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Synthèses rédigées par les étudiants du cours de Culture numérique

GleamCode
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Comment apprendre le code informatique à l'école ?

Stéphane Barthod, Céline Feron, Laurence Pélissard
(déposé le 2014-11-20 16:17:26)

Hello World

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Licence : Creative commons - by

Introduction

Le numérique est devenu, depuis déjà quelques années, un enjeu majeur de notre société. Même les plus jeunes y ont accès à travers divers supports : tablettes, télévisions, ordinateurs ou encore téléphones. Il a beau faire partie intégrante de nos vies, peu de personnes sont véritablement actrices en ce qui concerne le numérique. Se contentant d'être des utilisateurs passifs, les gens ne se demandent pas vraiment comment fonctionnent les nouveaux objets de leur quotidien, ni les débats qu'ils peuvent soulever. Afin de renverser cette tendance et de créer de véritables citoyens conscients du monde qui les entoure, Benoit Hamon a proposé une réforme qui vise à introduire l'apprentissage du code dès l'école primaire. Pour l'instant, cet enseignement est dispensé sur le temps périscolaire, notamment par des associations, mais cette décision soulève beaucoup de questions. Afin de mieux comprendre de quoi il retourne nous examinerons principalement quatre points : l'histoire de l'informatique à l'école en France, le code à l'école aujourd'hui, la place de l'outil numérique chez les jeunes, et enfin le code à l'école comme tentative de modifier l'enseignement.

Informatique à l’école en France : quelques repères

L’informatique à l’école, c’est une histoire déjà longue et mouvementée, parfois houleuse. Il est utile d’en connaître la chronologie, des années cinquante jusqu’à aujourd’hui, en repérant quelques moments-clés significatifs, qu’il s’agisse de réformes ou de changements importants, certains en rapport direct avec l’évolution de l’outil informatique lui-même, d’autres imposés par des impératifs économiques, d’autre encore liés aux volontés – ou parfois au manque de volontés – politiques.

L’essor de l’enseignement informatique

La France se donne souvent une image de pays retardataire, tout particulièrement dans le domaine du numérique. C’est oublier de nombreux points pour lesquels notre pays n’a rien à envier aux autres : citons pour exemple le Micral, premier micro-ordinateur développé en 1975, le Minitel qui fait aujourd’hui sourire mais que les américains nous enviaient à une époque où l’internet restait réservé à une poignée d’utilisateurs ou encore les courbes de Bézier si utiles aux logiciels de dessin vectoriel.

Dans le domaine de l’enseignement de l’informatique également, la France fait figure de pionnier, du moins à ses débuts. Dès les années cinquante, époque des premiers équipements informatiques dans le pays (machines comptables, machines à cartes perforées…), un Brevet de Technicien Supérieur est institué (arrêté du 26 septembre 1957). Ce brevet est préparé dans une douzaine de lycées techniques et intégrera dans les années suivantes de l’analyse et une approche de la programmation. La France est alors en avance de cinq ans sur les autres pays.

Le Plan Calcul

Dans les années soixante, ce mouvement se poursuit, principalement dans l’enseignement supérieur et l’enseignement technique. Cependant, l’informatique commence à faire quelques incursions dans l’enseignement général, de manière encore expérimentale il est vrai : on peut citer ici le lycée Bellevue de Toulouse, où l’on utilise l’ordinateur dans le cadre de l’enseignement des mathématiques en 6ème ; à Bordeaux, on expérimente même l’usage de l’outil informatique en cours élémentaire. Dans la deuxième moitié de cette décennie, un Plan Calcul est mis en place, dont l’objectif, outre de développer une informatique française, est de promouvoir l’enseignement et la formation dans ce domaine.

ordinateur 10 010

ordinateur 10 010

ordinateur 10 010 de CII, instrument industriel central du Plan Calcul
FEB-Patrimoine, Fédération des Equipes Bull
Licence : Licence inconnue -- D.R.

En mars 1970, un séminaire intitulé « l’enseignement de l’informatique à l’école secondaire » a lieu au Centre International d’Études Pédagogiques de Sèvres. On considère que l’introduction de l’informatique y trouve sa source. Au mois de mai de cette même année, une circulaire ministérielle (circulaire 70-232 du 21 mai 1970) évoque la nécessité pour l’enseignement secondaire de ne pas rester à l’écart du bouleversement provoqué par le phénomène informatique : « L'enseignement secondaire tout entier et dès la classe de 4ème ne peut rester à l'écart de cette révolution. Il doit préparer au monde de demain dans lequel ceux qui ignoreront tout de l'informatique seront infirmes. Il doit apprendre la portée de cet outil pour éviter les enthousiasmes excessifs et les scepticismes étroits. Il doit profiter de la valeur formatrice de l'enseignement de l'informatique, de la rigueur et de la logique qu'elle impose. Il doit faire apparaître la portée économique du phénomène et faire savoir ce que l'informatique peut apporter à la vie professionnelle. Enfin, il doit préparer les consciences à affronter les responsabilités nouvelles créées par sa généralisation »

Dans le cadre du Plan Calcul qui souhaitait la reconnaissance de l’informatique comme discipline scientifique, l’opération « 58 lycées » (qui concernait en réalité également les collèges) a été menée dans la première moitié des années soixante-dix. Elle a commencé par la formation des enseignants chez I.B.M., à la C.I.I. et chez Honeywell-Bull, et elle a permis d’équiper un certain nombre d’établissements de mini-ordinateurs Mitra-15 et T1600. C’est à cette époque qu’a vu le jour l’association Enseignement Public et Informatique (E.P.I.) encore active aujourd’hui.

Retour sur l'expérience des 58 lycées, lancée dans le cadre du Plan Calcul
1024, Bulletin de la société informatique de France
Licence : Licence inconnue -- D.R.

La rupture

Le milieu des années soixante-dix est un moment de rupture. En raison notamment de la crise et de la nécessité d’effectuer des économies budgétaires, un coup d'arrêt est donné au Plan Calcul. En septembre 1975, le Ministre de l’Éducation nationale supprime la Mission à l’informatique. Les formations sont supprimées et on décide l’arrêt des équipements.
En 1978 est lancée l’opération « dix mille micro-ordinateurs », visant à équiper principalement les lycées et les collèges (pas encore les écoles), avec en arrière-plan l’idée d’un nouveau rapport à l’ordinateur avec l’arrivée de la micro-informatique. On peut rappeler ici que les premiers logiciels de bureautique (le traitement de texte Wordstar et le tableur Visicalc) ont fait leur apparition à cette même époque.

La véritable reprise aura lieu dans les années quatre-vingt.

Le plan « Informatique Pour Tous » (I.P.T.)

Présenté  le 25 janvier 1985 par Laurent Fabius, premier ministre de de l’époque, le plan Informatique Pour Tous comporte trois axes essentiels : matériel, logiciel et formation des enseignants : 120 000 micro-ordinateurs sont installés, 500 logiciels sont diffusés et 110 000 enseignants sont formés. Les machines sont installées en nanoréseaux. Le plan IPT comporte également un volet télématique dans le cadre du Minitel : des serveurs télématiques et des terminaux vidéotex ont été installés dans les établissements. Au total, plus de 5 millions d’heures de formation ont été données.

Plan Informatique pour tous
Plan Informatique pour tous (Vidéo)

Vidéo

Reportage de Soir 3 sur le lancement du plan Informatique Pour Tous Nota: l'intégration de la vidéo a été désactivée sur You Tube, il faut donc cliquer sur le lien ci-dessous pour la consulter.
RetroCOmputing
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Ce plan a été souvent critiqué, notamment en raison du choix d’ordinateurs Thomson MO5 et TO7 au lieu de Macintosh envisagés un temps. On a également reproché le choix de privilégier l’enseignement de la programmation aux dépens de celui de l’utilisation des logiciels. Malgré ses défauts, il a donné un premier accès à l’informatique et à la programmation (Basic et Logo) à de nombreux élèves et enseignants.

Le plan IPT est arrêté dans la deuxième moitié des années quatre-vingt.

Apprendre à être un usager

Dans les années quatre-vingt-dix, l’informatique se démocratise. Il est de moins en moins indispensable de programmer ni même de savoir utiliser une ligne de commande pour pouvoir utiliser un ordinateur : les interfaces graphiques deviennent la norme, aussi bien sur PC avec Windows que sur Mac. La nécessité de coder laisse petit à petit la place à l’utilisation de logiciels d’application, bureautiques ou autres. En termes de formation, on assiste à certains errements, notamment avec l’option informatique des lycées qui est supprimée en 1992, rétablie en 1995, puis à nouveau supprimée en 1998.

À partir du milieu de la décennie, un certain nombre d’écoles commencent à se connecter à Internet, mais de manière générale, les points faibles restent entre autres la formation des enseignants ainsi que la maintenance et l’assistance pédagogique sur le terrain.

Voir sur Internet : Site de l'école de Piquecos, réalisé en 1996

L’arrivée du B2i (Brevet Informatique et Internet) au début des années 2000 va encore dans le sens d’un enseignement informatique « pour les usager ». Il couvre cinq domaines :

  • s'approprier un environnement informatique de travail ;
  • adopter une attitude responsable ;
  • créer, produire, traiter, exploiter des données ;
  • s'informer, se documenter ;
  • communiquer, échanger.

Quand on consulte le détail du programme des différents domaines (voir PDF ci-dessous), il n’y est nulle part question de code ou de programmation, que ce soit pour le B2i école, collège, lycée ou adulte : on reste dans l’usage des outils informatiques (principalement bureautiques), d’internet ; il y est question de communication, de documentation, d’attitude citoyenne et de consultation/production de documents.

Retour au code

Face à cette vision « utilitaire » de l’outil informatique, on trouve les partisans d’un enseignement de la programmation, dans l’esprit de ce les anglo-saxons appellent la « computer science » : plus que de créer des développeurs, il s’agit de permettre d’intégrer les notions sous-jacentes à l’informatique.

En 2012, l’informatique arrive au Baccalauréat avec l’option Informatique et Sciences du Numérique proposée aux terminales scientifiques. On y aborde les quatre concepts principaux qui sont au cœur de l’informatique : machine, information, algorithme et langage. Un manuel paru chez Eyrolles en évoque les objectifs : « Suffit-il d’apprendre à utiliser les appareils dont on est entouré ? N’a-t-on pas envie d’en comprendre le fonctionnement ? Ne préfère-t-on pas se former au cœur conceptuel et technique de l’informatique, plutôt que de rester les consommateurs serviles de ce qui se crée ailleurs ? »

En mai 2013, l’Académie des Sciences publie un rapport intitulé « L’enseignement de l’informatique en France : il est urgent de ne plus attendre » dans lequel elle pointe le retard actuel de la France et les dangers de « l’illettrisme informatique ». L’Académie préconise notamment une initiation aux concepts de l’informatique dès le primaire.
En septembre 2014, le Conseil National du Numérique produit également un rapport qui va dans le même sens, proposant notamment d’installer à l’école la littératie de l’âge numérique et de créer un nouveau baccalauréat HN, pour « Humanités Numériques »

Rapport de l'Académie des sciences - mai 2013
Académie des sciences
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Cette même année, une proposition de loi vise à rendre obligatoire l’enseignement du codage informatique à l’école, aux côtés de l’apprentissage de la langue française, de la maîtrise de la lecture, de l’écriture et de l’utilisation des mathématiques : « L’éducation par le numérique amènera l’école, le collège et le lycée à lutter de manière beaucoup plus efficace contre l’échec scolaire et contre les inégalités. L’objectif du Gouvernement est de réaliser un investissement sans précédent en faveur de l’équipement et en faveur des ressources du numérique éducatif. Enfin, l’éducation au numérique, ce sera l’initiation au codage informatique dès l’école primaire. » (Benoît Hamon, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Assemblée nationale, mardi 15 juillet 2014).

Recommandations du CNNum pour bâtir une école créative et juste dans un monde numérique - 3 octobre 2014
CNNum - Conseil National du Numérique
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Le code à l'école aujourd'hui

Depuis septembre 2014, le langage informatique entre progressivement à l'école. L'ensemble de la filière numérique, par la voix du Syntec, avait exprimé le souhait qu’il soit enseigné aux enfants dès leur plus jeune âge. La décision était donc attendue par les professionnels de l'IT, mais aussi par tous ceux qui pensent, telle Axelle Lemaire, Secrétaire d'État au Numérique, qu’il est désormais impératif de « maîtriser l'informatique comme une langue étrangère ».

L’enseignement du code à l’école, un enjeu économique et social crucial

Si l’informatique s’est progressivement imposée dans tous les secteurs professionnels, la notion de «numérique» la supplante désormais. Le « tout numérique » appartient désormais au quotidien même de chacun d’entre nous, faisant parti des habitudes et des réflexes des consommateurs. Mais, au-delà de la pratique quotidienne, les citoyens sont souvent désarmés devant la réalité technologique et scientifique du phénomène. Dans un rapport de mai 2013 intitulé « L’enseignement de l’informatique en France - Il est urgent de ne plus attendre », l’Académie des Sciences soulignait que l’on parle désormais d’un monde numérique au sens large, un monde qui s’appuie sur deux grands leviers : les matériels informatiques et la science informatique.

Sortir de l’illettrisme informatique

« Nous avons besoin d’un véritable plan de formation national si nous voulons sortir notre pays de l’illettrisme informatique dans lequel il se trouve aujourd’hui » ont souligné les académiciens. En effet, l’offre de formation en science informatique dans la vie d’un élève, et plus encore dans celle du citoyen, est totalement inadaptée aux réels besoins en main d’œuvre et matière grise.
D’autres voix s’élèvent d’ailleurs régulièrement pour préconiser l’enseignement du code à l’école. Ainsi, dans une récente interview accordée à l’express Nicolas Glady, professeur de micro-économie à l'ESSEC et responsable de la chaire Accenture Strategic Business Analytics souligne que de la même manière que le code de la route intéresse tout le monde, même les piétons, les bases informatiques devraient également intéresser les utilisateurs d'Internet sinon ils risquent d'être soumis à des décisions qui les concernent mais qu'ils ne comprennent pas. Selon lui « Il faut appréhender le fait que, sur le web, des algorithmes vous observent ». De plus, il estime qu’il y a « le même intérêt à apprendre le code qu'à apprendre le latin. Le latin structure la pensée. Le code est un langage qui exige la rigueur et aide à construire la pensée. Le latin ouvre à la civilisation romaine, berceau de la culture occidentale ? Le code ouvre à la culture numérique, qui relie le monde entier ».

S’orienter vers la compréhension et la maîtrise de l’informatique

Pour l’Académie des Sciences, la décision essentielle à prendre est de mettre en place un enseignement de science informatique depuis le primaire jusqu’au lycée, orienté vers la compréhension et la maîtrise de l’informatique, et dépassant donc largement les seuls usages des matériels et logiciels.

  • Dans le primaire, les programmes doivent inclure une initiation aux concepts de l’informatique. Mêler dès ce niveau des activités branchées et débranchées.
  • Au collège, il sera nécessaire d'introduire un véritable enseignement d’informatique, qui ne soit pas noyé dans les autres enseignements scientifiques et techniques.
  • Au lycée, il faudra proposer un enseignement obligatoire d’informatique en seconde et rendre obligatoire l’enseignement d’informatique en première et en terminale S, sans exclure une option de spécialité plus approfondie en terminale.
  • Dans le supérieur, il faudra augmenter le volume horaire dédié à l’enseignement d’informatique et développer des cours spécifiques de culture informatique pour tous les étudiants des cycles licence et maîtrise.
  • Pour les enseignants, il sera nécessaire d’inclure l’informatique dans la formation initiale des professeurs des écoles et concevoir une intégration de l’informatique dans les enseignements disciplinaires traditionnels, aussi bien dans les humanités que dans les sciences.

Introduire l’enseignement du code dans les écoles primaires

C’est donc dans un contexte où de nombreuses voix s’élèvent pour mettre en exergue la nécessité de former les esprits les plus jeunes aux langages de programmation que Benoit Hamon a annoncé, dans une interview accordée au Journal du Dimanche, que le code informatique serait enseigné à l’école dès la rentrée de septembre 2014. Le ministre de l'Éducation juge en effet que l'école ne peut plus « ignorer l'importance du numérique », de plus en plus présent dans tous les usages du quotidien et dans la vie professionnelle. Selon lui, la récente réforme des rythmes scolaires dans le primaire pourrait favoriser le virage numérique de la France. Il a donc précisé que les élèves de primaire seront initiés au code informatique sur les temps périscolaires dès la rentrée scolaire 2014, et ceux du second degré le verront ajouté à leurs programmes.

Un appel aux associations a été lancé en juin 2014 afin de « structurer » une offre nationale.  L’initiation des élèves du secondaire, elle, pourrait être assurée par les professeurs de maths et de techno. « Nous lançons par ailleurs, avec Arnaud Montebourg, un grand programme en faveur de la filière industrielle française du numérique éducatif », a précisé Benoît Hamon : « La question n'est plus de savoir s'il faut apprendre l'informatique et son langage, mais de savoir comment, pour quels usages, et à quelle étape du cursus le faire ».

Une mission confiée aux municipalités

L’enseignement du code à l’école primaire est donc actuellement dévolu aux municipalités, responsables des activités des temps périscolaires dans le 1er degré. A l’heure actuelle, il n’y a pas de rapport précis quant à la réelle mise en place de cet apprentissage sur les temps périscolaires. Le passage de l’intention à la réalité, actuellement en cours de structuration, est en plein balbutiements même si localement des initiatives voient le jour. Par exemple, depuis la rentrée scolaire 2014, 350 élèves de CM1 et CM2 de Basse-Normandie bénéficient d'une heure par semaine d'initiation au codage informatique sous forme de jeux, lors d'ateliers périscolaires.

Alors, qu’en est-il de l’initiation au code aujourd’hui ?

Dora

Dora "la codeuse"

Quand Dora illustre l'arrivée de l'apprentissage du code à l'école primaire

Quelles approches pédagogiques et quels outils pour l’enseignement du code à l’école ?

Des outils, des méthodes, permettent à tous, et en particulier aux plus jeunes, d’aborder le code sans difficultés.

« Les jeunes d’aujourd’hui ont une grande expérience et une grande facilité pour interagir avec les nouvelles technologies, mais beaucoup moins pour créer et s’exprimer avec. C’est un peu comme s’ils savaient lire, mais pas écrire avec les nouvelles technologies » déclarait Mitch Resnick, directeur du groupe Lifelong Kindergarten au MIT Media Lab, dans une vidéo TEDx en 2012.

Mitch Resnick : Let's teach kids to code
Mitch Resnick : Let's teach kids to code (Vidéo)

Vidéo

« Les jeunes d’aujourd’hui ont une grande expérience et une grande facilité pour interagir avec les nouvelles technologies, mais beaucoup moins pour créer et s’exprimer avec. C’est un peu comme s’ils savaient lire, mais pas écrire avec les nouvelles technologies » déclarait Mitch Resnick, directeur du groupe Lifelong Kindergarten au MIT Media Lab, dans cette vidéo TEDx en 2012.
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« Programmer n'est pas réservé aux cracks de l'informatique, c'est pour chacun d'entre nous ». Dans cette amusante présentation pleine de démonstrations, Resnick souligne les bénéfices de l'enseignement de la programmation aux enfants, qui peuvent alors faire bien plus que « lire » les nouvelles technologies, ils peuvent aussi les créer.

Le code parait souvent inaccessible comme l’évoque Mitch Resnick dans cette même intervention : « Pour beaucoup de gens, quand ils pensent au code, ils se disent que c’est réservé à une communauté très étroite de personnes ayant cette connaissance ». En réalité, des outils, des méthodes, permettent à tous, et en particulier aux plus jeunes, d’aborder le code sans difficultés. De très nombreuses organisations et sites web se sont mis en place ces dernières années pour proposer des initiations au code auprès des jeunes. Mitch Resnick a notamment contribué au développement de Scratch, un logiciel de programmation du MIT qui permet aux enfants de facilement créer un objet numérique, comme une histoire ou un jeu, en le programmant simplement à l’aide de « blocs ».

Mitch Resnick à propos de Scratch
Mitch Resnick à propos de Scratch (Vidéo)

Vidéo

Mitch Resnick présente Scratch, logiciel de programmation auquel il a contribué
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Plusieurs outils sont donc aujourd’hui disponibles pour faciliter l'apprentissage des enfants :

® Scratch

Logiciel libre conçu pour initier les élèves dès l’âge de 8 ans à des concepts fondamentaux en mathématiques et en informatique, Scratch repose sur une approche ludique de l’algorithmique et propose à ses utilisateurs de les aider à créer, à raisonner et à coopérer sur le Web (Imagine·Programme·Partage). Scratch est un langage dynamique qui permet de modifier le code du programme en cours d’exécution.

Scratch
Scratch (Vidéo)

Vidéo

Démonstration de Scratch par l'association Culture Code
Willy Leloutre
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Orienté multimédia pour une initiation des enfants à l’univers informatique, il appréhende avec une grande facilité les concepts de base de la programmation (boucles, tests, affectations de variables), et surtout ceux de la manipulation des objets, des sons et des vidéos. Le code est directement inscrit dans la langue maternelle de l’enfant.

Tutorial Scratch français
Tutorial Scratch français (Vidéo)

Vidéo

Pise en main du logiciel Scratch
julesttropfort
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® Kodu

KODU est une initiative gratuite portée par Microsoft Research aidant les enfants dès 9 ans à structurer un raisonnement grâce à cette interface ludique de programmation visuelle de jeu vidéo.

Interface de Kodu

Interface de Kodu

Kodu permet aux enfants de créer des jeux grâce à des icônes.
Licence : Licence inconnue -- D.R.

Ce logiciel facile d’accès comporte une bibliothèque de personnages et d’objets qu’un enfant est à même de programmer de manière extrêmement simple avec la souris ou une manette Xbox. De scénarii très simples tels « chercher et manger des pommes d’une certaine couleur » à des concepts complexes comme la simulation d’une trajectoire aléatoire à un ensemble d’objets, Kodu aide des utilisateurs de tous âges à structurer un raisonnement et à développer leur esprit logique. « Utilisé dans le cadre pédagogique, ce logiciel trouve tout son sens dans l’apprentissage guidé de l’approche projet du jeu vidéo, du story-board aux parties endiablées ! » précise la société Microsoft.

® GleamCode

L’entreprise Tralalere, de son côté, propose depuis janvier 2014, l’application GleamCode pour apprendre les bases la programmation aux enfants à partir de 7 ans. Ce site multiplateforme, accessible en ligne sur ordinateurs et tablettes (Android, Apple) ou offline, permet d’initier les enfants de 7 à 12 ans au code.

GleamCode

GleamCode

Outil ludique permettant aux jeunes (à partir de 7 ans) d'apprendre les bases de la programmation, en créant.

Premier jeu de la collection Code-Décode, un programme qui vise à donner accès à des ressources clé en main, faciles à appréhender pour des non-initiés, GleamCode permet de :

  • coder (manipuler le code informatique)
  • décoder (comprendre les rudiments de la programmation et expérimenter)
  • créer et/ou modifier du pixel art lumineux et animé (un cœur qui bat, des symboles type LOL, des personnages et autres monstres...).
  • partager ses créations via une bibliothèque.

L’objectif de Tralalère ? Proposer des modules clé en main faciles à appréhender pour des non-initiés et démocratiser l’initiation au code en organisant des Coding Goûters.

De multiples initiatives

De nombreuses actions sont élaborées pour faciliter l’initiation des enfants au code. Coding Goûter, par exemple, a rapidement su trouver sa place. D’autre part, un site comme jecode.org permet d’accéder aux différentes initiatives prise en matière d’apprentissage à la programmation.

Par ailleurs, les initiatives sont multiples, tant au niveau international que national : Une heure de code, réseau Hackidemia, Code for America ou son équivalent européen, Code for Europe et bientôt, Code for France ; Year of Code et, Web for Everyone en Grande Bretagne. En France, l’on a vu émerger ces dernières années 42.fr, l’école d’immersion au code lancée par Xavier Nieel, la Web@cadémie, Wagon, Simplon.co, les Coding Goûters  pour les plus jeunes, les petits débrouillards, Educaduino et de multiples initiatives de FabLabs à destination des plus jeunes…

En France, Tralalère coordonne le Collectif Code Junior, créé en avril 2014. Ce collectif regroupe un ensemble d’associations et entreprises innovantes, comme enjeux e-media, FESC, Kids Coding Club, Bibliothèques Sans Frontières, Magic Makers, Programatoo, etc., qui soutiennent l’idée d’une éducation des jeunes au numérique, et notamment au code, pour en faire des « citoyens numériques éclairés ».

Bibliothèques Sans Frontières, de son côté, propose un programme de sensibilisation et de formation à la programmation informatique et au numérique : les Voyageurs du Code...

« Ici on apprend à coder et on construit une communauté de médiateurs numériques citoyens ». Une initiative qui se pose comme une des réponses possibles au défi de l’alphabétisation numérique (digital literacy), mais aussi aux besoins de la France en emplois dans le secteur du numérique et des TIC.

L’association Les Compagnons du Dev, a mis en place, en partenariat avec Microsoft, une série d’ateliers d’initiation au code pour les 8-12 ans. Les premiers à expérimenter cette approche sont les enfants d’un centre social  d’Aulnay-sous-Bois (93). À titre expérimental dans un premier temps, cette initiative présentée sous la forme de Kids Coding Club depuis mai 2014 pourrait se généraliser avec Simplon.co, la nouvelle fabrique de codeurs solidaires de Montreuil (93) à l’origine du lancement des Kids Coding Club, et des associations de quartiers. Après d’être initiés au logiciel Kodu leur permettant de créer l’univers de leur jeu vidéo à la manière d’un scénario de livre, les enfants apprennent à « programmer » avec Scratch.

Faire passer les enfants d’une approche consommateurs à un rôle d’acteur et de créateur, tel est l’objectif des ateliers Kids Coding Club. Ces ateliers permettent aussi de valoriser le travail en équipe et de renforcer la logique et le raisonnement mathématique.

Magic Makers est une start-up créée le 30 juin 2014 à Paris par une maman de deux enfants, ingénieure en télécom. Elle propose des ateliers hebdomadaires « New Scratcher » et des stages pendant les vacances pour les enfants à partir de 8 ans. Utilisant également le logiciel Scratch, les enfants réalisent leur premier jeu en se confrontant aux notions de programmation essentielles et ce, en alternant avec des moments totalement « débranchés ».

Magic Makers innove par la mise en place de App Inventor, outil de programmation visuel similaire à Scratch et également développé par le MIT, permettant aux plus de 12 ans d’inventer et de coder eux-mêmes une vraie application sur tablette.
Si les prix des ateliers et stages restent assez élevés pour les particuliers, Magic Makers est également présent en mode associatif dans les écoles, notamment grâce à une subvention de la fondation SFR obtenue pour monter des ateliers pour des élèves en difficulté scolaire, en partenariat avec l’association Graine de Partage.

Plus proche de nous en Basse-Normandie, une dizaine d’intervenant travaillent désormais dans 10 villes du pays d’Auge grâce à l’association Culture Code. Cette dernière a pour projet de former les plus jeunes au ‹code›.  Les 7-14 ans peuvent se placer du côté « créateur » et non plus seulement de celui d’« utilisateur ». Des Coding Goûters sont régulièrement organisés, l’un des plus récents s’étant déroulé le 13 décembre 2014 à l’Hôtel de Ville de Caen.

À l’initiative de ce projet, Willy Leloutre indiquait sur le site du forum digital « Nous travaillons pour qu’à la rentrée de septembre 2014, de premières écoles primaires pilotes, bas-normandes, proposent l’enseignement du développement numérique du CE2 au CM2 sur le temps périscolaire… pour commencer ! »

Pour exemple, la première session d'initiation ayant convaincue Sophie Gaugain, maire de Dozulé, 21 enfants participeront donc chaque semaine à sept ateliers d’initiation au code. Et, selon le maire d'Ouistreham, Romain Bail, le codage « va permettre aux enfants de mieux gérer l'utilisation des blogs et la navigation sur internet ». D’autre part, le 8 septembre dernier, Jean-Charles Huchet, directeur académique du Calvados précisait que « L'inspection souhaite s'approprier cette initiative enclenchée par les communes, avec un enseignement du codage dès le primaire. ».

Par ailleurs, il existe d’autres initiatives hors du champ éducatif comme devoxx4kids (Transmettre aux enfants le goût de la programmation, de la robotique et de l'ingénierie). L’objectif ? « Montrer aux enfants ce qu'on peut créer avec des ordinateurs » par le biais d’un site dédié aux événements organisés en France et aux contenus en français. Le but de cette communauté est de partager des informations et des ressources pour l’organisation d’ateliers avec les enfants et d’organiser des événements dans différents lieux. En écho, une communauté de parents se bâtit pour accompagner les ou leurs enfants avec parents 3.0 avec pour vocation d’observer les évolutions liées au numérique et aux réseaux sociaux dans la vie des enfants et des parents, au travers de chroniques, d’analyses, d’interviews ou tout simplement des parents qui vont dans les écoles une après-midi « faire du Scratch ».

Des formations pour quels objectifs ?

Cependant, s’il existe des outils pour susciter la curiosité de toutes les tranches d’âges et des possibilités d’autoformation pour les professeurs, la question centrale est bien celle de l’objectif réel de ces formations. « Les enjeux sont différents selon les langages informatiques auxquels on éduque », explique Deborah Elalouf, directrice de Tralalère. « L’objectif des acteurs du collectif n’est pas de former des programmeurs, mais d’initier les enfants à un autre rapport à l’écran, dans lequel ils osent créer, où ils cherchent à comprendre ce qu’il y a derrière l’informatique, et où ils se posent en inventeurs, créateurs, pour en maîtriser les ficelles ».

Selon Willy Leloutre (Culture Code), il ne s’agit pas là de chercher à « produire des petits génies de l’informatique mais de profiter de la facilité d’apprentissage des enfants pour leur transmettre les bases logiques du monde qui les entoure et leur donner les clés pour le maîtriser. Le numérique n’est pas magique. Le numérique n’est pas l’apanage des ingénieurs. Le numérique n’est pas sexué. Le numérique est accessible à tous quelques soient ses origines sociales. Le numérique s’apprend…en s’amusant ! ».

Dans une tribune du Guardian, Dan Crow, chercheur en informatique, soutenait de son côté que dans l'avenir, ne pas connaître la langue des ordinateurs sera aussi difficile que d'être analphabète ou incapable de calculer aujourd'hui. Le but selon lui n’est pas de préparer de futurs ingénieurs en informatique, mais plutôt de développer chez les jeunes la pensée computationnelle qui permet d’aborder les grands problèmes en les décomposant en une séquence de petits problèmes, plus simples à appréhender. Selon les propos de Shuchi Grover, doctorante en informatique à l’Université de Stanford, dans une tribune publiée sur le site EdSurge, « Les outils de programmation basés sur des blocs comme Scratch, Alice, Kodu, et les sites web comme Khan Academy, Code Académie, et CodeHS (entre autres), placent aujourd’hui la programmation à portée de main des enfants […]. L'initiation au code dans ces environnements est facile, extrêmement gratifiante, et motivante. Mais jusqu’à quel point ces enfants se confrontent-ils à la pensée computationnelle ? ».

Certaines enquêtes montrent en effet que l’enseignement du code souffre parfois d’un manque de rigueur, se désintéressant de la conceptualisation pour se concentrer sur l’apprentissage du seul code, d’où des incohérences dans la conception même des programmes.

Les jeunes face à l'écran

Digital native ?

Digital native ?

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Randy Glasbergen
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La place de l’informatique, du numérique, des écrans en général n’est plus la même pour les jeunes depuis quelques années. Les nouvelles générations sont en effet nées dans un monde où ces outils existaient déjà. Marc Prensky évoquait en 2001 les « Natifs numériques » et la rupture culturelle entre générations dans son article « Digital Natives, Digital Immigrants ». Il situait les premiers « digital natives » chez les enfants nés au début des années 80, parlant d'une réelle discontinuité et non pas d'un simple changement progressif.

On évoque également souvent la notion de « génération Y », une notion plus large qui intègre entre autres celle de « natif numérique ». Pour autant, ces changements sont d’ordre culturel, et ne sous-entendent pas une capacité innée à utiliser les outils numériques. Florian Dauphin, dans la revue Questions vives, recherches en éducation indique que « D’une manière générale, les recherches montrent que les adolescents entretiennent un rapport particulier - communicationnel, communautaire, ludique et consumériste - aux TIC et que les compétences mises en œuvre apparaissent difficilement conciliables avec l’usage raisonné prescrit par l’institution scolaire. »

Par ailleurs, de nombreuses questions se posent sur l’impact de l’utilisation intensive de ces outils, tant du point de vue psychologique que physiologique. Plusieurs études ont été menées ces dernières années à ce sujet. Il n’est par ailleurs pas anodin que les « grands pontes » de la Silicon Valley, Steve Jobs en tête, limitent l’usage des outils numériques pour leurs enfants.

Les dangers des écrans

Depuis plusieurs décennies déjà, des inquiétudes existent concernant l’impact sur les enfants de la télévision d’une part et des jeux vidéo d’autre part. Aujourd’hui, les outils numériques se sont multipliés et les jeunes sont de plus en plus nombreux à utiliser des ordinateurs, smartphones ou autres tablettes numériques, et ce de plus en plus tôt. À l’heure où ces mêmes tablettes font leur entrée à l’école, la question de l’impact sanitaire de l’exposition massive aux écrans se pose inévitablement.

Des effets négatifs sont déjà connus, liés à la sédentarité : réduction de l’espérance de vie, obésité, diabète de type 2 et affections cardio-vasculaires. Des troubles de la vision sont également évoqués.

Des travaux mettent en évidence un lien entre l’usage excessif des nouveaux médias et le mauvais sommeil ; le docteur Bruno Harlé, pédopsychiatre, précise que « la présence d’un écran dans la chambre est inversement corrélée non seulement à la quantité de sommeil mais aussi à sa qualité ».

(voir Harlé Bruno, Desmurget Michel. Effets de l'exposition chronique aux écrans sur le développement cognitif de l'enfant, Archives de pédiatrie, 2012, disponible sur http://www.medecine.unige.ch/cds/ressources/dossiers/documents/Ecrans_Arch.ped..pdf)

L’usage des écrans est également très vite chronophage, ce qui n’est pas sans conséquences, le temps passé devant les écrans étant « volé » à d’autres activités : lecture, activités physiques, échanges en famille, expériences sensomotrices indispensables au développement du petit enfant…

Une étude récente, publiée en octobre 2014 dans American Journal of Family Therapy, constate une baisse des résultats scolaires en corrélation avec le temps d’écran quotidien. Les chercheurs se sont aperçus que la détermination de l’enfant – capacité de persévérer quand une tâche est fatigante ou difficile – était inversement proportionnelle au temps passé devant un écran. Ce lien entre consommation numérique, troubles de l’attention et difficultés scolaires a été observé dans d’autres études, notamment celle du Program for International Student Assessment (PISA, Programme international pour le suivi des acquis des élèves en français).

La capacité de mémorisation est également impactée par l’usage des nouveaux outils numériques : la neuropsychologue Sylvie Chokron estime que l’usage important de petits écrans pourrait entraîner une réduction du champ attentionnel et des difficultés à apprendre par cœur ou retenir un trajet par exemple, précisant qu’il y a encore peu d’études sur ce sujet.
Le philosophe Bernard Stiegler considère, lui, que la question fondamentale est la captation de l’attention profonde, qui peut gêner la capacité à s’occuper seul ou à écouter un professeur par exemple.

(voir Ballarini-Santonocito, Alexandre Serres. Entretien avec... Bernard Stiegler (philosophe, directeur de l'IRI, professeur à l'Université de technologie de Compiègnes), Médiadoc, avril 2009, n°2, disponible sur http://www.fadben.asso.fr/Entretien-avec-Bernard-Stiegler.html)

En janvier 2013, l’Académie des sciences a publié un avis intitulé « l’enfant et les écrans ». Même s’il a été critiqué (des chercheurs affirment qu’il minimise les effets de la télévision, d’internet et des jeux vidéo sur les jeunes), il propose malgré tout un certain nombre de bonnes pratiques pour l’usage des écrans en fonction des tranches d’âge et met en garde contre une utilisation trop précoce et une sur-utilisation des écrans.

(voir Bach Jean-François, Houdé Olivier, Léna Pierre, Tisseron Serge. L'enfant et les écrans, un avis de l'Académie des sciences. Editions Le Pommier, janvier 2013, 272 p. disponible sur http://www.academie-sciences.fr/activite/rapport/avis0113.pdf)

L’Académie américaine de pédiatrie préconise, elle, une durée maximum quotidienne pour les jeunes de deux heures devant un écran. Pourtant, une enquête HBSC réalisé sur la santé des collégiens en 2010 note que ce seuil est dépassé par 91,5% des jeunes français.

Dans son étude sur « la diffusion des technologies de l’information et de la communication dans la société française » de 2014, le Crédoc précise que les 12-17 ans déclarent passer 17 heures par semaine sur le net (sans compter les autres écrans et usages). Des chiffres américains précisent que les 8-18 ans passent en moyenne 7 heures 40 par jour devant des écrans.

(voir Bigot Régis, Croutte Patricia. La diffusion des technologies de l'information et de la communication dans la société française. Crédoc, novembre 2014, 273 p. disponible sur http://www.credoc.fr/pdf/Rapp/R317.pdf)

Face aux usages les plus intensifs, on voit se développer des expériences de « sevrage » suivies d’effets bénéfiques : réduction de bagarres et d’agressions verbales notamment.

Le code ou la tentative de modifier l'enseignement ?

Intégrer l’apprentissage du code à l’école est vraisemblablement l’avenir. Le numérique est devenu un enjeu majeur de nos sociétés alors y familiariser les enfants pourraient se révéler bénéfique. Si l’initiative de Benoit Hamon n’est pas du goût de tous, elle pourrait refléter une nécessité de changement au sein de cette institution. Il est donc bon de se questionner sur ce que le code à l’école implique et ce qui est finalement en jeu.

Le code à l'école, la nécessité d'une approche pédagogique différente

Bon nombre des personnes qui s'opposent à la réforme mettent en avant le fait que l'école traditionnelle n'est pas adaptée à l'apprentissage de l'informatique dans les écoles. En effet, les enseignements donnés dans cette institution sont, en général, sous forme de cours magistraux et d'exercices rédigés à la main sur du papier. Pour la plupart des matières qui y sont enseignées, cette méthode pédagogique n'est pas remise en question, mais dans le cas du code la question se pose. On peut se demander si en informatique le contenu pédagogique peut-être dissociée de la façon de l'enseigner.

Le but même de l'école est de former les jeunes esprits, leur apprendre à réfléchir, à penser par eux-mêmes, et cela dans le but de donner de véritables citoyens. On soulève l'argument du numérique qui impacte de plus en plus la société pour justifier la nécessité de la réforme. Or, on peut citer Chase Felker dans son article sur Slate, pour mettre en doute le bienfondé de cette dernière : « Nous n’avons pas besoin que tout le monde code – nous avons besoin que tout le monde pense. Et, malheureusement, il est très facile de coder sans penser. »

Voir sur Internet : Maybe Not Everybody Should Learn to Code (article Slate de Chase Felker)

Face à de tels constats, doit-on considérer que l'on s'y prend de la mauvaise manière ? On peut s'interroger sur l'efficacité de l'enseignement de l'informatique dans des écoles qui ne sont pas prêtes à le recevoir. Si cette nouvelle matière est utilisée comme cobaye pour arriver à faire bouger les méthodes pédagogiques, cela pourrait revenir à la « sacrifier », puisque les premières tentatives ne seraient pas forcément concluantes voire contre-productives. De même, l'autre risque serait que le code soit intégré aux enseignements mais sans que les choses aient bougé en ce qui concerne les méthodes. Dans l'article de Hubert Guillaud, Enseigner le code à l'école ? Vraiment ?, on nous rappelle le cas d'une matière déjà implantée au collège et qui, elle aussi, aurait peut-être dû nécessiter d'une approche pédagogique différente : la technologie. L'auteur va jusqu'à la qualifier d'un « des pires cours qui soit pour les enfants », car la technologie nécessiterait une approche plus pratique que théorique et ce n'est apparemment pas celle qui domine dans la plupart de ses cours.

En quoi la culture numérique doit-elle transformer l'éducation ?

En quoi la culture numérique doit-elle transformer l'éducation ?

les enjeux de la culture numérique sur l’éducation, illustrée par la Fing

L'implantation de l'informatique ou la possibilité de rendre l'école « désirable »

Ce sont les mots mêmes du Conseil National du Numérique, l'un des objectifs de l'arrivée du code à l'école serait de rendre cette dernière « désirable ». Le rapport du CNNUM nous assure de la volonté d'innovation au sein du corps enseignant et même du non-fondé des reproches de conservatisme de l'Education nationale. Si l'on en croit ces propos, l'école serait prête à intégrer le numérique dans sa formation, à innover dans ses enseignements. Cependant, cela voudrait dire arrêter de considérer le numérique comme un support uniquement technique et lui donner la chance de transformer la pédagogie.

Si la question de l'intégration du code à l'école se pose cela peut aussi être parce que le numérique est perçu comme un concurrent de cette institution. Les élèves qui auraient décrochés peuvent se tourner vers d'autres alternatives : les MOOCS, ces cours en ligne gratuits et accessibles par tous, les serious game qui permettent d'apprendre en gardant un contexte ludique. L’Éducation Nationale a sûrement perçu le côté attractif du numérique et souhaiterait en faire profiter l'école, dont l'efficacité et la légitimité arrivent à être remise en question.

Du côté de l'école primaire et du collège, donner la possibilité d'apprendre le code pourrait se révéler salvateur pour les enfants ayant des difficultés dans les autres matières. Cela augmente les chances pour qu'ils trouvent au moins une pratique qui leur correspond et qui leur donne envie d'apprendre. Peut-être que l'insertion du numérique permettrait de lutter contre le décrochage scolaire à ce niveau ci. Les enfants semblent curieux en ce qui concerne le numérique et généralement apprécient les méthodes pédagogiques qui l'incluent. On voit déjà certaines écoles équipées de tablettes faire évoluer leurs pratiques afin de rendre les exercices plus attractifs. Notons par exemple les dictées faites par Twitter. Les enfants y sont moins récalcitrants car elles sont plus courtes, et peuvent être corrigées par d'autres classes.

Voir sur Internet : Quand Twitter réinvente la dictée

Pour redonner un nouveau souffle à l'école et quelle soit en phase avec son époque, il faut qu'elle prépare les enfants à la transition numérique. Si la société est en pleine mutation, alors l'école se doit aussi de changer, notamment pour rester le « lieu essentiel des apprentissages ». Instaurer le code à l'école, pour initier les plus jeunes au numérique c'est aussi donner la possibilité aux études secondaires de devenir plus attrayantes et diversifiées. Le CNNUM, dans son rapport, annonce à ce sujet la création d'un nouveau Baccalauréat , à savoir le Bac Humanités Numériques. Cela pourrait donc donner une véritable finalité à cette insertion du numérique au sein de l'école, tout en lui permettant de se renouveler, de se montrer en phase avec son époque.

De nouveaux équipements à l'école

De nouveaux équipements à l'école

Des enfants travaillant à l'aide de tablettes

L'école est-elle toute désignée pour prendre en charge ce nouvel apprentissage ?

Si certains se posent la question du rôle que l'école a à jouer dans l'enseignement du numérique, d'autres n'émettent aucun doute, notamment parce que cette institution cherche à combattre les fractures qui mènent à un manque de connaissance. Enseigner le numérique à l'école, alors que cette culture est désormais nécessaire dans le monde du travail, ce serait combattre les inégalités sociales. En effet, les enfants issus de milieux défavorisés ont moins de chance que les autres d'être en contact avec les outils du numérique, et donc de s'y intéresser d'eux même. En intégrant l'enseignement du code à l'école, cela permettra à ces jeunes de s'ouvrir à un nouveau domaine. De même cela fournirait à tous les enfants une connaissance de base pour affronter le monde professionnel et pouvoir prétendre à une ascension sociale, puisque le numérique est un sujet incontournable. L'implantation du numérique (la programmation, comme la littératie) participerait donc au travail d'une véritable égalité des chances. De plus, cela apporterait un certain avantage à la société : si les enfants venant de milieux plus défavorisés sont formés au numérique, il devrait en résulter des innovations sociales nouvelles, grâce à la connaissance des techniques.

Seulement donner cette charge supplémentaire à l’école pourrait mettre en péril l’apprentissage des savoirs élémentaires (écrire, compter, ou encore lire) puisqu’il serait nécessaire de l’introduire en plus au programme. Rajouter le code à apprendre à des enfants de primaire n’est-ce pas trop quand on note que les jeunes peinent déjà à écrire sans faute ? On doit se demander si on considère réellement le code comme un enseignement essentiel, une base que les enfants se devraient de connaître. La solution pourrait être de déléguer ce savoir à des organisations sur un temps périscolaire, quitte à éveiller la curiosité des enfants au sein de l’école. On peut par exemple penser à des ateliers de découverte qui seraient proposés par la bibliothèque de l’école où le CDI du collège, sur le temps de récréation, ou à la garderie si l’école en dispose. Cela offrirait une possibilité de découverte aux enfants, qui pourraient ensuite s’intéresser plus au numérique sur leur temps périscolaire. Il y a déjà des ressources en ligne qui permettent aux enfants de se familiariser seuls avec la logique du code, notons par exemple le jeu Scratch, et surtout des associations qui s’impliquent dans le fait de leur faire découvrir l’informatique.

Littératie numérique ou code, quel contenu à l'enseignement informatique ?

Si l'on en croit les dires de Jean-Pierre Archambault, à la fois ancien professeur agrégé de mathématiques et président de l'association Enseignement Public et Informatique, « l'honnête homme du XXIème siècle » devrait avoir une culture générale qui inclut l'informatique. Or, dans le cadre de la proposition pour enseigner cette discipline aux enfants, se pose un débat : que doit-on enseigner ? Doit-on privilégier le code à la littératie numérique ? Les deux possibilités devraient être envisagées car elles ne répondent pas aux même objectifs.

En faveur du code, on met en avant le parallèle avec l'apprentissage du français, notamment dans l'article de Clément Solym : « cours de code en primaire, Benoît Hamon rejoint les députés UMP ». En effet, le français est une langue qui permet à l'enfant qui l'apprend de « penser, formuler un jugement, s'exprimer et communiquer ». Dans la même idée, le code informatique serait un langage qui aiderait à se familiariser avec la logique et à manipuler des concepts. C'est d'ailleurs le code dont on parle dans les propositions scolaires.

Or, la littératie numérique n'est pas à écarter car elle permettrait d'inculquer aux enfants des notions importantes. Familiariser les jeunes esprits avec les concepts du numériques et leurs implications dans la société se révélerait sûrement une sage décision puisque ils pourraient ainsi mieux appréhender le monde qui les entoure et y réfléchir. En ayant au moins entendu une fois parler du droit à l'oubli, ou encore de la propriété intellectuelle, les enfants, qu'ils soient en primaire ou au collège, auront peut être un peu plus conscience de leur comportement sur internet et de ce qu'implique ce réseau. Cela pourrait donner les clés aux enfants pour comprendre un peu plus tard des sujets d'actualités tels qu'Hadopi, et se forger leur propre opinion à partir des bases que l'école leur aurait fournie. Il est en effet plus difficile de répondre à ce genre de débat de société pour quelqu'un qui n'aurait eu comme éducation numérique, que l'usage de la bureautique.

Quelle école pour la société de l'information ? Program or be programmed
Quelle école pour la société de l'information ? Program or be programmed (Vidéo)

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Conférence donnée par François Elie lors de la 3e édition de Fêtons Linux du samedi 27 avril 2013
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Conclusion

Si la première insertion de l'informatique remonte aux années cinquante, elle ne touchait alors que les études secondaires. On évoque dès les années soixante-dix, l'importance de connaître l'informatique afin de ne pas être considéré comme « infirme », et petit à petit, les collèges et les lycées s'équipent. Cependant, il n'était alors pas question d'une initiation en école primaire. Ce n'est que récemment qu'elle se pose, à travers la possibilité d'apprendre aux plus jeunes à coder. La réforme que propose Benoit Hamon s'éloigne de la vision purement utilitaire de l'informatique. En initiant les enfants au code, ils sont en contact avec un langage nouveau et une façon de penser inhabituelle. De nombreux outils sont déjà disponibles pour aider les enfants à se familiariser avec les concepts de la programmation. Parmi eux on trouve des petits jeux tels que Scratch ou encore Kodu. L'insertion dans les écoles primaires n'est pour l'instant pas totalement effectuée. On note par exemple que cet apprentissage est effectué sur le temps périscolaire et que la plupart du temps ce sont des associations qui en ont la charge et non pas les enseignants. La réforme soulève de nombreux problèmes en ce qui concerne sa réalisation mais l'apprentissage du code commence bel et bien à entrer à l'école primaire. Cela instaure quelques changements tels que l'utilisation des tablettes à l'école, ou encore une réflexion nouvelle sur le besoin de faire évoluer les méthodes pédagogiques.


Cette réforme semble susciter de nombreuses réactions positives. On tend à penser que le code va offrir de nouvelles possibilités. Si les enfants sont en contact avec dès leur plus jeune âge on croit qu'ils seront plus libres car ils sauront être acteurs, plutôt que de subir les produits qu'on leur impose. Peut-être est-on face à une vision un peu utopique. Ce n'est pas parce que les gens seront plus sensibilisés au code ainsi qu'à ses usages qu'ils sauront, voire même voudront l'utiliser. Afin d'être moins ambitieux mais peut-être plus efficace, ne serait-il pas mieux d'initier les enfants aux concepts de la littératie numérique plutôt qu'au code ? En les mettant au courant des réalités et des conséquences du numérique il est possible qu'ils aillent eux-mêmes se renseigner sur le code pour l'utiliser.

Entretien avec Willy Leloutre
Entretien avec Willy Leloutre (Vidéo)

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Entretien avec Willy Leloutre, fondateur de Culture Code, réalisé le 5 décembre 2014 dans le cadre de la synthèse "Comment apprendre le code à l'école"
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Bibliographie

Bach Jean-François, Houdé Olivier, Léna Pierre, Tisseron Serge. L'enfant et les écrans, un avis de l'Académie des sciences. Editions Le Pommier, janvier 2013, 272 p. disponible sur http://www.academie-sciences.fr/activite/rapport/avis0113.pdf

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Sitographie

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Harlé, Bruno, Desmurget Michel. Effets de l'exposition chronique aux écrans sur le développement cognitif de l'enfant, Archives de pédiatrie, 2012, disponible sur http://www.medecine.unige.ch/cds/ressources/dossiers/documents/Ecrans_Arch.ped..pdf

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Santi, Pascale. Ecrans : Les effets pervers d'une fascination, Le Monde, 29 octobre 2014, disponible sur http://www2.csduroy.qc.ca/areq-04g/annee2014-15/fascination%20%C3%A9crans%20le%20Monde4-5.pdf

Rédaction de Weka. Au bout de dix ans de pratique du B2i, nous constatons un échec. Weka [en ligne], 07 novembre 2011. Disponible sur : http://www.weka.fr/actualite/education-thematique_7847/au-bout-de-dix-ans-de-pratique-du-b2i-nous-constatons-un-echec-article_66593/

 

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