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Synthèses rédigées par les étudiants du cours de Culture numérique

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La musique en streaming

Enjeux et impacts sur la société et l'industrie musicale

Amélie Bas, Samantha Caruel, Marie Godey (Master 1 MEEF - Documentation)
La présente étude se chargera de montrer ce qu'est précisément le streaming de musique, ainsi que les impacts que celui-ci a sur toute l'industrie musicale et sur notre société actuelle. Elle décrira d'abord les évolutions du streaming, de ses débuts à aujourd'hui en passant par la fermeture de Megaupload : de simple diffusion de contenus en ligne, le streaming a fini, au milieu des années 2000, par se populariser au point de mettre à mal l'industrie du disque. Puis, dans un second temps, elle s'attardera sur les offres commerciales qui s'engagent à rémunérer les auteurs et ayants-droits tout en protégeant leurs statuts respectifs. Pour conclure, l'étude se penchera sur les différents enjeux du streaming de musique, dans le cadre technique, économique, juridique et sociétal.
(déposé le 2013-12-10 10:52:04)

          La musique en streaming : enjeux et impacts sur la société et l'industrie musicale.

         Parler de ce qu'est le streaming nécessite tout d'abord de faire une distinction entre streaming et téléchargement. Ce dernier correspond à la copie d'un fichier sur l'ordinateur de l'utilisateur. En revanche, le streaming définit la diffusion de contenus : seule la partie demandée est transférée.

Le streaming en image

Le streaming en image

Cette image représente les différentes étapes pour obtenir une musique en streaming.

           En théorie, il devrait être impossible de stocker une copie du contenu disponible en streaming, mais la frontière entre les deux termes est mince et souvent on passe du streaming au téléchargement. Le streaming, ainsi que le téléchargement, ont réussi à s'imposer dans les pratiques usuelles des internautes, et surtout en ce qui concerne l'écoute.

           Cependant, l'avènement de l'écoute de musique en streaming est encore un phénomène nouveau. Nous allons nous efforcer de voir dans la présente analyse en nous demandant dans quelles mesures écouter de la musique en streaming peut influencer la société d'aujourd'hui.

           Pour tenter de répondre à cette question, nous allons tout d'abord étudier, sous forme d'un simple constat, la place prise par le streaming dans notre société. Ensuite, nous allons nous pencher sur les différentes pratiques légales d'écoute de contenus en streaming qui existent avant de voir quels sont les enjeux soulevés par cette nouvelle approche de la musique

Netflix Quick Guide : What Is Streaming And Why Is It Better ?
Netflix Quick Guide : What Is Streaming And Why Is It Better ? (Vidéo)

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L'intervenant explique ce qu'est le streaming en insistant sur la possibilté de partager un même contenu sur plusieurs appareils via le Cloud
Netflix
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I ] Constats.

            1) Démocratisation du streaming.

           Avant de commencer à étudier les divers impacts du streaming, il convient tout d'abord de se pencher un peu sur ses évolutions depuis sa création.

           L'histoire du streaming est également celle du partage en ligne de vidéos. En tenant compte des limitations techniques des machines des années 1990, de la faible puissance du réseau Internet et du coût élevé que représentait une telle connexion, il était impossible de mettre en ligne et de télécharger un fichier multimédia. Au milieu des années 1990 cependant, on a essayé d'utiliser les techniques traditionnelles de téléchargement, mais l'opération restait des plus compliquées et on ne pouvait pas voir la vidéo avant qu'elle ne soit entièrement téléchargée.

           En ce qui concerne la musique, des offres proches du streaming ont commencé à émerger entre 1995 et 1997. C'est en 1995 que RealAudio met à la disposition des usagers pour la première fois de la musique en streaming, fonctionnant exactement de la même manière que pour les vidéos. La première version du logiciel ne permet que d'envoyer de simples données en streaming tandis que RealPlayer SP, le dernier logiciel de RealAudio, rend également possible le téléchargement des dites données.

            Ce n'est que pendant les années 2000 que l'on va réellement commencer à parler de streaming, mais le terme n'existe pas encore. Ne serait-ce qu'en France, on constate à cette époque une explosion des connexions ADSL, beaucoup plus rapides : les abonnements à Internet sont moins coûteux et les machines plus puissantes. Émerge une nouvelle forme de diffusion des contenus en ligne très proche du streaming permettant de profiter des fichiers avant qu'ils ne soient complètement téléchargés. On parle alors de Progressive download mechanisms.  

            C'est véritablement entre 2004 et 2005 que le terme de streaming va être utilisé, à une époque où les usagers ne pouvaient plus se satisfaire du simple partage de fichiers permis par ces Progressive download mechanisms. Les techniques permettent désormais une diffusion encore plus rapide et efficace des contenus. On parle désormais de Streaming approach. Désormais, les vidéos ne sont plus les seules concernées par le phénomène : le streaming donne un accès quasiment immédiat et en temps réel à n'importe quel type de fichier audio et/ou vidéo via Internet ou un réseau intranet. Il utilise les mêmes procédés que les Progressive download mechanisms en permettant d'accéder aux fichiers sans attendre leur téléchargement entier. Et il ne laisse aucune copie en cache sur l'appareil. Encore faut-il un logiciel adapté, installé sur le terminal multimédia de l'usager, pour pouvoir lire le fichier[1].

            Le problème de la compatibilité entre logiciels et terminaux n'est cependant pas ce qui va arrêter le streaming de s'étendre à l'ensemble de notre société, bien au contraire, puisque les logiciels ne sont pas difficiles à retrouver et à télécharger sur Internet. Leur coût est de plus bien moins élevé que celui d'un lecteur CD ou tout autre dispositif permettant de lire de la musique. Des dispositifs chers, mais en plus difficiles à trouver, si ce n'est dans les ordinateurs  ou les autoradios.

            Des voix s'élèvent contre le streaming du fait de son fort impact sur l'industrie du disque. C'est ce que nous allons désormais étudier.

            2) Constat à travers quelques chiffres.

           Depuis quelques années, le marché de la musique a considérablement baissé. La population achète de moins en moins de CD (en France, en 2012, 42% des Français n'achètent pas de CD, et 90% en achètent moins de 5 par an), leur prix a d'ailleurs particulièrement été réduit : le coût d'un album au format CD est en effet plus élevé qu'au format MP3 sur Internet, et les usagers préfèrent de ce fait se tourner vers les solutions les moins chères. En effet, avant les films et les séries, c'est la musique qui est le contenu le plus écouté sur Internet[2]. Ceci s'explique entre autre par une forte évolution de l'utilisation du numérique et du streaming. En effet, les revenus mondiaux du streaming ont évolué de 55% en 2012, ce qui représente 1/5 du chiffre d'affaires du numérique mondial. Le streaming constitue ainsi 1/3 des revenus numériques mondiaux. En France, la part du numérique hausse de 13% en 2012 alors que la vente d'albums baisse de 10,5%. Il va sans dire que la place occupée par le streaming est de plus en plus importante au fil des ans dans le cadre de l'industrie musicale. Inutile de préciser qu'entre les différentes plates-formes de musique en streaming, telles Deezer et YouTube, la concurrence se développe, en témoignent les revenus de ces deux compagnies qui se sont quelque peu amoindris au bénéfice d'autres services similaires comme Spotify[3].

            Mais, dans l'industrie du streaming, il n'y a pas uniquement que des offres légales, bien au contraire. Comme pour n'importe quelle industrie, des services illégaux apparaissent sur la Toile, certains pouvant même engranger des revenus plus élevés que les services légaux sans proposer de téléchargements payants ! C'est le cas de la plate-forme la plus connue dans ce domaine : Megaupload.

            3) Megaupload : un tournant dans le téléchargement.

            Megaupload, fondé en 2005 par l'Allemand Kim Schmitz (dit Kim Dotcom), était un site permettant d'accéder en streaming à plusieurs types de contenus multimédia comme des séries télé, des films mais aussi de la musique : certains de ces fichiers pouvaient être disponibles en téléchargement.  

            Mais, le 19 janvier 2012, la justice américaine a décidé de fermer le site, dénonçant l'illégalité des moyens qu'il utilisait. Depuis sa fermeture, environ 1/3 du trafic sur Internet aurait purement et simplement disparu dans certains pays, ce qui montre l'importance occupée par le site dans le cyberespace mondial. En revanche, d'autres lieux de téléchargement et de streaming, notamment les VOD légales, se sont retrouvés considérablement dynamisés.  

           Quatre projets de lois revendiquant un meilleur contrôle des flux de streaming sur Internet ont contribué à la fermeture de Megaupload : PIPA (Protect IP Act) et SOPA (Stop Online Piracy Act) pour les États-Unis, ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement) et HADOPI (Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet) en Europe. Bien que perçus comme une répression des libertés sur Internet, ces projets n'interdisent pourtant pas le streaming en lui-même, mais condamnent les éventuels contenus illicites et les personnes les mettant à disposition. Cependant, il n'est pas question de punir le spectateur[4].

         La fermeture de Megaupload a fortement influencé les habitudes des internautes concernant l'écoute, la diffusion de contenus en streaming, mais aussi le téléchargement des dits contenus.

           Une étude Ifop menée en 2012 sur « 1249 personnes représentatives de la population des internautes français »[5] rapporte que, depuis la fermeture de Megaupload,  48% des pirates cessent de télécharger », mais ce pourcentage indique en réalité que les « usages de téléchargement illégal régulier [...] ne changent pas vraiment ». Les internautes se tournent soit vers les offres légales, soit vers d'autres solutions qui, elles, ne relèvent pas vraiment de la légalité. Toujours d'après cette même enquête Ifop, ils seraient 49% des personnes sondées à déclarer de tels propos. Parmi ces solutions illégales, les services de Peer to Peer comme eMule ou BitTorrent, ou le partage de fichiers dans un cercle beaucoup plus restreint d'internautes.

            Si les internautes ont quelques problèmes à rester dans la légalité, c'est pour une simple et bonne raison, qui avait fait tout le succès de Megaupload : la gratuité de l'offre. La plupart des offres légales présentes sur le marché nécessitent un paiement de la part de l'usager pour profiter pleinement du service en question[6].

            Vouloir à tout prix fermer tous les sites de diffusion illicites de contenus en streaming n'est pas la meilleure solution puisque les internautes arriveront toujours à trouver un moyen pour contourner les lois les obligeant à payer pour bénéficier du contenu en question. Ce qu'il faudrait faire, ce serait, comme le souligne l'enquête Ifop[7], de « rendre attractive» l'offre légale pour petit à petit inciter les internautes à se tourner vers elle et ainsi ralentir la circulation illégale de données en streaming.

II ] Vers une pratique légalisée du streaming musical

            1) Émergence d'offres légales.

            Afin de contrer les différentes offres illégales, les usagers ont vu fleurir des offres légales de téléchargement de musique. En effet, de nombreux sites proposant d’écouter de la musique en ligne se sont développés. Il en est de même pour l’apparition d’offre d’achat de musique numérique. Nous pouvons constater que le téléchargement de musique en toute légalité correspond en fait à l’arrivée de propositions commerciales donc payantes. Il est nécessaire de ne pas confondre les deux car gratuit ne signifie pas illégal comme nous le verrons pour l’offre de Deezer, par exemple. Il est toutefois intéressant de voir comment les offres payantes se présentent comme les seules alternatives à l’illégalité.

            Depuis les années 2000, nos habitudes numériques ont beaucoup évolué. L’émergence du podcast, de la musique en streaming ainsi que le développement du téléchargement en sont quelques exemples. Nous allons présenter trois des services de musique en ligne les plus connus : Spotify, iTunes et Deezer.

Logo Deezer

Logo Deezer

Logo de la plate-forme Deezer
Deezer
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Source : www.deezer.com
 

            Deezer, service développé en France en 2007, propose d’écouter de la musique en ligne en toute légalité.

Pub TV - Musique illimitée sur votre mobile - Deezer
Pub TV - Musique illimitée sur votre mobile - Deezer (Vidéo)

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Publicité qui vante les mérites de Deezer.
Deezer
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Son offre repose sur l’achat des catalogues des quatre principaux labels de musique ainsi que de 2000 labels indépendants, ce qui représente 25 millions de titres. En 2011, Deezer et son offre freemium s’exportent vers l’international. Sa version gratuite reste cependant très limitée : Discovery permet de découvrir Deezer gratuitement et en illimité pendant six mois. Après ce délai, l'usager est limité à 10 heures par mois. Aujourd’hui, il est présent dans plus de 200 pays (hors États-Unis où Pandora reste le leader du marché) soit 6 millions de visiteurs par mois et 2 millions d’abonnés.

           Spotify, logiciel créé en Suède, a été développé en 2006 puis mis à disposition du public en 2008.

Logo Spotify

Logo Spotify

Logo de la plate-forme Spotify
Wikimediacommon
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Ce service de musique en ligne par internet est légal et autofinancé par la publicité. Après s'être abonné, l'usager peut écouter de manière illimitée et ce, gratuitement de la musique. L'utilisateur se construit, par l'intermédiaire de la barre de recherche et à travers près de vingt millions de chansons, sa propre liste d'écoute. Il peut également consulter et partager les « playlists » des autres utilisateurs de Spotify. Dans ce logiciel se trouve aussi un service de radio, au cas où l'utilisateur ne saurait pas quelle musique écouter : cela permet ainsi de découvrir des nouveautés. Pour un plus grand nombre d'usagers, Spotify met en avant diverses fonctions : le fait qu'il peut être utilisé sur divers supports (ordinateur, mobile, tablette ou encore home cinéma), pouvoir écouter sa musique sans avoir besoin de connexion par exemple[8].

           iTunes est un service créé en 2001 aux États-Unis, mais les toutes premières versions remontent à 1998. Il s'agissait à l'origine d'un simple lecteur de musique : aujourd'hui, l'iTunes Store, qui y est directement relié, permet d'avoir accès en streaming à de la musique via iTunes Radio (qui se veut un agglomérateur de webradios), mais aussi d'acheter de la musique, des séries télé, des films et autres contenus multimédia.

           iTunes Radio est lancé en 2013. Le service, pour se financer, insère des publicités pendant l'écoute des chansons en streaming. Le service analyse la musique téléchargée et écoutée et en propose d'autres en écoute gratuite inspirée de nos goûts musicaux. Pour le moment, il faut avoir un compte iTunes américain pour l'utiliser[9].

           L’offre autour de la musique en ligne est toutefois conséquente et ne cesse de se développer. Certains se démarquent de par leur interface, la diversité de leur offre ou encore un accès depuis un mobile. Cependant l’offre est vaste. A ces services nous pouvons ajouter : Grooveshark, Last.fm, Zune Pass, Napster, Google Play Access, Xbox Music, Rara.com, Ubuweb et bien d’autres. Divers articles en proposent une comparaison notamment celui écrit par Gianni Sibilla[10] et celui de Alexandre Jourdain[11].

            2) Diverses propositions pour les usagers.

            Depuis le début des années 2000, nous observons une croissance d’offres légalisées proposées aux usagers. En effet, de nombreux sites proposent d’acheter des titres à l’unité ainsi que des albums par exemple iTunes, Fnac.com, Amazon.com, Virgin.com, Google Play Music. De même, certains sites commerciaux proposent de fournir gratuitement une version numérique pour tout achat d’un album physique. C’est une offre qui s’est développée notamment sur Fnac.com et sur Amazon.com notons que ce dernier propose également d’acheter directement un album moins cher en version numérique.

           Afin d'accroître son nombre d'utilisateurs, Spotify a mis en place une technique   spécifique proposant d'intégrer son lecteur audio à d'autres sites partenaires tels que Vogue ou Tumblr. Ainsi, les usagers pourront s'abonner sans pour autant quitter le site qu'ils étaient en train de regarder[12]. De plus, Spotify propose des abonnements particulièrement intéressants pour leurs futurs utilisateurs. En effet, sur son site, le logiciel présente trois offres : un service gratuit avec publicité, un autre illimité payant, et le dernier est le premium payant sans publicité. Par ailleurs, un usager a un délai de 14 jours pour se désister si l'abonnement ne lui convient pas[13]

           Deezer, quant à lui, propose également trois formes de services : le gratuit, Deezer Premium et Deezer Premium +. Le service gratuit nécessite de s'inscrire sur le site en créant son compte personnel et de respecter les Conditions Générales d'Utilisation : il permet d'accéder pendant six mois, à partir de la date d'inscription, à l'ensemble des titres proposés par Deezer en illimité, puis à une écoute limitée à dix heures par mois. Deezer Premium donne un accès illimité sans publicités à l'ensemble du site avec une meilleure qualité d'écoute pour un prix estimé à 4,99€ par mois sans engagement. Le dernier service, Deezer Premium +, propose les mêmes fonctionnalités que Deezer Premium avec, en plus, la possibilité d'adjoindre au même compte Deezer trois machines différentes, d'accéder au catalogue musical Premium + ainsi qu'aux différentes playlists présentes sur Deezer, tout en pouvant également écouter ses titres en mode hors-ligne, sans connexion Internet, le tout pour 9,99€ par mois sans engagement[14].

           iTunes Radio ne propose pas encore d'abonnements directs. Les utilisateurs devront s'accoutumer à de la publicité toutes les quinze minutes d'écoute. Cependant, s'ils bénéficient déjà d'un abonnement à un autre service Apple nommé iTunes Match à 24,99€ par mois, il n'y aura aucune publicité. Pour information, iTunes Match permet de stocker l'ensemble de notre musique, qu'il s'agisse de notre bibliothèque iTunes ou d'autres, depuis le service de cloud d'Apple, iCloud[15]

cloud musical

cloud musical

image pour illustrer le cloud (nuage) musical (casque et notes de musique)
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                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          Nous trouvons des offres d'écoute légales et payantes parce qu'elles permettent la rétribution des auteurs. En effet, les abonnements, mais aussi l'achat d'albums ou de morceaux seuls, permettent de rémunérer comme il se doit les artistes, mais aussi les ayants-droits, restant de ce fait tout-à-fait conformes aux lois garantissant la protection des droits de l'auteur sur ses œuvres.

            3) Rémunération des ayants droits.

            La force de ces nouveaux services de musique en ligne repose sur la rémunération des artistes et de l’ensemble des ayants droits soit en partageant les revenus publicitaires (Deezer) soit en utilisant le modèle ARPU (Average Revenue Per User) c’est-à-dire une rémunération des artistes qui s’appuie sur le consentement des consommateurs à payer[16]. Le modèle du cloud diffère : les serveurs streaming comptabilisent les utilisations d’un même document ce qui permet une rétribution proportionnelle à l’usage[17].

            Se pose alors le problème de la rémunération des ayants-droits sur Internet, encore trop assimilé à une zone de non-droit. Comment rémunérer les ayants-droits lorsque des services d'écoute de musique en streaming ne proposent pas de téléchargement payant des morceaux ? Surtout lorsque les droits d'auteur et de copie ne sont pas enfreints et ne nécessite aucune condamnation judiciaire pour faire valoir lesdits droits ?

            C'est le problème que soulevait le site blogmusik.net, ancêtre de Deezer créé en 2006, qui proposait une écoute des morceaux en streaming sans jamais pouvoir télécharger le morceau en question : un tel procédé n'est pas illégal puisqu'il n'enfreint pas le droit de reproduction.   Cependant, si le site a été fermé en 2009 pour être finalement remplacé par Deezer, c'est parce que les auteurs et les ayants-droits n'étaient pas rémunérés !

            Mais alors, qu'est-ce qui rend Deezer différent de son ancêtre, alors que les services qu'ils proposent sont pourtant très similaires ? La réponse est très simple : Deezer rémunère non seulement les ayants-droits à l'aide de la publicité et des abonnements souscrits pas les usagers - comme le font bien d'autres services comme Spotify ou iTunes Radio -, mais a également obtenu les autorisations nécessaires des ayants-droits et des maisons de disques pour mettre à la disposition des internautes les morceaux de son catalogue. La rémunération se fait en effet proportionnellement aux recettes publicitaires engrangées, mais aussi via la vente légale des morceaux du catalogue : en effet, s'il est impossible de télécharger les morceaux de morceaux de musique comme Deezer, en revanche, un lien est toujours présent pour permettre à l'internaute d'acheter légalement le morceau sur iTunes, et donc de rémunérer comme il se doit auteurs et ayants-droits.

            Dans le cadre de l'industrie de la musique, le streaming a contribué à une meilleure diffusion des œuvres musicales : plus simple, plus rapide, proposant une gamme de morceaux plus large pour un coût moins élevé. De tels bouleversements impliquent ainsi de nouveaux enjeux sur lesquels il convient désormais de se pencher.

III ] Enjeux

            1) Techniques.

            La diffusion en ligne de contenu ainsi que leur téléchargement nécessitent de gros investissements d’un point de vue technique. Les firmes doivent être à la pointe des avancées technologiques afin de proposer des services performants, en continu, rapides, avec un contenu de très bonne qualité.

            Tout d’abord, les startups doivent avoir des bureaux au plus près des usagers c’est ce qui s’appelle le Content Delivery Network. Pour ce faire les entreprises doivent donc optimiser l’implantation de leurs plate-formes au biais de partenariats locaux tels que des opérateurs téléphoniques. D’autres pratiques se développent afin d’améliorer l’expérience des utilisateurs telles que l’implantation de « mémoire cache » dans l’ordinateur des usagers afin d’optimiser la transmission des contenus.         


            Dans la même optique, la taille des fichiers tend à être réduite car plus un fichier est léger et plus il est rapide à transmettre. Toutefois, la compression des fichiers impacte directement la qualité des contenus. Avec les avancées technologiques la transmission est de plus en plus rapide et permet d’envoyer instantanément des fichiers lourds : à l’instar de Qobuz, qui a choisi de transmettre des fichiers un peu plus lourd mais avec une qualité CD

L'avant / après 4G vue par Orange & le Studio Bagel-Deezer
L'avant / après 4G vue par Orange & le Studio Bagel-Deezer (Vidéo)

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Vidéo humoristique qui met en avant les différences avant et après 4G pour l'utilisateur.
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            D’autres ont opté pour des solutions différentes. Pour certains, la qualité sonore varie selon l’artefact utilisé (ordinateur, tablette, mobile…) ou encore varie selon votre compte ainsi si vous payez un abonnement, la qualité sera supérieure à ceux qui utilisent un compte gratuit. Chez Apple, la qualité sonore est adaptative et varie en fonction du débit internet de l’usager.
            Les évolutions techniques sont également liées aux pratiques des usagers ainsi plus les possibilités d’interactions sont possibles plus les usagers sont tentés d’opter pour tel ou tel site. Les startups doivent donc proposer sans cesse de nouvelles fonctionnalités par exemple : soundcloud, qui permet de commenter une chanson à un moment précis de l’enregistrement ; shazam : qui permet d’enregistrer un son et d’en retrouver le titre et l’auteur. Nous observons pareillement le développement de greetbeatz qui sont des réenregistrements de musique pour des occasions spéciales (Noël, Saint-Valentin…). Ce sont donc des perspectives d’évolutions techniques à enjeu économique vers lesquelles tendre[18].

            Toutes ces techniques, aussi diverses et multiples soient-elles, ont largement contribué à améliorer l'écoute que l'utilisateur peut avoir d'un contenu musical. À noter que toutes ont également un impact sur l'économie, que nous allons maintenant étudier.

            2) Économiques.

            Le streaming présente un enjeu économique avant tout pour les majors de l’industrie du disque car ce sont elles qui possèdent les plus gros catalogues musicaux. Tout d’abord, les sites proposant un service de streaming ont créé des partenariats avec les principales majors comme le prouve par exemple les sites respectifs de Deezer[19] et de Spotify[20]. Les distributeurs de musique en streaming doivent sans cesse négocier de nouveaux accords avec ces majors afin de pouvoir proposer le plus large panel de musique à leurs abonnés. Nous pouvons évoquer le désaccord entre Deezer et la SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique); ce dernier exprimant sa révolte face aux rémunérations proposées. Depuis, Deezer et Universal ont trouvé un accord stipulant que Deezer devait convertir davantage le nombre de ses abonnés gratuits en abonnés payants. Un autre cas concernant les petits producteurs peut être évoqué : en 2009, les labels indépendants ont adressé une lettre ouverte aux députés : « A place to Be » car les rémunérations étaient jugées ridicules par rapport au nombre d’écoute. Universal a également agit sur ce terrain en imposant une limitation du nombre d’écoute des titres estimant que : « Quand on voit des gens qui écoutent 35 fois la même chanson, vous vous dites qu’au bout d’un moment, le gars, il faut qu’il aille acheter le titre »[21]. Cette vision est largement répandue et correspond à un véritable enjeu ; nous pouvons également étayer notre propos à travers l’exemple d’iTunes Radio. Il s'agit de « diffuser du gratuit pour ramener vers le payant »[22]. Ces publicités vont contribuer à cibler les goûts des consommateurs et les inciter à passer par la plate-forme d'achats iTunes pour acheter la musique qu'ils aiment. Le même site se réfère d'ailleurs à un article paru dans le journal Le Monde en 2013 dans lequel Martin Pyykkonen, membre de Wedge Partners (organisme financier américain), affirme que « les services de streaming proposent la grande majorité de ce qui intéresse les gens mais n'ont pas tout. Certains voudront toujours des morceaux rares[23] ou indisponibles en écoute directe et seront prêts à payer pour ça ».

            Les sites de streaming sont dépendants de ces majors car comme nous l’avons souligné ce sont les partenariats avec celles-ci qui permettent à ces sites de proposer le plus de musiques possibles et par conséquent d’attirer de plus en plus d’abonnés. Il subsiste toutefois des limites à ces systèmes de partenariats car en toute logique lorsqu’un contrat n’est pas reconduit, les abonnés ayant payés ne peuvent plus accéder à la musique du catalogue. De plus, après l’arrivée du Cloud avec les exemples d’Amazon MP3, iTunes ou encore Xbox Music permettant d’accéder aux fichiers stockés et non plus des fichiers possédés, se pose le problème d’objet culturel que l’on recommande mais qu’il n’est plus possible de prêter ni même d’offrir à la différence d’un CD ou d’un livre.

            L’industrie du contenu peut décider de s’opposer ou au contraire de participer à l’émergence des sites de streaming. Bien que les rémunérations perçues par les majors ne soient pas à la hauteur de celles escomptées, elles ont tout intérêt à y participer car cela ne peut qu’attirer de nouveaux acheteurs. En effet, le désir de ne plus télécharger illégalement s’étend. Les sites de streaming permettent de faire découvrir les nouveautés, il est ensuite dans l’intérêt des majors de s’adapter aux nouvelles pratiques des usagers en leur proposant des services personnalisés tels que l’achat à l’unité moins cher, l’album numérique abordable et à un coût moindre par rapport au CD.

            Un autre enjeu du streaming est celui de la portabilité de la musique. En effet, avec l’émergence de nouveaux artefacts mobiles toujours plus puissants, tels que les smartphones, tablettes, mp3 androïdes, les pratiques nomades se développent et sont largement adoptées. Les sites de streaming ont dû s’adapter en proposant des interfaces dédiées aux mobiles, aux tablettes afin de faciliter l’utilisation des usagers et de leur permettre d’accéder n’importe où n’importe quand aux sites de streaming. D’ailleurs, c’est dans cette optique que ce sont développés des partenariats entre les sites et les opérateurs de téléphonie mobile à l’instar de celui entre Deezer et Orange[24]. L’influence des opérateurs téléphoniques dans la musique se vérifie également dans la mise à disposition de l’écoute de compositions de jeunes talents par SFR[25].

            Ces services en ligne ont par ailleurs un impact positif sur d'autres secteurs d'activités. C'est le cas dans la fréquentation des concerts, surtout ceux des stars internationales. En effet, l'artiste met ses musiques en lignes ; l'usager qui les écoute sur Spotify par exemple, aura sûrement envie d'en découvrir plus. Pour cela, il achètera toutes les chansons en ligne et voudra voir l'artiste les chanter, donc l'usager ira au concert.

Acheter de la musique en ligne peut représenter pour certains usagers une contrainte. En effet, il est possible qu'ils n'aient pas envie de payer pour quelque chose qu'ils peuvent avoir gratuitement. Pourtant, ce paiement est nécessaire pour rester conforme à la législation et rémunérer auteurs et ayants-droits tout en protégeant leurs droits respectifs.

            3) Juridiques.

            La diffusion de contenus en streaming pose bien entendu le problème des droits d'auteur : dans quelle mesure ces droits continuent-ils à s'appliquer face à un contenu qui n'est plus qu'un simple signal informatique qui peut être calculé et rediffusé quasiment à l'infini ? En effet, d'après les articles L.22-4 et 335-3 du Code de la Propriété intellectuelle, on ne peut représenter ou reproduire, que ce soit intégralement ou partiellement, le contenu d'une œuvre donnée sans avoir obtenu au préalable le consentement de son auteur, au risque de se rendre coupable du délit de contrefaçon.

            Il faut noter que le principal enjeu posé par le streaming est que certains internautes peuvent y voir un moyen de contourner les lois sur le droit d'auteur : en effet[26], il n'est pas rare que des internautes mettent en ligne des contenus qui, malgré leur statut, n'ont demandé au préalable aucune autorisation de la part de l'auteur : cela relève tout simplement de l'illégalité.

            Il ne faut pas non plus oublier les autres droits très proches du droit d'auteur comme celui d'artiste interprète ou de producteur de phonogramme. Leur autorité est exactement la même que pour le simple droit d'auteur, à la différence que l'internaute est dans l'illégalité même s'il a acquis honnêtement ledit contenu et qu'il l'a diffusé en ligne.

             Quant aux hébergeurs de contenus en streaming, ils ne suppriment pas tous les contenus en streaming illégaux, mais seulement ceux qui leur sont explicitement déclarés comme tels, auquel cas, ils pourraient être déclarés « complice[s] du délit de contrefaçon (article 121-7 du Code pénal) »[27].

            Les internautes qui, eux, se contentent simplement d'écouter de la musique en streaming, ne font pas a priori l'objet d'une éventuelle condamnation car ils peuvent ne pas savoir que la musique qu'ils écoutent peut être illégale et qu'ils ne la téléchargent pas. En revanche, si jamais les flux de données émises lors de l'écoute en streaming d'un contenu illégal sont enregistrés dans la mémoire de l'ordinateur, il peut éventuellement être lui aussi déclaré comme complice du délit de contrefaçon en tant que receleur cette fois, puisque ces flux de données sont la preuve que l'internaute a participé au délit de contrefaçon. Mais l'internaute peut ne pas avoir conscience, ni de la circulation de tels flux, ni de commettre un délit, et le punir pourrait se révéler quelque peu excessif. Il faudrait donc éduquer l'internaute sur ses usages.

            Par ailleurs, l'internaute peut ne pas se rendre compte, voire ne pas se préoccuper des services qui tendent à s'immiscer un peu trop dans la vie privée. Certains, en effet, ne se soucient pas des impacts que peuvent avoir la connexion à l'application Deezer via Facebook : en effet, tous les amis de l'usager peuvent voir en temps réel la musique qu'il écoute. De plus, les utilisateurs n'accédent à ces services sans avoir donné quelques renseignements. Dans le cas de Spotify, il faut être majeur (18 ans), ou bien, s'il y a consentement des parents, avoir au moins 13 ans. Sur le site de Spotify, les usagers peuvent également lire qu'il y a « interdiction de copier, reproduire, extraire, enregistrer ou mettre à la disposition du public toute partie du service Spotify »[28].

            Que dire en revanche des nouveaux services de Cloud Computing, ou d'informatique dans les nuages - ou encore d' « infonuage »- ? Dans quelle mesure le droit d'auteur peut-il continuer à s'appliquer ? Certaines applications comme DropBox, qui propose de déposer du contenu dans un « nuage informatique », proposent des systèmes de Copyright pour protéger les contenus, qui ne sont là encore que du signal informatique démultipliable à l'envi. Pour ne pas sombrer dans l'illégalité la plus totale, les droits d'auteurs doivent être toujours préservés pour les auteurs, mais aussi pour les ayants-droits et qu'ils puissent être rémunérés[29]. Le problème est que les internautes peuvent toujours télécharger sur leurs périphériques du contenu sans que les auteurs ou les ayants-droits n'en soient avertis. Il s'agit désormais de savoir si le fait de télécharger ce contenu devrait nécessiter une autorisation des auteurs ou s'il ne s'agit que d'un simple acte ne relevant que de la copie privée, et n'étant alors pas illégal, dès l'instant où la copie reste privée.

            Une loi a toutefois été créée pour tenter de limiter la diffusion de contenus violant les droits d'auteur et de Copyright sur Internet : il s'agit de la loi  « Création et Internet  qui remonte au 12 juin 2009. Cependant, comme le déplore Yannick Jobard[30], cette loi « a un apport très limité en la matière et ne devrait pas, en matière de streaming, changer la donne »[31].

            Le streaming est réglementé dans le but d'assainir l'écoute de contenus musicaux loin des offres illégales qui peuvent porter préjudice à l'utilisateur sans qu'il s'en rende compte. Cette offre, légale et cadrée, si elle est rendue suffisamment attractive, contribue à un meilleur partage de la musique.

            4) Sociaux.

            Avec 6 millions de visiteurs uniques par mois, 25 millions de titres, 2 millions d'abonnés, plus d'1 million de fans sur Facebook et près de 500 000 followers sur Twitter, Deezer est aujourd'hui l'unique leader sur son marché.

            Avec ces services de musique en ligne, les utilisateurs peuvent partager leurs musiques, leurs découvertes avec d'autres personnes. Pour cela, les plate-formes se lient avec les réseaux sociaux, comme Facebook ou Twitter par exemple (c'est le cas notamment de Deezer avec Facebook). Ainsi, les usagers peuvent faire découvrir de nouvelles musiques à d'autres personnes que celles des plate-formes, comme leurs amis, en montrant ce qu'ils écoutent. Ce peut être également un tremplin pour de nouveaux artistes qui veulent se faire connaître du grand public. C'est le cas notamment de VEVO mais aussi de Noomiz, plate-forme indépendante, qui aide les usagers mais également les professionnels de la musique à découvrir de nouveaux talents.

            Le 22 septembre dernier, Deezer a été sélectionné par Facebook, pour l'intégration de son service. Désormais il est possible de partager et suivre les humeurs musicales des millions d'utilisateurs de Deezer et Facebook du monde entier.                                                  

            La diffusion de musique en streaming permet une circulation des morceaux à l'échelle mondiale plus simple et plus rapide tout en proposant des offres légales fiables, dont les coûts ne sont pas trop élevés et qui ont le mérite de ne pas enfreindre les droits que les auteurs peuvent avoir sur leurs oeuvres. Pourtant, meme les offres légales d'écoute de musique en streaming présentent des limites. Comme nous l'avons dit précédemment, des plate-formes telles que Spotify, présentent un grand nombre de titres qui ne sont jamais écoutés, les jeunes artistes étant les premières victimes de ce manque d'écoutes. S'il est impossible d'adapter à ces jeunes artistes les services déjà existants, on pourrait sans doute créer spécialement pour eux de nouvelles plate-formes afin d'offrir une meilleure exposition médiatique.

            Deux ans après la fermeture du géant Megaupload, le streaming subit actuellement un nouveau coup dur. Le 29 novembre 2013, le tribunal de Grande Instance de Paris a demandé officiellement que soient fermés seize sites de diffusion de vidéos en streaming, ainsi que leurs noms ne figurent pas dans les premiers résultats affichés par les moteurs de recherches. Il s'agit de lutter plus efficacement contre le piratage de films sur Internet afin de rebooster une industrie du cinéma mise à mal par de telles pratiques. Cette interdiction devrait s'appliquer pendant au minimum un an et mettre fin à la diffusion et aux visionnages illégaux de films en streaming[32].

            Il va sans dire que l'industrie musicale, qui doit en effet affronter la concurrence des offres illégales sur Internet permettant de télécharger illégalement des titres sans aucune rémunération aussi bien pour les auteurs que pour les ayants-droits, pourrait certainement bénéficier elle aussi de telles mesures. Sans pour autant bannir tous les sites de musique en streaming, ce qui serait impossible et illogique puisque certains proposent des services on ne peut plus légaux, pourquoi ne pas ordonner la fermeture des principaux réseaux de téléchargement non réglementaires de musique, comme les BitTorrent ? Ou revoir à la baisse le coût des offres légales ?                                                                    

 

[1] Shiraz, 2010, Emergence of video sharing and streaming, En ligne. [http://blogs.adobe.com/streamindia/emergence-of-video-sharing-and-streaming/] (consulté le 29/11/2013).

[2] Hadopi, (2013). Perceptions et pratiques de consommation des « Digital Natives » en matière de biens culturels dématérialisés - Etude qualitative. En ligne. [http://proxy.siteo.com.s3.amazonaws.com/www.snepmusique.com/file/hadopirapportetudedigitalnativesjanvier2013.pdf ] (consulté le 20/11/2013).

[4] Labyod. (2012). Réflexion sur le streaming illégal et cas MU. En ligne. [ http://www.legavox.fr/blog/mr-labyod/reflexions-streaming-illegal-7750.htm#.Uoy8LOKbaRQ] (consulté le 20/11/2013).

[5]  En ligne. [www.clubic.com] (consulté le 27/11/2013).

[7] En ligne. [www.clubic.fr] (consulté le 27/11/2013).

[8] Spotify. En ligne. [https://www.spotify.com/fr/about-us/partners/ ](consulté le 16/10/2013).

 [9]Ducreux,Q (2013). iTunes Radio : Apple se lance sur le marché du streaming. En ligne. [http://www.androidpit.fr/itunes-radio-apple-streaming] (consulté le 29/11/2013).

[10] Sibilla, G. (2013). Musica in streaming a confronto: da iTunes Radio a Spotify : Apple e Napster sono gli ultimi arrivati in un campo sempre più affollato: ecco chi c’è, cosa fa (e chi vale la pena seguire). En ligne. [http://daily.wired.it/news/internet/2013/06/12/streaming-musica-528592.html](consulté le 23/11/13).

[11] Jourdain, A. (2013). Quel service de musique en ligne choisir ? En ligne. [http://www.pratique.fr/quel-service-musique-ligne-choisir.html] (consulté le 23/11/13).

[12] Reuteurs. (2012). Spotify lance une fonction d'insertion de musique sur des sites tiers. En ligne. [http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/04/12/spotify-lance-une-fonction-d-insertion-de-musique-sur-des-sites-tiers_1684109_651865.html#xtor=AL-32280270 ](consulté le 19/11/2013).

[13] Spotify AB. (2012). Conditions Générales d’Utilisation de Spotify. En ligne. [https://www.spotify.com/fr/legal/end-user-agreement/ ](consulté le 18/11/2013).

[14] [http://www.deezer.com/orange/index.php] (consulté le 20/11/13).

[16] Beuve-Méry, A. (2013). Qobuz, la start-up qui monte le son. En ligne. [http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/10/25/qobuz-la-start-up-qui-monte-le-son_3502977_651865.html ](consulté le 20/11/13).

[17] Le Crosnier, H. (2011). Accès à l’information. Pôle 2 : Les promesses et menaces du streaming. n°3 (vol. 48).     Paris : ADBS.

[18] Pépin, G. (2012). La diffusion de musique sur Internet, un univers d’astuces et de compromis. En ligne. [http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/03/19/la-diffusion-de-musique-sur-internet-un-univers-d-astuces-et-de-compromis_1671854_651865.html] (consulté le 20/11/13).

[19] [http://www.deezer.com/legal/partners.php] (consulté le 22/11/13).

[21] Pascal Nègre, PDG d’Universal Music France ; Meunier, M.B. (2011). L’accord Deezer-Universal : vers un modèle unique de streaming musical payant. En ligne. [http://junon.univ-cezanne.fr/u3iredic/?p=6466] (consulté le 22/11/13).

[25] [http://www.sfrjeunestalents.fr ](consulté le 23/11/13).

[26] En ligne. [www.droit-technologies.org]. (consulté le 27/11/2013).

[27] En ligne. [www.droit-technologies.org]. (consulté le 27/11/2013).

[28] Spotify AB. (2012). Conditions Générales d’Utilisation de Spotify. En ligne. [https://www.spotify.com/fr/legal/end-user-agreement/ ] (consulté le 18/11/2013).

[29] En ligne. [www.desdroitsdesauteurs.fr] (consulté le 27/11/2013).

[31] Dimeglio, A, (2009). En ligne. [www.droit-technologie.org/actuality-1283/le-streaming-legal-ou-illegal.html]. (consulté le 29/11/2013).

 
 

Notes de lecture

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