreux auteurs se sont positionnées pour ou contre les fanfictions. Certains auteurs tolèrent les fanfictions tandis que d’autres comme Lois McMaster Bujold (Vorkosigan) ou Stephanie Meyer (Twilight, Les Âmes Vagabondes) vont jusqu’à l’encourager. Cette dernière a même sur son site internet une page dédiée aux fanfictions dérivées de ses livres [14]. Meg Cabot (Journal d’une princesse), Neil Gaiman (Sandman) ou encore Joss Whedon (scénariste et producteur de Buffy contre les Vampires et Angel) - entre autres - se sont également positionnés en faveur des fanfictions. Les arguments généralement avancés sont que l’écriture et la création sont de bonnes choses, quelque soit leurs formes, tant qu’on ne fait pas commerce de ces textes.

J'aime. J'adore. Je voudrais avoir grandi dans l'ère de la fan fiction, parce que je vivais littéralement ces séries et ces films que j'adorais. Je m'attaquerais à Superman et je ferais simplement revivre le film encore et encore.

Je pense que c'est un acte glorieux que d'être capable d'être le porteur de la flamme. C'est pourquoi je crée ses séries. Je le les fais pas seulement pour que les gens les aiment puis les oublient, je les fait pour qu'ils ne puissent pas s'en débarasser. C'est ma manière d'être un fan.

Josh Wheedon, producteur et scénariste, créateur de Buffy contre les Vampires et Angel [15].

D’autres auteurs acceptent les fanfictions sous certaines conditions. J.K. Rowling autorise les fanfictions basées sur la saga Harry Potter tout en rappelant que les livres sont destinés à un public jeune et qu’elle rejette les textes qui ne conviendraient pas aux mineurs ou qui pourraient choquer [16]. Anne McCaffrey avait de son côté publié sur son site internet les règles à respecter pour quiconque souhaitait écrire des fanfictions relatives à son oeuvre [17].

Les règles d'Anne McCaffrey

Les règles d'Anne McCaffrey

Les règles édictées par Anne McCaffrey pour quiconque voudrait s'inspirer de ses oeuvres pour écrire une fanction.
Anne McCaffrey
Licence : Tous droits réservés -- Copyright

Enfin, plusieurs auteurs ont clairement indiqué qu’ils ne souhaitaient pas faire l’objet de fanfiction. Diane Gabaldon (Le Chaudron et le Tartan) et Georges R.R. Martin (Le Trône de Fer) se sont par exemple longuement exprimés à ce sujet sur leurs blogs respectifs [18]. La première, dans son texte, reprend point par point les arguments avancés par les auteurs de fanfiction pour aller à leur encontre. Anne Rice (Entretien avec un Vampire), Anna Robillard (Les Chevaliers d’Emeraude) ou encore Rick Riordan (Percy Jackson) se sont également positionnés contre la fanfiction. Ces auteurs ont pour la plupart publié des textes sur le site afin d’expliquer cette volonté. Ils y invitent également à créer une histoire unique avec de nouveaux personnages et un nouveau monde.

Vous ne pouvez pas vous installer dans le jardin de quelqu'un sans sa permission, même si vous ne plantez pas de la marijuana sur ses plates-bandes. Et vous ne pouvez pas utiliser les personnages protégés d'un autre auteur pour votre propre usage, peu importe vos intentions à ce sujet.

(…) L'imitation n'est-elle pas la forme la plus sincère de flatterie ? Bieeeeen ... disons simplement qu'il ya une différence entre quelqu'un qui drague les hommes roux et la même personne en essayant de séduire mon mari.

Diane Gabaldon, auteur du livre Le Chaudron et le Tartan

L’une des choses que je n’aime pas à propos de la fanfiction, c’est le TERME. La vérité est que j’écrivais de la fanfiction moi-même. J’ai commencé en écrivant pour des fanzines de comics des débuts des années 1960 quand j’étais au collège. A cette époque, cependant, le terme ne voulait pas dire “fiction placée dans l’univers de quelqu’un d’autre et utilisant les personnages de quelqu’un d’autre”. Ça voulait simplement dire “histoires écrites par des fans pour des fans, des fictions amateures publiées dans des fanzines”. (...) Comment et quand le terme a commencé à être utilisé pour ce qui est appelé fanfiction aujourd’hui, je ne le sais pas. Je souhaiterais qu’il y ait un autre terme pour ça, même si je confesse que je ne peux pas en imaginer un qui ne soit ni embarrassant ni vague ni péjoratif.

Georges R.R Martin, auteur de la série Le Trône de Fer

Mis à part cela, je dois admettre que je trouve la fanfiction un peu déstabilisante. C'est comme si quelqu'un entrait dans mon placard et essayait mes vêtements.

Rick Riordan, auteur de la série Percy Jackson

Les auteurs refusant la fanfiction sur leur œuvre ne sont pas forcément opposés à la fanfiction en tant que telle : ils peuvent l'estimer parfaitement légitime quand elle s'applique à une œuvre tombée dans le domaine public ou si l'auteur les a autorisées (c’est par exemple le cas de Diana Gabaldon).

Le site fanfiction.net respecte le souhait de ces auteurs et interdit la publication de fanfictions relatives à leurs oeuvres sur sa plateforme [19].

 

Le cloisonnement : les mêmes thèmes, les mêmes oeuvres  

Comme nous l’avons vu, l’écriture de fanfictions offre une certaine liberté aux fans. Ils sont libres de réécrire l’histoire de leurs héros, sans limites et sans frustrations. Cependant, malgré cette liberté beaucoup de fanfictions peuvent être semblables. On peut voir en cela une forme de non originalité et surtout un manque de prise de risques. La plupart des oeuvres “détournées” sont issues d’oeuvres fantastiques, qui laissent donc évidemment plus de place à l’imagination du lecteur (ou du fan, pour être plus général). Nous pourrions dire que les auteurs de fanfictions choisissent donc la simplicité avec des oeuvres qu’ils pourront détourner ou réécrire sans mal. Cela nous ramène à l’idée de l’esprit communautaire, en réalité l’auteur de fanfiction n’écrit pas dans le but de satisfaire son envie d’écrire, mais plutôt d’écrire pour être lu . En effet, si un auteur choisi d’extrapoler à propos d’un livre d’un film ou d’une série qui a déjà pour habitude d’avoir été détourné alors il s’assure que d’autres lecteurs pourront être intéressés par ce qu’il écrit du fait que beaucoup de lecteurs de fanfictions s'intéressent à ce livre, film ou série. Le cloisonnement dans un certains types d’oeuvres peut donc être du tout d’abord au goût personnel de l’auteur de fanfictions, à la large possibilité de pouvoir combler des manques dans les récits fantastiques, mais surtout de pouvoir s’ancrer dans une communauté.

Les problèmes liés aux sites d'hébergements et le manque de liberté des auteurs de fanfiction


Le numérique pose lui-même quelques limites à l’apparition et au développement des fanfictions. En effet, “les fans sont soumis aux contraintes de fonctionnement [des] sites [d’hebergement des fanfictions], qui ne sont pas seulement des choix techniques, [...] à titre d’illustration, même sur fanfiction.net, le slash n’est pas proposé dans le menu déroulant, au profit de genres plus généraux comme « romance »,« adventure », « suspense » [20]Cela pourrait s’apparenter à une forme de censure, qui contraint les auteurs à ne pas écrire ce qu’ils voudraient car les hebergeurs des fanfictions ne permettraient pas par les différentes catégories la libre expression des auteurs de fanfiction.

Cependant les auteurs trouvent toujours le moyen de détourner ces limites posées par les sites hébergeurs (publication dans d’autres catégories, sur leurs propres blogs ou encore sur d’autres sites d'hébergement). Nous pouvons tout de même nous poser une question: Les sites d'hébergement et plus généralement le monde du numérique, ne chercheraient-ils pas à limiter l’expression des auteurs de fanfictions ? Nous l’avons vu précédemment, les thématiques le plus souvent abordées tournent autour de la romance et de la sexualité, nous pourrions supposer que les sites d'hébergement cherchent à limiter certains écrits qui pourraient être trop provocants.

L’importance accordée aux commentaires des fans.
 

Les fanfictions sont des créations personnelles, originales et sans profit. Cependant, il y a quelques exceptions lorsque l’écriture de l’œuvre est d’excellente qualité. Ainsi, l’exemple de Chris Bouchard, l’auteur de « Hunt for gollum » précise que la société Tolkien a autorisé la réalisation de son fan film du moment qu’aucun profit n’en était tiré [21].

« Certains auteurs, à l'inverse, s'opposent vertement au fanfiction. George R.R Martin a clairement affirmé qu'il n'autorisait aucune reprise de son univers pour une fanfiction, quelle qu'en soit la forme. Anne Rice et Robert Hobbs notamment, adoptent la même posture afin d'éviter selon eux toute dilution de l'esprit original de leurs travaux. »

Cependant, certains studios américains tolèrent les fanfictions qui estiment que cela enrichit l’œuvre et fait parler d’elle. Par exemple, l’Organization for Transformative Works (OTW) « plaide depuis quelques années pour la reconnaissance légale des fanfictions. Les créations de ce type, sous condition de n'en retirer aucun profit commercial, pourraient alors bénéficier d'une protection juridique » [22]

On constate que des éditeurs ou des productions cinématographiques s’emparent des oeuvres des fans pour les publier mais certains auteurs sont formellement contre pour que les fans s’emparent de leurs personnages et/ou histoires. Mais d’autres accordent une grande importance aux avis de leurs fans et même à la production de fanfictions que ceux-ci fournissent. J.K Rowling, Neil Gaiman et Stephanie Meyer font partie des auteurs qui encouragent l’écriture des fanfictions qui postent sur leur site officiel des liens qui dirigent vers les meilleures fanfictions basées sur leur tétralogie. Un autre écrivain, Eric L’Homme a même organisé un concours officiel sur sa série “A comme Association” et à la suite de ce concours, il a publié sur son site, un lien direct vers les histoire des dix lauréats.

Le fait que Stéphanie Meyer accepte qu’on utilise son oeuvre a permis à des auteurs de commercialiser leurs oeuvres qui sont devenues des best-sellers. La saga Twilight a inspiré deux fanfictions maintenues devenues célébres : Cinquantes Nuances de Grey et Beautiful Bastard. En voyant cet effet de mode et un nouveau marché s’ouvrir, les éditeurs recherchent des nouveaux auteurs dans les fandoms. Ainsi les éditions britaniques Penguin Books ont publié une fanfiction écrite par une fan du groupe One Direction qui se met en scène avec le célèbre boys band.

Certaines éditions comme Audio Go, une entreprise de livres audio, ont même lancé un concours pour publier les meilleures fanfictions de Twilight. MTV a suivi le mouvement en réalisant la série Teen Wolf qui était à la base une fanfiction.

 

Débats entre fans : jusqu’où peut-on en aller dans l’éloignement vis à vis du canon, de l’univers original (le genre des univers alternatifs).

Un réel débat existe à l’intérieur des communautés concernant l’éloignement de la fanfiction par rapport à l’histoire originelle. Les sociologues ont remarqué que les fanfictions sont souvent crées dans un cadre communautaire où certaines règles existent. On ne parle pas là de règle stricto-senso mais plutôt de règles éthiques voire déontologiques. Un exemple fréquent qui démontre qu’il existe bien des règles est celui de la commercialisation à but nonlucratif des œuvres. L’auteur de fanfiction ne doit pas publier son œuvre à des fins lucratives. On peut dire que cette règle implicite fait partie du code déontologique de la communauté qui tend à structurer la communauté.

Ainsi, on comprend qu’à l’intérieur de ces communautés un règlement intérieur est appliqué.

Pour le sociologue, Paul Booth dans son livre « Digital Fandom », ce qui permet de structurer la communauté et faire avancer l’écriture de chacun ou dynamiser la fandom ce sont les débats à l’intérieur même de cette communauté. Selon lui, « ce sont les commentaires qui suivent chaque post, et qui servent de points de départ pour des débats à l’intérieur de la communauté. Grâce à une analyse des messages laissés sur des blogs de fan fictions de Battlestar Galactica, Paul Booth définit le blog comme étant une rencontre entre l’intertextuel et l’intratexuel. L’intertextuel « envisage le texte comme étant ouvert ». L’intratextuel « envisage le texte comme étant une entité complète, fermée, définie par les connexions entre les éléments internes » (p.57). Six caractéristiques de l’intratextuel peuvent être analysées : « la self-reflexivité, l’organisation, l’adresse directe, la méta-connaissance, le ludique et l’expansion récursive » (p. 62) [23].

Paul Booth nomme ces fans des « Alternate Reality Games ou des entités transmédias hybrides » Dans son ouvrage, il démontre ceci : « Ce qui est fondamental dans le phénomène des fans, c’est l’appartenance à une communauté. Cette communauté est ce qui fait la force du fandom, ce qui les caractérise principalement. Ensuite, Paul Booth démontre qu’il y a toujours un lien entre le sérieux (travail) et le ludique (jeu). Les ARG mettent bien en avant ce lien entre le travail collaboratif et le plaisir du jeu. De plus, le succès des ARG repose lui aussi sur la création d’une communauté interactive, immergée, participative et collaborative de joueurs. Que ce soient des serious games, des extensions narratives telles Why so serious ?, du marketing viral comme I love bees, ou des éléments interactifs comme The Lost Experience, les ARG proposent aux joueurs une communauté active et puissante » (p.191). Il est utile de rappeler ici qu’un des points de la définition des ARG est qu’ils se jouent en communauté et non pas seul. Enfin, les ARG sont par définition ubiquitaires, et la médiation immersive qu’ils exercent est aujourd’hui essentielle pour comprendre les médias et le phénomène des fans. Les ARG jouent sur une dichotomie : d’un côté, ils sont hypermédiatisés et l’immersion est renforcée grâce à ce phénomène ; d’un autre côté, ils se cachent derrière cette médiation en utilisant des lieux réels dans leurs systèmes de jeu » [24].

Un autre sociologue, Nathalie Nadaud-Altertini, s’est intéressée à ce phénomène avec son livre  Les fanfictions sur Lady Oscar : un débat numérique sur la féminité. Dans cet ouvrage, elle présente le débat qui existe entre les fans sur l’héroïne principale. Son livre parle du célèbre dessin animé Lady Oscar (Dezaki 1979) adapté du manga La Rose de Versailles (Ideka 1972). Des années après sa parution, les fans continuent d’écrire des fanfictions mais une polémique apparaît entre ceux-ci concernant la féminité de l’héroïne. Certains sont attachés à la description initiale de celle-ci mais d’autres lui préfèrent une autre forme de féminité plus relative.

[1] http://perso.telecom-paristech.fr/~maitre/recherche/rapports-Fondation-fev-2011/francois/document-miparcours-francois.pdf

[2] http://www.lettresnumeriques.be/2013/08/23/les-fanfictions-un-nouveau-vivier-numerique-d%E2%80%99auteurs/

[3] K. Hellekson & K. Busse (dir.), Fan Fiction and Fan Communities, op. cit., p. 13 : « the history of fan fiction makes clear that technology is complicit in the generation of fan texts »

[4] http://panic.wp.mines-telecom.fr/files/2012/04/La-migration-des-fanfictions-sur-Internet_V3.pdf

[5] http://etude.fanfiction.free.fr/jenkins_heather.php

[6] http://henryjenkins.org/2008/09/an_interview_with_rebecca_blac.html

[7] http://www.forum-doctorwho.com/t2354-10-regles-pour-ecrire-une-fiction.htm

[8] http://www.pokebip.com/pokemon/page__regles-fics.html

[9] http://www.pokebip.com/pokemon/page____conseils1.html

[10] http://etude.fanfiction.free.fr/lexique.php#disclaimer

[11] http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=7782A70FF4A977CE57719DA6FA635454.tpdjo03v_2?idArticle=LEGIARTI000027683084&cidTexte=LEGITEXT000006069414&dateTexte=20141112 ET http://www.copyright.gov/title17/92chap1.html#1067

[12] http://henryjenkins.org/2006/09/fan_fiction_as_critical_commen.html

[13] Tushnet Rebecca (2007), « Copyright Law, Fan Practices, and the Rights of the Author », dans Grey Jon et al., eds., Fandom: Identities and Communities in a Mediated World, New York, NYU Press, pp. 60-71

[14] http://stepheniemeyer.com/ts_fansites.html

[15] http://etude.fanfiction.free.fr/auteurspro.php

[16] http://news.bbc.co.uk/2/hi/entertainment/3753001.stm

[17] http://pernhome.com/aim/anne-mccaffrey/fans/fan-fiction-rules/

[18] http://grrm.livejournal.com/151914.html

[19] https://www.fanfiction.net/guidelines/

[20] http://panic.wp.mines-telecom.fr/files/2012/04/La-migration-des-fanfictions-sur-Internet_V3.pdf

[21] http://www.syfy.fr/dossier/les-fanfictions-et-le-droit-dans-tout-ca

[22] http://www.syfy.fr/dossier/les-fanfictions-et-le-droit-dans-tout-ca

[23] http://www.inaglobal.fr/numerique/note-de-lecture/paul-booth/digital-fandom/quest-ce-que-la-culture-fan

[24] http://www.inaglobal.fr/numerique/note-de-lecture/paul-booth/digital-fandom/quest-ce-que-la-culture-fan

 
 

Notes de lecture

Les raisons d'aimer ... Les "fanfictions" sur Internet

The Informal Pedagogy of Anime Fandom: An Interview with Rebecca Black (Part One)

Online fanfiction, global identities and imagination

Transmedia Storytelling 101

Le droit d'auteur est-il une notion périmée ?

Star Trek, Darkover, Thunderbirds, and Fan Fiction

Les fanfictions sur Internet

Appropriations et transpositions amateurs des mass-médias sur Internet