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Synthèses rédigées par les étudiants du cours de Culture numérique

Typologie des blogs
Typologie des blogs

Blogs et Commentaires

Relation interdépendante entre blogs et commentaires.

Ely Harel, Jacques le Chartier, Paul-William Roux (Master M1, Edition, mémoire des textes)
Nous répondrons à la question "La relation interdépendante entre blogs et commentaires est-elle négative" à travers trois axes. Nous définirons dans un premier temps les mots clefs de cette problématique. Nous tâcherons ensuite d'affiner cette relation d'interdépendance, avant de faire l'inventaire des bons et des mauvais côtés du commentaire.
(déposé le 2013-11-27 17:20:51)

Blogs et Commentaires

Depuis l'explosion des blogs en 1999, nombreuses sont les pratiques à s'en être dégagées. La raison ? Les commentaires associés, véritable miroir du genre humain qui se désinhibe. Le biais d'internet permet à tout un chacun de se révéler: les timides osent s'exprimer, les langues se délient sur les sujets les plus houleux, les consommateurs deviennent publicitaires. Mais malgré tous les avantages qui en ressortent, on ne peut passer à côté de ces commentaires méprisants, parfois cruels, pouvant mener aux actes les plus sinistres pour leurs victimes.

Ainsi, nous répondrons à la question "La relation interdépendante entre blogs et commentaires est-elle négative" à travers trois axes. Nous définirons dans un premier temps les mots clefs de cette problématique. Nous tâcherons ensuite d'affiner cette relation d'interdépendance, avant de faire l'inventaire des bons et des mauvais côtés du commentaire.

1 Revue de littérature

1.1 Blogs

1.1.1 Définition du concept

Le mot « blog » trouve son origine de l'anglais « web log », traduit « journal web »

Ainsi, on appelle communément blog tout site web dont les publications, régulières, sont centrées sur un thème donné et présentées de façon succincte. Les blogueurs (individus qui écrivent et publient sur le blog ) ont la possibilité de personnaliser leur billet (c'est à dire article) via des images, vidéos, etc.

Les blogs sont à thématique large : illustrations d'amateurs en quête de reconnaissance professionnelle, tranches de vie d'expatriés, mode, conseils bioéthiques, informations sur un artiste, actualité etc, tout y est traité.

Mais à quelles fins devient-on l'auteur d'un blog ? Pour quelles motivations ? S'il semble évident que le blog se créé autour des passions, loisirs, psyché de son auteur, il est aussi à admettre que le blogueur se réalise également à travers le web. En affirmant qui il est aux yeux de tous, et/ou en se rendant leader d'une communauté qui le suit, le blogueur modélise son identité en ligne, non selon qui il est mais selon qui il a envie d'être, ou comment il souhaite être perçu. Le blog cumule donc une dimension égocentrique.

En 2011, on dénombrait pas moins de 156 millions de blogs (dont beaucoup d'inactifs et une importante part de privés). Réunis, ils forment ce qu'on appelle la blogosphère. Paradoxalement à l'idée selon laquelle le blog permet de s'affirmer en tant qu'individu, la blogosphère tend à prendre de l'importance et à préférer le groupe à l'individualisation. Puisqu'elle est le reflet de notre société et de ses tendances, la blogosphère penche vers une valeur commerciale.

1.1.2 Historique

L'ancêtre des blogs sont les chats, les listes de diffusion et les pages personnelles - d'où beaucoup de vocabulaire a été emprunté.

C'est à la fin des années 90 que sont apparus, au Canada, les premiers blogs. Ceux-ci recensaient diverses pages Web par hyperliens dont l'auteur, en toute subjectivité, recommandait la navigation.

En France, les premiers blogs sont mis en ligne dès 1995. Ils ne sont devenus cependant un phénomène marketing qu'à partir de 1999 avec la création de la plateforme gratuite Blogger, fondée par Pyra Labs et rachetée en 2003 par Google. En 2002, c'est au tour de Ublog de faire son apparition. La même année, Skyblog (dérivé de la radio Skyrock) est lancé sur la toile. Son succès est rapide auprès des 13-18 ans, malgré son manque de fonctionnalités. Fin 2003, Alain Rousset est le premier homme politique français à avoir un blog. D'autres suivront, la Maison Blanche y compris, par la suite.

C'est en 2004 qu'intervient le premier débat sur le bien fondé des blogs, trop d'atteintes morales et diffamations étant portées par ce biais sur les individus.

Depuis cette même année, tenir un blog est une pratique courante dont profitent les marchés. Ainsi, le pionnier Blogger détient les plus grosses part de marché des blogs dans le monde. En France et depuis fin 2008, c'est Overblog qui mène.

1.1.3 Typologie des blogs

Olivier Hertzscheid a mis en exergue une typologie des blogs dans son livre Créer, trouver et exploiter les blogs.

Ainsi, il découpe les blogs selon deux axes. Le premier s'étend des sujets personnels aux sujets thématiques et professionnels. Cet axe croise le second en son centre, allant des blogs individuels aux blogs collectifs. Toute cette blogosphère se constitue de réflexions, à l'intérieur desquelles on trouve des analyses, elles-mêmes regroupant des signalements.

Ainsi, on trouvera dans les blogs individuels à sujets personnels des réflexions amenant aux journaux intimes en ligne et autres blogs de famille. Les blogs individuels à sujets thématiques exploiteront quant à eux des réflexions dans le cadre des blogs dits « de loisir » : c'est le cas des blogs culinaires, de bricolage, jardinage etc. S'ils sont porteurs d'analyses, ils regrouperont les carnets de notes, blogs de chercheurs, de scientifiques, journalistes etc.

Les blogs collectifs aux sujets thématiques rassembleront quant à eux les groupes de soutien et de militants par exemple, s'ils ont une visée de réflexion. Si leur objectif est analytique, les blogs d'entreprise, d'associations humanitaires caritatives, institutionnels ou journalistique entreront dans cette dernière catégorie.

Enfin, tous les blogs de signalement, qu'ils soient individuels ou collectif sans préférence thématique sont des métablogs. Les métablogs mettent en place différents environnements participatifs favorables au travail collaboratif.

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Nous allons à présent détailler les types de blogs les plus récurrents de cette typographie, à savoir les blogs personnels, les blogs journalistiques, les blogs d'experts et enfin les blogs marketing .

Fort de son succès, le blog personnel s'alimente des pensées de son auteur, de façon linéaire, à la manière d'un journal intime. Sa dynamique résulte des commentaires qu'il suscite.

Le blogueur journalistique, lui, met en ligne des actualités faisant résonance à son discours et permettant le débat. Les réactions, instantanées, complètent la presse traditionnelle.

Le journaliste commente sur son blog l'actualité politique qui le touche ou l'évènement dont il est témoin. C'est un moyen de rebondir sur l'actualité, de publier des photos, de créer la polémique.

Le blog d'experts peut être celui d'un homme politique ou d'un chef d'entreprise. La communication et la prise de position sont au centre de leurs intérêts. Le lecteur voit généralement en ses blogs une source fiable.

Le blog marketing est un biais entre le marchand et le client. Cette proximité apporte de nouveaux adhérents grâce à la mise en place d'un dialogue. L'entreprise est à l'écoute de ses consommateurs et prends note de ses critiques.

1.2 Commentaires

1.2.1 Définition du concept

Le grand avantage des blogs est l'échange en temps quasiment réel. Celui-ci s'instaure grâce aux commentaires: messages en réponse à un article donné par un utilisateur registré ou anonyme via un formulaire web automatisé. Cet avantage est toutefois contrebalancé par de nombreux inconvénients, dont sont principalement responsables les utilisateurs malveillants, persuadés - à tort - de leur impunité sur la toile.

L'anonymat est variable dans les commentaires. Ainsi, une majorité de blogs n'exigent aucune information pour publier un message. On peut aussi bien apparaître sous des pseudos tels qu'« invité » ou « anonyme » que choisir soi-même son pseudonyme. Les commentaires sont de ce fait libres puisque l'on peut changer d'identité et même mentir à volonté sur ce propos. Sans contrainte pour l'usager, on voit alors se multiplier les commentaires dont la casse est exclusivement majuscule, ainsi que des insultes.

Ce mode d'envoi est cependant de plus en plus rare, les hébergeurs demandant à présent une identification via l'adresse mail et la mise en place du CAPTCHA. Le CAPTCHA (« Completely Automated Public Turing test to Tell Computers and Humans Apart », traduit « Test public de Turing complètement automatique ayant pour but de différencier les humains des ordinateurs »). vise, comme son nom l'indique, à interroger l'utilisateur par une série de lettres et chiffres visibles sur une image trouble qu'il doit reproduire dans un champ libre afin de vérifier son appartenance au genre humain. Si ce test empêche les bots informatiques – et par extension leur spam - , il ne décourage cependant pas les réels utilisateurs potentiellement malveillants. En effet, il est aisé de créer plusieurs fausses adresses .

C'est pourquoi certains blogueurs privatisent – du moins en partie – leur blogs. Pour se faire, ils peuvent fermer leurs commentaires à qui ne se créé par de compte ou restreindre la publication de commentaires aux utilisateurs connectés à facebook. Dans le premier cas, et même si les comptes « troll » existent, la modération est généralement présente et le lectorat malveillant rapidement découragé par la création de comptes multiples. Dans le second cas, le registré est généralement prudent dans ses mots, la raison étant qu'il est simple de remonter jusqu'à soi lorsque l'on utilise son propre compte facebook. Certains n'hésitent cependant pas à créer de faux comptes sur cette plateforme.

Parcequ'il est responsable légalement du contenu publié sur son blog, l'auteur du site a l'obligation de supprimer (ou invalider lorsque les commentaires sont soumis à vérification avant l'envoie) tout commentaire non conforme à la législation.

Afin d'endiguer de manière définitive les commentaires polluants, d'autres blogueurs avisés ferment les échanges au public, les remplaçant par un formulaire de contact par mail.

Cette alternative n'est cependant pas légion, beaucoup de blogueurs considérant en effet les commentaires comme la rétribution de leurs écrits, voir la vocation première de leur site - comme nous le verrons plus tard.

1.2.2 Quels commentaires ?

Les commentaires se recoupent en deux axes : positifs et négatifs.

L'axe positif n'est pas à confondre avec les messages à connotation émotionnelle positive (exemple : c tp bien ton article lololol !). Elle recoupe tous les commentaires constructifs, c'est à dire les contenus qui enrichissent l'article par une réflexion. Ces messages sont cependant une faible part des commentaires à côté du second axe.

L'axe négatif regroupe diverses sortes de messages. Ainsi, on recensera les commentaires mono-syllabique (ex : j'adore!), les « trolls » (c'est à dire celui qui vise à énerver son lecteur, et qui nous fait entrer dans un cercle vicieux dès qu'on lui voue une quelconque attention), les messages condescendants (ex : très bien ton article, mais on le sait depuis longtemps ça!), les illisibles (rédigés en un mélange de S.M.S, de verlan et de fautes orthographiques/chiffres à la place des lettres/majuscules aléatoires intempestives), les spams (destinés à se faire connaître par l'envoi de liens, dans le but non pas d'être cliqués mais remontés dans les moteurs de recherche. Ces liens n'ont aucun rapport avec l'article de base) et enfin le passionné fermé au débat car sans objectivité.

1.2.3 Dans quels buts ?

Les commentaires ont des visées diverses. Nous en dénombrerons ici deux.

Notons d'abord la portée économique du commentaire. Comme analysé dans notre première fiche de lecture, Julie Neveux pense le commentaire comme ayant une influence directe sur l'économie de marché. En cela, elle a raison puisqu'une étude menée en 2012 par la Médiamétrie dévoile que 77% des internautes tiennent compte des avis et notes postées par les internautes, rendant ainsi l'opinion exprimée sur la toile plus efficace que la publicité. Toutefois, si la journaliste pense qu'il ne favorise que le consommateur, nous nous devons d'ajouter une relation de réciprocité à cet impact.

Oui, le consommateur exprime davantage son opinion pour exprimer son mécontentement que pour faire l'éloge d'un produit de consommation. Certes, l'acheteur potentiel en recherche d'avis sur l'internet gardera la trace mnésique de la critique négative face à la déferlante d'opinions positives, malgré la confiance naturelle en la « majorité représentative ». Cependant, ce dictât du consommateur n'est pas à sens unique : alors que les métiers du web tels que le Community Management sont en pleine croissance, il serait profane d'affirmer que les entreprises sont victimes de ces évaluations, qui leurs sont profitables malgré tout. D'autre part et depuis maintenant trois ans, l'importance des commentaires a donné naissance à un nouveau marché où certaines entreprises engagent des usagers lambdas pour publier de faux commentaires, élogieux bien entendu. Leurs employés peuvent également vanter la marque sur les réseaux sociaux en se faisant passer pour des usagers, ou dénigrer la concurrence. De même, les community manager s'octroient la possibilité de supprimer tout commentaire allant contre l'e-reputation de la marque. Cette pratique va cependant contre la légalité, et est règlementée par l'Association française de normalisation.

En s'éloignant à présent des enjeux économiques, focalisons notre attention sur l'enjeu humain. Internet et les blogs sont au virtuel ce que l'espace publique est au réel. Ce terrain d'échange, dont la communication passe du verbal à l'écrit, a pour avantages de supprimer bien des barrières.

Lorsque les langues étrangères, la distance et le temps sont pour une part non négligeable des hommes un handicap, les commentaires abattent ces problématiques. Qui n'a pas déjà échangé, à une heure avancée, avec une personne vivant à l'autre bout du continent en instantané ? (On peut alors parler de blogosquat : une conversation sans rapport avec le sujet de départ entre plusieurs internautes.)

Mais par dessus tout, les commentaires sont la trace d'opinions diverses et variées où tous les points de vue se confrontent, du plus conformiste au plus polémique. C'est précisément cette disparité des commentaires, tant controversée car parfois plus négative que positive en raison de l'anonymat mis en place, qui fait la richesse des blogs, et par extension de l'internet tout entier.

2 Relation d'interdépendance

2.1 Les blogs ont besoin de commentaires pour vivre...

2.1.1 Le besoin d'être populaire

La première et peut-être la principale raison qui démontre que les blogs ont véritablement besoin de commentaires, c'est le grand nombre d'articles, papiers, vidéos ou autres qui proposent des méthodes pour en avoir toujours plus. Qu'il s'agisse clairement de marketing, de simples conseils entre blogueurs voir même de business, il n'y a qu'à se pencher pour en trouver. Les bons mots-clefs, le bon moteur de recherche et en quelques minutes : c'est fait. C'est d'abord tout l'intérêt de la chose. Si les blogueurs voulaient simplement écrire, ils se contenteraient d'un journal intime. Ils veulent aussi être lus, néanmoins le nombre de visites est frustrant, car on ne sait pas vraiment si les gens lisent le papier ou non. Seuls les commentaires peuvent réellement nous prouver que ce que nous écrivons dans un blog n'est pas dénué d'intérêt. A cela s'ajoute le fait que plus on est commenté, plus cela incite d'autres lecteurs à en faire autant. Principalement pour leur répondre et amorcer la discussion. L'un ne va pas sans l'autre. Mais il est difficile de partir de rien, ce qui est le cas de la grande majorité des blogueurs. Pour cette raison, on trouve sur internet des conseils à profusion.

D'abord pour trouver des lecteurs, car sans cela nous n'aurions jamais de commentaires. Il y a bien des méthodes pour booster ses visites. Il faut travailler sur le fond et sur la forme, faire de la pub et commenter sur d'autres blogs. C'est un travail de longue haleine, qui nécessite du temps, beaucoup de temps. En un sens, les blogueurs qui réussissent sont surtout les plus persistants.

Tout le monde veut des commentaires et pourtant très peu commentent eux-même. C'est en partant de ce constat qu'il faut trouver des moyens pour pousser les gens à passer le cap, à prendre le temps de glisser quelques mots. Pour être un bon blogueur, il faut donc avant tout être un bon lecteur et surtout un bon commentateur. Tout est lié dans la blogosphère et si l'on souhaite être populaire, il faut nouer des relations, se faire un carnet d'adresse, cout comme dans la vie réelle finalement.

Le commentaire est aussi bénéfique au blog qu'au blogueur. En effet, sans message, on a le sentiment de parler dans le vide, de faire du mauvais travail, ou encore de perdre son temps. Généralement c'est à ce moment-là que la plupart abandonnent. C'est un véritable travail de séduction qui s'engage entre vous et les internautes et chaque commentaire positif vous pousse à poursuivre votre blog.

A l'image du réel, le virtuel est tout aussi humain. Et quand il y a une demande, automatiquement on trouvera une offre. Beaucoup de blogueurs veulent des visiteurs, des commentaires. En réponse on trouve donc des moyens dits "faciles" d'obtenir les deux. Par exemple : le site avoirun.com, qui propose un commentaire gratuit tout en proposant de lui faire des dons. A priori rien de répréhensible, mais les faux "avis", les faux "coms", les faux "like" et les fausses "vues" sont de plus en plus nombreuses, comme vu précédemment.

Autre méthode, l'utilisation des réseaux sociaux pour booster le nombre d'abonnés avant même que votre blog ne soit créé. L'utilisation de Facebook par exemple est bon moyen de faire plus de commentaires sur son blog, car il évite aux utilisateurs de s'inscrire. Autant de moyens qui montrent toute l'importance du commentaire pour le vie d'un blog.

Néanmoins certains se posent la question de savoir si tout cela est bien utile. La course à la popularité est nécessaire, mais si la plupart des commentaires n'apportent rien au sujet, alors quel intérêt ? Les avis sont partagés et chaque blogueur se fait sa propre idée sur la question,  régissant son blog en fonction de ce qu'il a décidé.

2.1.2 L'aspect financier

La seconde raison qui explicite cette nécessité est l'appât du gain. Inconsciemment ou pas, beaucoup rêvent de vivre grâce à leur passion : c'est aussi le cas des blogueurs. Bien sûr, on sait tous que ces stars du web sont très largement minoritaires et la plupart de ceux qui se lancent dans cette aventure se résignent très vite à sacrifier des heures de leur temps libre sans rien y gagner en retour. Le blog est un investissement, mais c'est aussi un loisir, ce qui pousse les gens à continuer. L'espoir d'une réussite est très vite tempéré par la réalité, mais il demeure, poussant les tenants des blogs à faire le maximum pour accroître leur influence.

Plus on a de visiteurs, plus on peut avoir de lecteurs. Plus les internautes lisent nos articles, plus on a de chances d'avoir des retours. Cela provoque des conversations, des débats, des polémiques qui alimentent le blog et le rend plus vivant. Ce faisant, il est d'autant plus attractif pour les nouveaux venus qui auront davantage l'envie de s'y investir. Ainsi le blogueur touche de plus en plus de personnes. Et plus ses papiers touchent de monde, plus il est intéressant pour les entreprises ou autre de le rémunérer. Par exemple une marque de vêtement qui demande à un célèbre blogueur de tester son produit et de faire part de ses impressions à ses lecteurs. Ceux-ci sont davantage influencés par l'avis de quelqu'un "comme eux" que par la publicité bête et méchante. C'est le serpent qui se mord la queue : une mécanique que les commentaires peuvent ou non amplifier.

Les statistiques de 2011 de la société invesp sur l'infographie montrent des chiffres intéressants (et sur l'ensemble de la sphère internet). On apprend ainsi que s'il y a 164 millions de blogs recensés dans le monde, seul 11% des blogueurs tirent leurs principaux revenus de leurs blogs. C'est à dire qu'un certains nombre en tire des ressources, mais pas suffisamment pour en vivre.

Pour beaucoup, la blogosphère est un marché qu'il faut conquérir. Les profits peuvent être de plus en plus intéressants et on nomme "blogueur professionnel" celui qui parvient à en vivre. C'est aussi le cas en France, pas seulement dans la sphère anglophone (qui est très majoritaire). Une étude du 11 juillet 2013 apporte un éclairage intéressant, démontrant l'intérêt des "consommateurs" (et non plus des "lecteurs") pour les blogs ainsi que celui des marques. Les blogs semblent être une nouvelle passerelle entre ces deux univers. De plus une enquête sur la blogosphère allemande montre que si la « monétisation » du blog n'était pas l'objectif premier, elle devient très vite largement majoritaire parmi les blogueurs (71%).

En France, un papier d'Olivier Roland nous explique plus en détail qui sont les blogueurs gagnant vraiment de l'argent pour combien d'heures de travail par semaine. Lui-même révèle un chiffre d'affaire de 14000 euros par mois. Il s'agit surtout de marketing, entrepreneuriat et de séduction. Mais l'auteur du papier à lui-même un blog littéraire qui fonctionne très bien.

Toute la question des dernières années est l'évolution du blog avec la mainmise des nouveaux médias sociaux tels que Facebook, Twitter et Google +. Le rythme change, devient plus rapide, plus concis mais la blogosphère fait plus qu'y résister. Elle y gagne. Bien souvent, cela lui permet de booster ses visites et ses commentaires, notamment par l'intermédiaire de nouvelles fonctions comme la possibilité de poster un commentaire sur un blog directement avec son compte Facebook. Une aubaine pour les marques qui peuvent directement "cibler" les dits commentateurs.

2.1.3 L'envie d'influencer les autres

L'argent n'est pas le seul moteur, loin de là. Comme vu précédemment, ce n'est pas la raison première pour commencer un blog. Non, les blogueurs se lancent dans l'aventure dans l'espoir de devenir populaires, c'est à dire d'impacter un maximum de personnes. Donner son avis c'est bien, mais être écouté et pris au sérieux c'est encore mieux. Pouvoir influencer les gens, les convaincre de notre point de vue, c'est quand même très agréable, une forme de pouvoir accessible et bien réelle. Évidemment, les commentaires ont ici un rôle important, car plus on est commenté, plus on influence de gens qui eux-mêmes en influenceront d'autres. Soit à venir suivre le blog, soit directement en lui conseillant tel ou tel produit.

Il faut avant tout savoir que les blogs ont beaucoup d'influence sur la toile, particulièrement sur les consommateurs. En effet, ils font davantage confiance à ce "bouche à oreille" numérique qu'aux réseaux sociaux et ce encore aujourd'hui. Même si derrières les sites de ventes en ligne et les sites des marques, les blogs sont en troisième position notamment car les blogueurs sont largement considérés comme des gens "comme nous", sincères et honnêtes lorsqu'ils donnent leurs avis sur un produit. Cela les rend crédibles et leur donne une véritable influence sur les internautes. C'est donc par "la confiance que naît l'influence". Mais c'est aussi parce qu'ils sont (ou sont considérés) comme experts dans leur domaine.

Déjà on conseille les marques sur leur manière d'interagir avec les blogueurs: ce qu'il faut faire, ce qu'il ne faut pas faire, qui contacter et pourquoi. Les blogueurs sont vus comme des web-marketings et de grands « influenceurs ». Dans le domaine du vin par exemple, ils sont devenus tellement influents qu'ils passent à la télévision pour donner leur avis, sur France 2 ou sur LCI par exemple.  Dès 2011, l'agence de presse Reuters (Canada) mettait le doigt sur le phénomène qu'était (et qui est toujours) cette influence grandissante.

Preuve de l'importance de cette donnée, c'est l'apparition sur le web de techniques pour mesurer l'influence d'un blog. Une manière pour le blogueur de savoir où il en est, ou pour la marque de jauger un éventuel partenaire.

Cependant cette influence peut être dangereuse, car elle n'est pas sans rapport avec notre point précédent. Plus on est influent, plus on peut être plébiscité par les marques. Ainsi les blogueurs qui ont toute la confiance de leurs lecteurs peuvent être achetés. Si ce n'est pas une pratique courante, il y a bien eu des cas louches, ce qui pose la question de l'indépendance des blogueurs, de la législation absente en ce qui concerne le blog mais aussi de la confiance qui est la clef -avons-nous dit plus tôt- de cette influence. Il n'y a pas meilleur moyen de "tuer" un blogueur que d'en faire un "acheté". Dès lors, comment croire une accusation ? Mais d'un autre côté, comment faire confiance à un blogueur qui conseille un produit tout en sachant cela ? C'est peut-être pour cette raison que plutôt que les blogueurs "stars" ce sont surtout les plus petites communautés et les blogueurs les plus anonymes qui, paradoxalement, sont les plus influents.

2.2 … Et les commentaires nécessitent un blog

2.2.1 Pour s'exprimer, donner son avis

Les gens ont un avis sur tout, mais ils n'ont guère l'occasion de le donner, particulièrement dans la vie réelle. Soit par peur de ce que les gens en penseront (l'anonymat -quoique relatif- sur internet est donc très utile), soit parce que ça n'intéresse personne (le web permet de trouver des personnes ayant les même centres d'intérêts), ou encore parce qu'ils sont timides (il est plus facile de traiter avec les autres par écran interposé que face à face). Le blog n'est donc pas apparu par hasard, il répond à un besoin de l'être humain de communiquer avec les autres et ce de manière peut-être plus facile qu'IRL (« in real life »). Sans compter que les blogueurs comme les commentateurs peuvent toucher plus de monde en utilisant cet outil. Leur opinion a donc plus d'importance car elle est potentiellement plus influente. Certes, il existait déjà, avant internet, des moyens de diffusion à grande échelle, tel que la télévision, la radio ou la presse, mais ils étaient (et sont toujours) réservés aux professionnels. C'est là la grande différence avec la Toile : tout le monde peut y accéder, tout le monde peut créer son blog, tout le monde peut les commenter, monnayant une connexion internet évidemment (mais celle-ci tend à sa généraliser en France).

Il existe bien des moyens de communiquer sur internet. Avec les blogs, il y a bien sûr les commentaires, mais pas seulement. Certains blogueurs ont en effet fermé l'application permettant de commenter à cause des débordements (allant des insultes au spam en passant par le troll) ; ils privilégient ainsi un contact plus direct à travers le MP (message privé) ou le mail. L'autre moyen est de répondre à un billet par un autre billet. C'est à dire qu'un blogueur donne son avis sur un sujet et qu'un autre donne à son tour son avis sur ce sujet. Quant aux commentaires, il existe des chartes (elles varient un peu suivant les hébergeurs) qui les régulent. Mais cela pousse le blogueur à être attentif à ce qui se dit, de manière à pouvoir sanctionner tout débordement.

Donner son avis, c'est aussi un métier, celui de consultant. Dans ce billet de Gilles Martin, on apprends ce dont a besoin un consultant pour bien réussir dans son travail: un comportement respectueux et qui inspire la confiance. On retrouve ce même besoin dans les blogs et leurs commentaires ; pour être écouté, le blogueur a besoin que ses lecteurs se sentent en confiance, entendus et respectés. De la même manière, les commentateurs recherchent eux aussi cette attitude, pour que leurs avis aient plus de poids.

2.2.2 Pour créer des liens avec autrui

La Toile n'est pas seulement un outil de communication, c'est un lieu à part entière, où se retrouvent toutes sortes de gens, de la même manière que dans un parc - en beaucoup plus vaste. Cependant ce lieu est virtuel, ce qui implique que les rencontres se font à partir d'avatars (allant du simple pseudonyme à la matérialisation d'un corps modélisé en 3D) et souvent sous couvert d'anonymat. Cela peut être le prolongement de votre vie réelle, comme une toute autre vie, fabriquée de toutes pièces ou correspondant à une facette de votre personnalité que vous ne montrez pas au grand jour. Ainsi, c'est le lieu idéal pour les personnes ayant des problèmes (physiques ou psychologiques) ou qui tout simplement se sentent un peu seules. Mais pas seulement, car si vous êtes passionné d'un sujet et que vous êtes bien l'unique dans votre entourage, alors internet vous permet de trouver dans le monde entier des personnes partageant cette même passion.

Un blog réunit un certain nombres de personnes autour d'un même thème, d'un même sujet. Il leur permet de partager des idées et de faire, au fur et à mesure, plus ample connaissance. Cette plate-forme réussit à connecter des personnes vivant à des kilomètres les unes des autres. A cela s'ajoute le fait que le blog (et donc le blogueur) lui-même est connecté à d'autres blogs (ses amis), permettant à leurs visiteurs respectifs d'aller facilement de l'un à l'autre. A travers ces fils liés les uns aux autres se dessine une gigantesque toile d'araignée: la blogosphère, elle-même partie intégrante d'une toile plus grande encore : Internet (la « Toile » en français).

Ces liens tissés avec autrui, de blogueur à lecteur, de commentateur à blogueur, de commentateur à commentateur, de blogueur à blogueur, prennent parfois de l'importance. Il faut dire que le blog nécessite beaucoup de travail et un investissement constant, sans cela il périclite. Toutes ses heures passées sur internet permettent de créer des relations suffisamment fortes pour qu'elles deviennent plus réelles. C'est ce que l'on appelle les rencontres IRL. A noter qu'elle ne sont pas l'apanage des blogs, il en existent aussi sur les forums et toutes autres plate-formes permettant de rencontrer autrui. Mais en l’occurrence et pour ce qui est de la blogosphère, cela se fait aussi, notamment entre blogueurs et de manière plus « officielle » comme à l'imaginaire de Sèvres en décembre 2009.

2.2.3 Pour faire de la publicité

Nous avons vu précédemment qu'autour du blog se formait une communauté d'internautes unis autour de certains centres d'intérêts. Le démarchage ciblé est l'un des moyens publicitaires les plus rentables qui soit. En effet, une publicité sur un thème spécifique dans un espace qui en discute a beaucoup plus de chances d'être lu et d'être suivie qu'une publicité classique. C'est d'autant plus vrai que les logiciels bloquant la publicité sont de plus en plus utilisés. Ainsi, il est dans l'intérêt des publicitaires que de s'allier aux blogueurs, lesquels les mettent dans leurs partenaires. Ce faisant, le blog gagne de l'argent et la publicité dispose d'un espace particulièrement attractif pour évoluer.

Voilà pour ce qui est de la publicité traditionnelle, fonctionnant entre le blogueur et la marque. Mais si les commentateurs eux-mêmes ont besoin des blogs pour faire de la pub c'est aussi pour profiter de cet espace particulier, de manière plus officieuse. Les commentateurs font ainsi leur propre publicité, c'est à dire qu'ils se servent des blogs d'autrui pour faire la publicité de leur blog personnel. Au départ il fallait simplement poster le lien, mais ce genre de commentaires étant considéré comme du spam, la technique est aujourd'hui plus complexe. Il s'agit dans un premier temps de commenter véritablement (avec nom et prénom) de manière à passer pour un interlocuteur crédible. Puis lorsque la confiance est bien là, on en revient au système de backlink.

Mais est-ce bien efficace ? Eh bien pas dans le sens qu'on imagine. Les lecteurs ne cliquent pratiquement jamais sur ces liens dans les commentaires. Là n'est donc pas le but recherché. Non, tout l'intérêt du processus est de les accumuler. Ce faisant, votre blog monte dans les moteurs de recherche car l’algorithme les prend en compte. Ainsi, obtenir des backlinks est absolument essentiel au développement de votre blog. Vous commentez ailleurs pour améliorer la visibilité de votre blog, tandis que d'autres commentent chez vous pour améliorer la leur. C'est le serpent qui se mord la queue. L'interdépendance entre les deux est ici criante.

3 Quel impact à cette relation ?

La relation entre les blogs et les commentaires, étroitement liés, donne naissance à deux différents impacts: les positifs et les négatifs.

3.1 Un impact positif

Les impacts positifs, bien que peu nombreux, sont tout de même ceux qui restent en mémoire. En effet, la solidarité est l'un de ces points forts. Il y a solidarité lors de nombreux cas: le soutien de causes importantes, la mort d'un illustre personnage, les anniversaires commémoratifs, etc. Même si les informations n'ont pas émané d'un blog à proprement parler, les aides apportées pour l'enterrement de ce soldat de la Première guerre mondiale, mort récemment, ont été massives et rapides. L'information, relayée surtout par les réseaux sociaux, a offert à ce soldat britannique, une cérémonie en bonne et due forme.

Les commentaires ont aussi d'autres intérêts. En général, ils sont représentatifs d'un certain pouvoir: celui de donner son avis à une large échelle. Cet avis sera jugé bon ou mauvais par les différents internautes. Alors le retour d'un avis est de mise pour nouer des liens avec des gens (il sera plus facile de trouver des gens favorables à ses opinions que dans la réalité, car, sur une page, les gens sont souvent sur la même longueur d'ondes). Les retours pourront aussi donner lieu à des débats, pour tenter de rallier les autres à leurs convictions. Ils sont également un bon moyen pour aider autrui à se forger une opinion, partielle ou approfondie, sur un sujet ou un produit. En économie, ils permettent ainsi de connaître l'avis de consommateurs sur un ou plusieurs produits. Cela leur permettra d'améliorer leurs produits, pour répondre aux attentes des consommateurs. L'instantanéité est la clé essentielle du commentaire, car on est très vite au courant et l'on peut devenir l'intermédiaire de nouvelles découvertes pour les autres, souvent peu relayées par les médias traditionnels.

Les commentaires peuvent aussi être une source d'avancée dans le monde de la recherche et de la découverte. Par exemple, la revue scientifique Popular Science tend vers cela. Malgré de nuisibles commentaires, les internautes peuvent échanger avec les responsables de la revue, débattre sur de nouvelles idées, de nouvelles découvertes, pour faire avancer le bien commun. Pour cela, ils proposent toutes sortes de moyens, différents du commentaire. Récemment, ils ont décidé de désactiver leurs commentaire, à cause du spam, des trolls et de différentes autres raisons, allant au devant de leurs recherches. Tous leurs moyens, excepté le commentaire, doivent permettre au public de conserver la curiosité scientifique. Aussi, Suzanne LaBarre s'exprime ainsi: “Don't do it for us. Do it for science.” (“Ne le faites pas pour nous. Faites-le pour la science.”).

Les impacts positifs peuvent aussi se matérialiser par une volonté d'exister. Exister virtuellement est souvent une arme solide contre la timidité, car l'on n'est pas jugé sur son physique derrière un écran. Ainsi, la liberté d'expression, parfois restreinte selon le langage utilisé, traduit toute idée, toute pensée, bonne ou mauvaise, bien ou mal intentionnée, pour exister aux yeux du monde. Aussi, la plupart des blogs Skyrock, par exemple, sont souvent la description de détails, plus ou moins intéressants, de la vie d'une personne. Hormis le plat préféré ou la couleur d'une tenue de soirée, une personne rythme son blog par ce qui la rend vivante: l'entourage, les études, les activités, etc. C'est une marque indélébile (car "Internet n'oublie jamais") d'un passage sur Terre, une entrée relative à la postérité. Mais cette vie, ce bonheur virtuel doivent aussi être un bon reflet (parfois narcissique) de la personne, aussi important que la vie réelle. Et leur monde existe d'autant plus que les gens y attachent une certaine importance. Alors la présence des commentaires a un rôle décisif dans le sentiment d'existence du blogueur.

Cependant, la relation blog-commentaire est aussi touchée par de nombreux impacts négatifs.

3.2 Un impact négatif

Les blogs sont le "lieu" de nombreux enjeux (commerciaux, humains, etc.), où s'expriment toutes les opinions. Les enjeux commerciaux se matérialisent sous forme de bannières publicitaires, de la plus conventionnelle à la plus malsaine. Toutes les publicités sont présentes pour toucher la plus large clientèle, car “si c'est gratuit, c'est que vous êtes le produit.”

L'un des autres impacts négatifs: les commentaires, d'où émane la violence. Le « troll » est l'une de ses incarnations . Sous forme de commentaires répétitifs, le troll ne se repaîtra et jouira que de votre plus violent agacement. D'où l'expression « Don't feed the troll. (« Ne nourris pas le troll »). » La violence s'incarne également sous forme de commentaires, d'une violence effarante. La colère et la haine s'y traduisent souvent. Si le commentaire est l'expression de soi, la volonté de protéger un être, un bien, il est surtout un exutoire de toutes les passions humaines, bonnes et/ou mauvaises.

Les impacts négatifs de commentaires se font même sentir parmi les revues les plus illustres. La revue Popular Science a communiqué, il y a peu, sous forme d'un article, l'impossibilité permanente de commenter leurs publications. Les raisons sont multiples et explicites: les “trolls” et les “spams”. Aujourd'hui identifiés grâce à une enquête de la revue, cette minorité, nuisible, leur a fait courber l'échine: “you start to see why we feel compelled to hit the “off” switch” (“vous commencez à comprendre pourquoi nous avons été contraints d'appuyer sur le bouton “off””). En effet, toujours plus nombreux, ils ont envahi l'espace public de la revue, en insultant à tout va les internautes les plus sérieux, lors de discussions, de débats. Certains spams, souvent considérés comme du harcèlement, étaient même des canulars, crédibles pendant un long moment. Tout cela, bien sûr, entraîne de graves conséquences: la stagnation de la réflexion scientifique (“diminishing our ability”, “diminuant notre capacité”) ou l'arrêt temporaire, voire définitif de certains financements, publics et/ou privés (par le public ou des mécènes). Ainsi, la minorité influence la majorité. Les internautes retiennent plus facilement les commentaires négatifs. Alors les opinions se font partiellement et à tort: “commenters shape public opinion ; public opinion shapes public policy ; public policy shapes how and whether and what research gets funded” (“les commentaires forment l'opinion publique ; l'opinion publique forme la politique publique ; la politique publique forme la façon, la condition des fonds de recherches”). Heureusement, la revue a trouvé d'autres moyens de communication, pour continuer d'émanciper la recherche scientifique: “Twitter, facebook, Google +, Pinterest, livechats, email and more”. De plus, Suzanne LaBarre, auteur de l'article-annonce, conclue ainsi: “We hope you'll chime in with your brightest thoughts. Don't do it for us. Do it for science.” (“Nous espérons que vous interviendrez avec vos plus brillantes idées. Ne le faites pas pour nous. Faites le pour la science.”).

Enfin, le commentaire, plus que le blog, peut être, hélas, utilisé pour nuire à autrui, de manière extrême. La toile est un monde dangereux pour les fragiles adolescents. Après des harcèlements quotidiens, martelés par une violence inouïe, certains, déjà instables, finissent par se donner la mort. C'est le cas de jeunes anglais ou de la jeune Marion, âgée de 13 ans. Ces jeunes britanniques, "harcelés à mort ("troll to death")", ont été retrouvés pendus. Ils ont été victimes de harcèlements moraux, par le biais du site Ask.fm, ce qui a provoqué la polémique (cf. une du Daily Mail, datant du 7 aout 2013) Or, dans un but, aussi solidaire que préventif, certains parents ou des internautes anonymes créent des blogs pour témoigner leur compassion aux familles mutilées par ces pertes. C'est, par exemple, le cas de Marie Roca, auteur d'un blog, qui décrivait ce qu'avait enduré la jeune Marion, retrouvée pendue, tout en concluant par un avertissement aux autres jeunes adolescents, qui fréquentent des sites, à l'insu de leur sensibilité. Des vidéos, retraçant les derniers actes d'un suicidaire, sont également là en tant que témoins. Les polémiques de harcèlements donnent parfois lieu à des prises de conscience du public, même si cela reste un cas rare.

Finalement, la relation d'interdépendance entre blogs et commentaires ne tendrait-elle pas à s'équilibrer ? Si ces conséquences négatives peuvent être irréversibles et affligeantes, ils restent une part assez faible de tous les effets possibles à cette entreprise. Les blogs peuvent être un formidable outil de communication si l'on apprend à s'en servir intelligemment, et que l'on garde une certaine distance avec cet outil. Le danger qu'il peut représenter ne doit pas être négligé, mais en définitive chacun l'utilise comme il veut, chacun le perçoit à sa guise.

Bibliographie :

  • Ertzscheid, O. (2008). Créer, trouver et exploiter les blogs. (1ère éd.). Paris : ADBS Editions.

Webographie :

  • Decoeur, P. (2013). 15 méthodes infaillibles pour plus de commentaires sur votre blog. En ligne : http://www.succes-marketing.com, consulté le 15/11/13
  • Desperriers, F. (2012). Les blogs de vin gagnent en influence à la télévision: LCI consacre son magazine sur le web à la « glouglousphère ». En ligne : http://www.bourgogne-live.com , consulté le 05/12/13
  • Jarvis, J. (2013). The problem with comments isn't them. En ligne : http://buzzmachine.com/, consulté le 16/11/2013
  • Klingbeil, D. (2011). 10 méthodes pour évaluer l’influence et le trafic d’un blog. En ligne : http://www.webandluxe.com , consulté le 25/10/13
  • LaBarre, S. (2013). Why We're Shutting Our Comments. En ligne : http://www.popsci.com , consulté le 22/11/2013
  • Lathuillière, M. (2012). Commentaires sur internet: la lutte contre les faux commentaires se précise . En ligne : http://www.latribune.fr , consulté le 18/10/2013.
  • Le Guilcher, G. (2011). Comment des entreprises françaises fabriquent et vendent de faux avis sur le Net. En ligne : http://www.lesinrocks.com , consulté le 21/10/13
  • Mazenod, B. (2007). Êtes-vous prêt à acheter des commentaires pour votre blog ?. En ligne : http://www.kickandblog.com , consulté le 23/10/13
  • Neveux, J. (2013). Commentaires sur le net: expression démocratique ou tyrannie de l'opinion? . En ligne : http://www.huffingtonpost.fr , consulté le 14/10/2013.
  • Nguessan, N. (2013). Google : Attention aux backlinks dans les commentaires sur les blogs. En ligne : http://www.arobasenet.com , consulté le 24/10/13
  • Rowse, D. (2007). 23 Ideas for Finding New Readers for Your Blog. En ligne : http://www.problogger.net , consulté le 21/10/13
 

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