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Synthèses rédigées par les étudiants du cours de Culture numérique

Péages urbain
Péages urbain

Les Smart Cities

Sarah Akamiezan, Tom Desmeulles, Paul Lebarbier (M1 Document numérique en réseau)
La Smart City est un concept de vie venant d’une expression anglo-saxonne qui se traduit littéralement par « Ville intelligente ». Ce concept “à la mode”, peut être qualifié par différentes appellations “Smart City”, “ville numérique”, “green city”, “connected city”, “éco-cité”, “ville durable”, etc. Pour que ce concept puisse exister il faut un agrégat de plusieurs éléments.
(déposé le 2013-12-18 15:52:20)

Les Smart Cities

La Smart City est un concept de vie venant d’une expression anglo-saxonne qui se traduit littéralement par « Ville intelligente ». Ce concept “à la mode”, peut être qualifié par différentes appellations “Smart City”, “ville numérique”, “green city”, “connected city”, “éco-cité”, “ville durable”, etc. Pour que ce concept puisse exister il faut un agrégat de plusieurs éléments.

D’un point de vue politique, sa gouvernance doit investir financièrement dans une offre de formation performante, la Smart City abrite des entreprises innovantes (pépinières) et un pôle de recherche axé principalement sur les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) ; elle possède des infrastructures de transport adéquates et écologiques.

D’un point de vue énergétique (eau, gaz, électricité), une Smart City contrôle, maîtrise et régule sa consommation, elle limite son empreinte carbone. L’aspect écologique est crucial (selon l’ONU, en 2030 deux personnes sur trois vivront en ville), aussi une Smart City se doit d’être un modèle en terme de respect de l'environnement.

Le dernier aspect crucial d’une Smart City est la capacité de sa population à être partie intégrante du projet de la ville, tant par la somme des actes individuels (vie sociale, numérique avec les smart-phones) que par des actes collectifs (rénovations, gestion de jardins publics, etc).

Ce nouveau genre de ville prend vie dans les pays développés mais aussi dans les pays émergents qui en font un véritable objectif de développement. Il se pourrait que dans vingt ans une Smart City bien conçue soit rentable et rapporte des milliards de dollars en ayant un niveau de croissance économique important.

Dans cette synthèse, nous évoquerons un exemple réussi, le quartier Vauban à Freiburg en Allemagne, mais aussi un projet controversé à Montpellier en France. Nous étudierons ensuite les modifications profondes apportées par les smart-cities dans certains secteurs d’activités d’un pays. Nous nous attarderons sur le secteur du tourisme et l’urbanisme et terminerons cette analyse en nous attardant sur les enjeux de pouvoir et chercherons à qui profite les smartcities.

Quelques expériences

Un projet réussi, le quartier Vauban à Freiburg en Allemagne

Le quartier Vauban à Freiburg en Allemagne est une réalisation concrète d’éco-quartier. Construit sur une base militaire désaffectée, il a été développé autour de trois principaux axes : la limitation des transports motorisés, la maîtrise de l’énergie et une réduction de la consommation d’eau.

Graphique

Graphique

Les résultats obtenus par le quartier Vauban à Freiburg sont positifs, d’un point de vue social, économique et écologique.
Quartiers durables guides d’expériences Européennes ARENE Ile-de-France IMBE Avril 2005. Tous droits réservés.
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La limitation des transports motorisés s’est traduite par la construction de garages collectifs, la mise en place d’un système d’auto-partage, la construction d’une ligne de tramway, la conversion des rues en espaces dédiés au jeu et à la circulation piétonne ou à vélo et la limitation de la vitesse de circulation des automobiles à 5 ou 30 km/h. Les habitants du quartier ont expérimenté une utilisation différente des transports en réduisant l'empreinte CO2 de leur quartier : deux fois moins de voitures circulent dans le quartier Vauban.

La maîtrise de l’énergie est favorisée par la construction de maisons passives dont la consommation est très faible voire entièrement compensée par des panneaux solaires. La mise en place d’une usine de cogénération à base de biomasse alimentant le réseau de chaleur, combinée à la production d’énergie solaire, permet de couvrir près de deux tiers de la consommation en électricité du quartier.

Quartier Vauban

Quartier Vauban

Voici le quartier Vauban à Fribourg (Allemagne)
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La gestion de la consommation d’eau potable est basée sur la récupération des eaux de pluie pour les usages quotidiens, les toitures plates et végétalisées favorisant la rétention d’eau. Le recyclage des eaux usées d’origine domestique permet de produire du biogaz.

Certaines limites apparaissent rapidement. Le quartier n’accueille que 5 500 habitants, une dimension modeste qui rend plus facile la transformation en Smart City que pour une ville entière. La mixité sociale n’existe pas, tous les habitants du quartier sont des allemands de classe moyenne, à 80% propriétaires de leur logement. La discrimination positive n’a pas été imposée pour ce quartier sans habitants issus de classes sociales défavorisées. L’importante communauté turque du pays est totalement absente, son intégration aurait pourtant permis de délivrer un message d’égalité et de fraternité et de montrer que le "vivre ensemble" de façon écologique est possible. Les smarts cities accélèreraient-elles la ghettoïsation ? Cet aspect négatif mérite d’être regardé avec la plus grande attention.

Caen

Selon notre définition, la ville de Caen n’est pas encore une Smart City. Cependant elle a entrepris de multiples démarches pour s’en approcher. L'agglomération de Caen avec la participation de plusieurs partenaires dont Kéolis et Orange a mis en place un système de paiement sans contact pour les transports en commun et pour le club de foot professionnel. Grâce à la technologie NFC (Near Field Communication) les Caennais pourront faire leurs achats sans utiliser leur carte bancaire dans de nombreux commerces de la ville.

Le développement de cette technologie apportera des changements importants dans le comportement des consommateurs et elle favorisera la croissance du secteur numérique. Les laboratoires de recherche (celui d’Orange est implanté à Caen) pourraient donc générer des emplois mais le remplacement des hommes par les machines (substitution du capital au travail) pourrait en détruire …

Auparavant, il faudra résoudre les problèmes de sécurisation de la technologie NFC, l’interception des informations confidentielles attise les convoitises et la recrudescence des vols de smart phones peut être inquiétante pour le développement du secteur.

Des projets controversés

Montpellier

L’agglomération de Montpellier s’est lancée dans un projet de Smart City appelé “Montpellier 2040”. Le Schéma de Cohérence Territoriale décline une démarche qui a pour objectif “de dessiner une vision de la ville pour les prochaines décennies”. L’agglomération souhaite “développer le "mieux vivre ensemble" de tous les Montpelliérains”, réaménager des quartiers défavorisés, étendre son réseau de transports en commun, créer de nouveaux éco-quartiers de bâtiments à biodiversité positive, des zones commerciales pour attirer des sociétés dans le département de l’Hérault. Ce projet pharaonique est un conglomérat de partenariats entre de nombreux acteurs tel que Veolia, IBM, l’Université de Montpellier, des cabinets d’architectes, etc. Le montant global des investissements des partenaires publics et privés s’élève à près de 18 millions d'euros.

Cependant, certaines voix s’élèvent contre Montpellier 2040, mettant en avant des aspects non évoqués par les pouvoirs publics locaux ; l’agglomération est une des zones les plus polluées de France, la profonde restructuration envisagée augmenterait les risques d’inondations dans la région, le littoral Héraultais serait convoité par les promoteurs immobiliers.

Les réserves émises sur le projet Montpelliérain montre bien toute la complexité et le paradoxe économico-politique qui gravite autour du phénomène Smart Cities : il est nécessaire de bien distinguer le greenwashing (procédé de marketing utilisé par une organisation dans le but de se donner une image écologique responsable) des initiatives pensées et réalisées dans un réel intérêt écologique.

Logo Convention des Maires

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Le logo de la Convention des Maires
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La Convention des Maires, initiée par la Commission européenne, a pour objectif “d’inciter les collectivités locales et régionales à dépasser les objectifs climatiques et énergétiques fixés par l'Union Européenne”. Les collectivités reçoivent des fonds Européens pour accomplir leurs projets écologiques devenus “à la mode”. Les responsables politiques doivent nécessairement y prêter attention mais est-ce toujours par intérêt pour le citoyen et la planète ou bien dans une optique électoraliste, les opportunités de création d’emplois étant toujours mises en avant ? Par ailleurs, les Smart Cities sont budgétivores pour les fonds publics qui ne sont généralement pas suffisants. Les partenariats commerciaux public / privé sont donc fréquents mais les pouvoirs publics n’ont pas toujours les compétences suffisantes pour gérer de tels projets et laissent des espaces libres aux groupes d’influence locaux, lobbies immobiliers, d’architectes, etc.

Boulder City

Boulder est une ville du Colorado aux USA, une des premières vitrines américaines des Smart Cities, considérée comme une pépinière du développement durable. Elle rassemble une communauté de scientifiques et des infrastructures spécialisées dans ce domaine et les citoyens de Boulder sont préoccupés par l’écologie. Ils ont imposé que 10 % de l'électricité consommée provienne des énergies renouvelables, une taxe sur les émissions de dioxyde de carbone est imposée aux entreprises. Des firmes importantes comme Vestas ont créé des usines de production de turbines et de piles pour stocker l’énergie produite. Les emplois qui découlent de ce nouveau marché contrastent avec la crise financière qui touche tous les pays occidentaux. Le stockage de l’électricité propre est une bonne alternative ou un bon complément à divers systèmes producteurs d’énergie.

Alors qu’un projet de l’entreprise Xcel Energy Utilities s’est transformé en gouffre financier dont une partie a dû être prise en charge par la ville de Boulder, ses habitants ont donc décidé de ne pas renouveler le contrat de concession d’Xcel et de favoriser la création d’un fournisseur d’électricité municipal. La belle communication sur l'avènement écologique (Boulder, première ville entièrement dotée d’un système de compteur intelligent électrique) ne suffit pas à cacher les limites de ce projet. Le souhait des citoyens de Boulder de changer de fournisseur d’électricité peut paraître légitime mais Xcel, leader aux USA dans le domaine de l’énergie renouvelable, a les moyens d’offrir des tarifs moins élevés qu’un petit fournisseur municipal.

La crise économique a rendu les industriels prudents, cela freine considérablement une recherche technologique très coûteuse et laisse le champ libre aux entreprises majeures du secteur de l’énergie renouvelable qui investissent quand elles sont assurées d’un rapide retour sur investissement.

Quelques projets en cours de réalisation

La Smart Island

Malte est un archipel de huit îles, dont l'approvisionnement en eau est assurée pour moitié par des usines de dessalement dont 75% des coûts de production est directement imputable à l’électricité consommée. La gestion intelligente de l’électricité et de l’eau est donc un enjeu majeur pour les pouvoirs publics. En 2009, IBM avait pour but d’installer en 5 ans 250 000 compteurs intelligents bi-énergies (électricité et eau) qui permettent aux consommateurs de gérer en temps réel leur consommation par le biais d’internet et surtout de limiter les fuites et pertes d'énergie.

L’initiative est tout à fait utile pour réduire les coûts mais cette opération s’est effectuée au détriment d’une atteinte à la liberté des citoyens Maltais. En effet, les maltais ont payé une facture d’environ 70 millions de dollars sur 5 ans mais ils ne pourront plus consommer l’eau ou l’électricité sans que l’Etat et IBM ne soient au courant de leurs faits et gestes quotidiens. On pourrait imaginer qu’un lobby mal intentionné recommande la destruction d’un quartier afin de satisfaire l'intérêt d’un promoteur immobilier en prétextant sa surconsommation énergétique. Ce système permet à ceux qui le contrôlent de collecter des informations très précises sur la présence ou l’absence d’un citoyen dans son logement, sur les habitudes de consommation en eau et électricité (bains, douches, ordinateurs, etc.). Ces données personnelles devraient être considérées comme confidentielles, leur communication étant une atteinte à la vie privée.

Masdar

Masdarcity

Masdarcity

Transport écologique de Masdarcity
Masdarcity
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Masdar est un projet imaginé par la famille régnante des Emirats Arabes Unis. Il s’agît de créer une Technopole axée sur les éco-énergies et l’environnement. Localisée à 17 kms de la capitale Abu Dabi, ce projet toujours en construction devrait coûter à termes 22 milliards de dollars et couvrir 7 km² afin d’accueillir une population de 50 000 habitants. Cette opération est compartimentée en cinq parties :

Masdar Power, une firme qui construit, exploite, installe et produit de l’électricité à partir d’énergies renouvelables (panneaux photovoltaïques, éolien terrestre et marine).

Masdar Carbon, une société qui crée des projets de réduction des émissions de CO2.

Masdar Capital, une entité qui rassemble des fonds afin de développer des technologies énergétiques propres (avec le moins de CO2 possible).

Masdar Institute, l’université de Masdar.

Masdar City, la ville elle-même, censée devenir une ville à énergie positive produisant plus d’énergie que nécessaire à son fonctionnement.

L’importance d’un tel projet réside dans le fait que la ville est entièrement pensée, construite et dédiée aux énergies propres. Les entreprises de Masdar sont des structures complémentaires annoncées comme étant un investissement sur l’avenir. Les pays du Golf ne pourront pas indéfiniment tirer leurs revenus du pétrole, cette ressource étant tarissable. Masdar City pourrait être l’un des premiers parmi les nombreux projets des pays du Golf.

Néanmoins, il convient de relever le coût exorbitant de ce projet, un coût prohibitif pour de nombreux pays. Si les seuls pays producteurs et exportateurs de pétrole construisent de telles Smart Cities, l’oligopole exercé avec l’or noir pourrait continuer d’être exercé avec l’or vert.

Ensuite, les pays émergeants (Chine, Brésil, Corée du sud, etc.) se soucient peu de l’écologie ; leur niveau de vie augmente rapidement et ces pays souhaitent vivement rattraper leur retard sur les pays développés même au prix d’une pollution et d’une consommation d’énergie conséquentes. La prise de conscience au niveau mondial sera probablement plus lente qu’il ne faudrait.

Quelques applications

Le secteur du tourisme

Le tourisme intelligent est la continuité de la Smart City. Le principal intérêt de ce nouveau type de tourisme est de simplifier la vie du touriste dans son expérience sur le territoire. Les applications mobiles ou les sites internet permettent au touriste, chez lui ou directement sur place, de réserver hôtel, restaurant, avion, train etc. Les entreprises touristiques référencent leurs activités et le visiteur peut, en fonction de ses centres d’intérêt, trouver l’activité qu’il recherche.

Screenshot du parcours touristique

Screenshot du parcours touristique

Screenshot du parcours touristique nommé "Guillaume le Conquérant" à Caen (14).
Paul Lebarbier
Licence : Domaine Public

Le Smart Tourisme peut également prendre un autre visage avec une muséographie totalement repensée par l’ajout de contenu explicatif vidéo, d’audio interactif et même de réalité augmentée. Ce contenu enrichi est applicable à des circuits urbains individuels où le touriste, grâce à son smartphone ou sa tablette (internet doit être accessible sur l’ensemble du territoire d’une Smart City) accède à toutes les informations relatives à l’histoire, l’architecture de la ville ou d’un monument.

Screenshot du parcours touristique Guillaume le Conquérant

Screenshot du parcours touristique Guillaume le Conquérant

2e screenshot du parcours touristique Caennais à l'aide de QR Code.
Paul Lebarbier
Licence : Domaine Public

A Caen, l’Office de Tourisme a mis en place dans la ville un circuit spécifique sur Guillaume le Conquérant accessible via NFC (Near Field Communication). Le nombre de téléphones disposant de cette technologie étant peu nombreux sur le marché, l’Office a décidé de rendre le circuit accessible via QR code (Quick Response code). Cette nouvelle forme de tourisme se veut aussi plus respectueuse des spécificités locales et permet d’éviter le tourisme de masse. Inconvénient pourtant : elle pourrait faciliter la disparition des guides humains au profit d’applications qui sauront déterminer par le biais de son profil et de ses goûts, les besoins et les attentes du visiteur.

Urbanisme

La Smart City investit dans son mobilier urbain qu’elle veut “intelligent”. La ville met à disposition de ses habitants des panneaux à deux écrans opposés l’un à l’autre et équipés de caméras ; ils donnent des informations sur les commerces, les monuments, les bars et restaurants, etc. l’utilisateur peut voir, en réalité augmentée, tout ce qui se trouve autour de lui, ou filtrer ses recherches. Il peut connaître la direction où se trouve le commerce recherché et connaître l’itinéraire pour s’y rendre. La borne permet au touriste de réduire le nombre d’outils dans ses mains (carte, guide, etc.) et ainsi réduire le nombre de déchets qui est, rappelons-le, l’un des maux de notre siècle et un des enjeux de la Smart City. De plus, contrairement à une application dont l’accessibilité est dépendante du système d’exploitation (Android, Windows Phone, iOS), le mobilier urbain est à la disposition de tous.

Mobilier urbain intelligent

Mobilier urbain intelligent

ville de Paris
Licence : Tous droits réservés -- Copyright

Ce système possède tout de même certains inconvénients. L’objet étant fixe, l’utilisateur ne peut pas l’utiliser en marchant. Le coût d’installation est élevé et peut s’avérer inabordable pour les petites communes.

À New York, où des bornes tactiles à des buts exclusivement touristiques, ont été installées, la question sur le respect de la vie privée mériterait d’être posée, en effet, chaque appareil dispose d'une caméra, utilisée non pas pour de la réalité augmentée mais pour filmer l’utilisateur afin de savoir quel type d’individus est intéressé par quelles informations.

Borne touristique à New-York

Borne touristique à New-York

Licence : Tous droits réservés -- Copyright

Autre équipement urbain intelligent, l’abribus offre les mêmes services que la borne à réalité augmentée. Des ports USB sont disponibles pour que les utilisateurs en attente de leur transport puissent charger leur smartphone. Ainsi, le mobilier urbain fait partie intégrante de la Smart City, il fait le lien entre le smart citizen et le smart bus.

L’utilisation de différents capteurs dans la ville intelligente permet aux habitants, d’avoir des données en temps réel concernant la pollution sonore, la qualité de l’air, le trafic, les niveaux d’ondes électromagnétiques.

Des capteurs peuvent aussi être “glissés” dans des canalisations d’eau afin d’en connaître la qualité, le débit, et de détecter si besoin, une fuite et son emplacement ainsi d'intervenir rapidement pour éviter le gaspillage.

Les habitants eux-mêmes sont des capteurs via leur smartphone. Un habitant peut, par le biais d’une application mobile, signaler à la communauté qu’il quitte sa place de parking. Ainsi, un autre habitant saura qu’il peut se garer à cet emplacement laissé libre. Ce système évite le gaspillage de carburant et la perte de temps.

De même, des capteurs peuvent analyser le trafic et en cas de ralentissements voir d’embouteillages, dévier la circulation vers des axes secondaires.

Le fait que les habitants soient eux-mêmes les capteurs pose tout de même problème. En effet, les autorités peuvent à tout moment connaître l’emplacement exact d’un individu, ce qui peut être une atteinte à la vie privée des habitants.

Quels sont les enjeux ?

Objectifs affichés

Les smart cities ne sont pas définies de manières statique leurs objectifs principaux sont variables (la culture du pays par exemple, si le projet se trouve plus ou moins proche de la mer) ils permettent d'améliorer le rendement et la productivité, réduire l'empreinte carbone et améliorer la qualité de vie de ses citoyens.

embouteillages

embouteillages

Dans les futurs projets de smart cities il y aura des acteurs importants, ce sont les systèmes intelligents d’informations (ICT en anglais), ils seront les nerfs centraux de la ville intelligente. Grâce à ces systèmes une ville aura la possibilité de réduire réellement son empreinte carbone, mieux gérer ses crèches, transports, mobiliers urbains, etc… Mais pour exploiter ces collecteurs de données il faut mettre en place un gigantesque réseau nécessitant d’attribuer des adresses IP à chaque système communiquant bien que certains d’entre eux seront reliés à un réseau sans fil. Ce dernier reste un réseau filaire mais possédant des points de connexion sans fil à ses extrémités. Pour alimenter le réseau de système communiquant, les villes intelligentes prévoient de créer des "silos" servant à recueillir la masse de données collectées par la technologie de la ville. Pour cela la technologie Machine-to-Machine (M2M) jouera un rôle important.

Péages urbain

Péages urbain

Malier Diablo
Licence : Creative commons - by-nc

La technologie M2M utilise un panel large de capteurs par exemple les feux tricolores, les transports en commun ou les parkings, cette technologie sert à prévenir l’état d’un système contrôlé par internet en temps réel et permet via un algorithme de prendre des décisions pour le bon fonctionnement de la ville. La société IBM a mis la technologie M2M au service de la ville de Singapour en 1998 pour l’aider à prédire son trafic routier en temps réel. Pour cela IBM a dû prendre en compte la connaissance de l’axe de circulation en plus d’une mesure en temps réel, grâce à un nombre important de capteurs alimentant un algorithme prédisant les embouteillages avant qu’ils ne se forment.

Dans le domaine de l’énergie une solution de réseau communiquant intelligent nommé smart grids a été trouvé pour la ville de Lyon – quartier Confluence, ce réseau de compteurs tend à une meilleure gestion de la consommation d’énergie dans ce quartier.

La centralisation des données collectées dans les grandes villes (Big Data) permettra de pouvoir aider le citoyen à mieux vivre dans sa ville grâce aux prédictions des algorithmes créés dans ce but. Le prix de la puissance de calcul réduisant d’année en année, les villes pourront sur le long terme stocker de plus grands volumes de données et établir des modèles plus précis. L’Open Data peut être un aspect positif au concept de la smart city, car dans ces données accessibles à tout le monde il y a un enjeu culturel. Dans la partie précédente nous parlions de l’utilisation de parcours touristique dans la ville de Caen grâce à des QR codes, ce mode de visite peut aider le secteur culturel et touristique. La collecte des données sur internet peut aider à orienter les achats des internautes sur un produit ou une destination touristique. La ligne est ténue entre la simple recommandation et le matraquage marketing.

Objectifs implicites

Comme tout nouveau concept il y a aussi une partie non-exposée car étant construite sur des guides et des modèles crées par des experts dans ce domaine (IBM, Thales, Cisco, Siemens etc…), les smart cities sont aussi une source de profit pour certaines personnes et industries. Les entreprises citées précédemment se sont spécialisées dans la solution de smart city, elles veulent se confirmer en tant qu’expertes dans ce domaine. Ces entreprises ont constaté qu’une collaboration avec les collectivités pourrait être plus fructueuse, en prenant pour exemple l’entreprise Véolia qui a remporté beaucoup de contrats dans les collectivités pour le ramassage des ordures ou le traitement et la gestion de l’eau et a réussi à s’imposer dans ce domaine. Les grands groupes industriels font de la solution de smart city leur fer de lance, car en y développant une réflexion certaine, il est important de noter le grand intérêt économique qui se cache derrière tout cela.

La majorité des entreprises voulant aider à la conception et l’organisation des smart-city font partie des créateurs des futurs capteurs, équipements de télécommunication et bases de données, elles pourront donc dans la conception apporter leurs produits en guise de solution à des aspects de mesures et de traitement de données.

Dans le traitement de données il y a aussi les données collectées, dans une smart city celles-ci seront d’un volume gigantesque et constitueront le Big Data.

data centers

data centers

NeoSpire
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Le Big Data se définit avec la règle des 3V : Volume, Vélocité et Variété. Une bonne gestion de ces 3 critères amènera à un meilleur rendement dans le projet d’une future smart city. Cette récolte de données permettra d’être prédictif et réactif ce qui est le rêve de beaucoup d’industries. Car une bonne gestion de ces données favorisera une meilleure prédiction des comportements humains et donc la réduction drastique des risques de gaspillage énergétique, de bouchons automobiles, de la criminalité en créant un scénario incluant une intervention plus rapide des forces de police par exemple. Un problème se pose dans l’aspect du traitement de l’information c’est la boîte noire. En se basant sur l’exemple d’une ville souhaitant réduire les embouteillages, réguler le flux routier et informer ses usagers sur un trajet annexe afin d’éviter ces dits "bouchons", les collectivités et citoyens seront au courant des données d’entrée et de sortie. Les données d’entrée étant la prise de mesure en temps-réel du flux routier et les données de sortie la création d’un itinéraire afin d’éviter les bouchons. Mais seuls les créateurs seront au courant de ce qui se passe dans la boîte noire, comment fonctionnera cet algorithme qui aidera les municipalités à lutter contre les embouteillages et donc générer moins de pollution ? Ce secret sera réservé aux concepteurs et grands groupes informatique seulement afin d’en tirer profit et non aux municipalités qui auront financé une grande partie de la création de cet algorithme.

Une question se pose quant à l’exclusivité du calcul et de la valorisation des données : doivent-elles être accessibles au plus grand nombre et ouvertes au public ou réservées aux professionnels afin que eux seuls puissent les valoriser et créer des services "sur mesure" dans le but d’améliorer la qualité de vie des citoyens des villes intelligentes ? Sachant la valeur inestimable de ces données cette réflexion se doit d’être importante.

data

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L’Open Data n’est pas le premier terme associé au concept de smart city, mais la ville de Rennes dans son désir de devenir une ville numérique a engagé une réflexion sur le partage des données recueillies. Doit-elle restreindre les données aux opérateurs des villes intelligentes ou ouvrir les informations et favoriser la réutilisation des données à une échelle plus large par des entreprises innovantes régionales et nationales ? Contrairement à la ville de Rennes, la ville de Lyon a décidé de restreindre ces données aux opérateurs de la ville pour les protéger économiquement.

Dans la réflexion sur la valorisation des données, nous nous rendons compte que l’humain n’est plus mis en avant mais majoritairement le profit et le rendement. Le citoyen ne deviendra alors plus totalement acteur de sa ville, mais un simple capteur. Car les smart-citizens vivant dans un univers entouré par la technologie feront partie de la chaîne de collecte de données grâce aux applications sur les smartphones ou systèmes de tracking. Ils pourront signaliser un dysfonctionnement ou accéder une place de parking grâce à un système de notification comme dans la ville de San Francisco avec l’application SFpark.

Concernant les futurs smart-citizens, ces derniers font partie intégrante du projet car ils sont un élément de critère pour rendre la ville « intelligente ». Il est important de savoir ce qui rend une ville intelligente. Selon le géographe américain Richard Florida, pour qu’une ville soit qualifiée d’ « intelligente » il faut au préalable un certain nombre de brevets déposés sur le territoire et une part importante de professions réservées aux intellectuels et créatifs.

Si l’on applique ces critères il faudra veiller tout de même à ne pas réserver une part trop important à ces professions, car ces regroupements de cerveaux peuvent entraîner une montée des prix du niveau de vie et exclure une certaine couche de la population.

Bataille entre les pays émergents et matures.

Dans la création d’un projet de smart cities, les pays occidentaux et émergents se livrent une course à l’avancée technologique. En effet ce qui vient à l’esprit lorsqu’on parle du concept de smart city c’est la technologie et la verticalité c'est-à-dire les gratte-ciels et les grandes tours. Cette vision est plus applicable aux nouvelles mégalopoles asiatiques ou orientales qui se livrent une course à la tour la plus haute. Une smart city voulant épouser le concept dans sa totalité est facilement applicable dans les pays émergents car ces derniers disposent souvent de plus de moyens dûs à une croissance à deux chiffres et aussi de plus d’espace de construction car les pays ne sont, la plupart du temps, pas urbanisés à 100%.

De plus, il est plus simple d’intégrer des services innovants dans une ville nouvelle que dans une ville déjà construite. Les pays émergents misent et investissent beaucoup dans la recherche ; il a été prévu d’investir 100 à 150 milliards d’euros dans la recherche franco–qatari pour les PME innovantes. Cette course, que l’on peut aussi appeler « guerre », montre le désir des pays émergents de s’aligner au même niveau que les pays matures et donc se distinguer de façon internationale grâce à l’avancement et à l’innovation technologique qui sera affichée et utilisée dans les projets de smart cities.

L’avenir des smart cities

Dans le désir de vivre dans une ville propre, dynamique, écoresponsable, riche autant financièrement qu’intellectuellement, il y a certaines problématiques qui tendent à concentrer les cerveaux entre eux. L’humain fera-t-il partie intégrante de ce projet ou sera-t-il un capteur de plus dans la collecte des données. Le but principal d’une smart city est écologique puis économique, l’aspect écologique concerne les habitants tandis que l’aspect économique intéresse les opérateurs de la ville. En effet ces grands industriels spécialisés dans l’aide à la conception d’une smart city ont observé qu’avoir un ou plusieurs domaines d’expertise à ce sujet donnait plus de pouvoir que de financer tout simplement le projet car c’est un projet qui se doit d’être maintenu et durable ; leurs interventions seront donc nécessaires durant toute la durée de vie du projet.

Il y a la problématique de la gouvernance des données : celles-ci doivent–elles être ouvertes ou plutôt bridées ? Quel sera le rôle du citoyen dans ces futures villes ? Sera-t-il le maillon d’une chaîne de capteurs ou un acteur de sa ville ? Les municipalités perdront-elles leur pouvoir face aux opérateurs de ces villes ? Derrière tout cela, les smart cities ont beaucoup d’aspects positifs à l’heure où les pays cherchent à réduire leurs émissions de CO2. Les projets de smart city sont une bonne alternative pour l’avenir de notre planète. Il faut pour autant avoir une réflexion importante sur la gestion des données de ces villes afin de ne pas privilégier les alliances économiques au détriment de la vie privée de ses citoyens. À ce titre, un grand défi pour le futur consistera à trouver les voies d’une articulation fructueuse et désirable entre urbanité réelle et urbanité virtuelle.

 

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