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Synthèses rédigées par les étudiants du cours de Culture numérique

Le covoiturage

Jason Giraudon, Edouard Aramburu
Dans cet article nous vous proposons un regard sur le covoiturage. Nous ne nous concentrerons pas uniquement sur la pratique pure mais nous nous servirons du point de vue de la sociologie afin d'établir différentes échelle et nous constaterons l'impact de l'outil numérique sur le partage de véhicule. Une pratique répandue depuis de nombreuses année prend une dimension bien plus ample par l'essor insufflé par internet. Nous vous proposons donc un tour d'horizon du covoiturage à travers différentes lunettes.
(déposé le 2014-12-30 17:17:03)

Le Covoiturage en France

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I)Historique

  1. De l'auto-stop au covoiturage. Vers une structuration du voyage.

            Le XX ème a vue apparaître un certain nombre de bouleversements dans différents domaines. Bien évidement tout cela découle de ce que l'on a appelé la révolution industrielle. L'une des révolutions dans laquelle cela a été le plus flagrant c'est dans les transports. Ces derniers on connue un bon en avant proprement ahurissant, grâce à différents moyens comme le train ou l'avion. Mais l'élément centrale dans ce domaine c'est bien la popularisation de la voiture personnelle. Le fait qu'un individu soit parfaitement autonome dans ses déplacements quel qu’en soit la distance ou le temps, cela était proprement inimaginable auparavant.

           

             Il est intéressant de constater qu'en parallèle à ce nouveau moyen de transport sont apparus de nouveaux usages détournés ; C'est le cas pour l'auto-stop qui si on se base sur sa définition est l'« action de demander aux véhicules en circulation de s'arrêter et de prendre un passager sur une partie du trajet ». Cette pratique s'est développée au milieu des années soixante et à permit à un grand nombre de personnes (notamment les jeunes qui eux n'avaient encore ni le permis ni la voiture) de se déplacer sur différentes distances. Ce moyen de locomotion alternatif a connu son apogée à la fin des années soixante-dix et puis au début des années quatre-vingts. Cette pratique s'est quelque peu essoufflé et cela en partie à des affaire judiciaire mettant en cause des auto-stoppeurs ou des conducteurs ayant prit des personnes sur le bord de la route (les disparitions de Mourmelon entre 1980 et 1987 pour ne citer qu'elles). A la suite de ces différents événements peu de personnes se risquaient à attendre des heures sur le bord des routes de France.

           

          Au début des années deux milles est apparu de façon discrète une sorte de descendant de l'auto-stop. Relayé par les réseaux sociaux et le développement d'internet, c'était la naissance du covoiturage. Cet auto-stop 2.0 puise dans ce qui a fait le succès de son ancêtre : Les rencontres, le partage et la convivialité. Également il rétablie une certaine égalité entre les personnes puisque le conducteur se voit rembourser ses frais part les participants au voyage. Il y a donc là, la mise en évidence d'une certaine structuration du voyage permettant celui-ci d'obtenir une certaine reconnaissance et de quitter le côté alternatif (au sens de la norme) qui collait à l'image de son prédécesseur.   

  1. Développement du co-voiturage à Définition, principe, histoire.

            Le covoiturage correspond au fait d’utiliser de façon conjointe et organisé d’un véhicule privée (en général une voiture). Dans le cadre d’un trajet commun cette voiture est remplit d’un ou plusieurs tiers passagers et d’un conducteur non professionnel. Le but étant de réaliser un trajet en commun.

           

          Il n’y a pas de rémunération mais plutôt un partage des frais. Le covoiturage n’est pas une activité à considérer comme rémunératrice car elle serait dans ce cas une concurrence à l’activité marchande de transport. Le conducteur de la voiture ne doit pas faire de bénéfices

Le covoiturage peut être considérer comme l’évolution du stop.

L’avantage de ce mode de voyage est double :

Individuel – chaque individu trouve son intérêt dans cette démarche collective 

Collective – Dans leur individualité, chacun tout au long du voyage va créer une collectivité.

           

            Pour ce qui est de l'histoire de ce mode de déplacement, il faut se tourner vers les États-Unis car c'est dans ce pays fait d'interminable autoroute qu'est apparu ce que nous appelons aujourd'hui covoiturage. A la suite de la crise pétrolière de 1973, des associations valorisant le partage de véhicules pour des trajets quotidiens ont vus le jour. En parallèle à cela, il y eut la mise en place d'un grand nombre d'infrastructures réservés aux véhicules à fort taux d'occupation (High Occupancy Véhicule lanes ou HOV lanes).

           

          Ce phénomène a touché l'Europe au début des années quatre-vingts dix (notamment les Pays-Bas, la Belgique et l'Allemagne), mais c'est surtout grâce au soutien de l'Union Européenne (Programme de recherche ICARO) dans divers projets qui a permi le développement de cette alternative. Il est important à ce stade de mettre en évidence le fait que le covoiturage de l'époque touchait surtout les déplacements Maison/ Travail ou Maison/ Université, ce n'est que bien plus tard qu'il se mettra en place des trajets partagés sur de grandes distances.

             

La France sera touchée, elle, que tardivement par cette pratique, et se sera la région parisienne la précurseur dans le domaine.

           

Les années deux milles connurent leur révolution dans le domaine des nouvelles technologies : Le développement de l'internet haut-débit

II)Monde réel / Monde virtuel

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                                   a) Le rôle des nouveaux moyens de communication

           

            Dans l’histoire la convergence des activités s’est toujours reposée sur l’effet de réseau. Les premières gares ont développé les premières grandes villes, la question ici est l’accessibilité au lieu. Par la suite les infrastructures naissantes au sein des autres villes s’orientent vers la première établie. La technologie avançant, l’objet qui nous occupe ici est internet comme nouveau moyen de communication, nous parlerons donc ici d’effet de plateforme. Pour le covoiturage un précurseur s’est installé sur internet ce qui eut pour effet de rassembler les premiers usagers du covoiturage, l’habitude de ces derniers prise, le réflexe a été de se diriger vers cette plateforme pour la pratique du covoiturage bien qu’une multitude de sites se soit créés.

          Internet est donc l’outil qui a permis la pratique du covoiturage, c’est le lieu unique où s’établit la recherche ainsi que le contact. La téléphonie mobile fait son entré ensuite afin de confirmer, notamment grâce aux SMS, et de se retrouver ou notifier un retard. Sans cette technologie, le covoiturage n’aurait pu se développer à cette échelle.

b) Échelle macro sur internet / échelle micro dans la réalité.

             Le covoiturage est donc un phénomène qui se constitue en deux lieux ou niveaux bien distincts. Il y a le côté privé où chaque individu prends connaissances des informations de l'autre afin d'organiser le covoiturage de façon standard (heure/ lieux de rendez-vous/ prix/ trajet). Par la suite il y a le lieu extérieur (très souvent public) qui est celui de la rencontre afin d'effectuer le trajet.

           

          Dans ce rapport de terrain vient s’immiscer la notion d'échelle. Dans ce cas présent il y a une double échelle, l'une étant dans le macroscopique et l'autre étant dans le microscopique. Le monde d'internet se place dans le macro car en effet celui-ci est immense dans sa surface et dans ses possibilités. Chaque individu possédant une connexion internet est désormais capable de rencontrer et d'être en relation avec une quantité de personnes bien supérieure à ce qui était possible dans le passé. Nous nous situons maintenant dans « un village planétaire » où la distance dut à l'échelle n'en que réduite à son strict minimum du temps de transmission du message. Ainsi, la personne intégrant le covoiturage s'intègre à une vision macroscopique du monde, ce qui se place en opposition avec le cadre d'action de la réalité vécue.

           

          L'action du covoiturage qui se caractérise par le fait de rejoindre un lieu de rendez-vous pour partager un voyage ou simplement un trajet s'inscrit dans une échelle microscopique de par le fait que l'on est en contact simplement avec les individus qui sont dans un rapport géographique très proche. En opposition avec internet, dans cette situation la personne ne peut avoir de contact qu'avec les personnes qu'elle a dans son champ de vision. Il se pose ici donc une fracture entre le monde virtuel et le réel. Mais il est important de souligner le fait que l'on assiste peut être pas à une rupture à proprement parlé.   

           

          Il y a donc la mise en évidence d'une interrelation et une dualité qui se mettent en place entre ces deux échelles. Elles s'inscrivent dans un rapport de centralisation ou d’écrémage dans le sens sens où l'on part d'une certaine forme de globale pour se diriger vers quelque chose de local. C'est une sorte de méthode sélective qui s’appuie sur les nouvelles technologies pour structurer et standardiser au travers de critères personnels des rencontres, des usages.

III)De la solidarité au réseau

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            a) Un nouvel outil de partage.

           

            Nous entendons ici par lien social, la mise en relation d’individus qui jusque-là ne s’étaient encore jamais rencontrés. En cela le covoiturage se présente comme un outil générateur de lien social car il rassemble dans une voiture et pour un trajet défini au préalable des personnes se rencontrant pour la première fois. Le lien social, dans nos sociétés occidentales, semble un élément qui se désagrège face au contexte individualiste qui s’impose à nos modes de vie. Le covoiturage en tant que pratique alternative, permet à ce lien de s’exprimer et de se développer de la manière la plus évidente qu’il soit. Dans la plupart des cas c’est un échange éphémère qui s’établie la temps d’un voyage mais dans de nombreux cela découle sur relation plus durable comme le témoigne nombre de covoitureurs. On peut également souligner le partage d’expérience au sein d’une conversation, tout comme les différentes recommandations sur le lieu de destination afin d’orienter vers un restaurant ou une activité quelconque.

           

b) Passage d'un réseau de connaissances à un réseau d'inconnue.

           

            Les véhicules routiers sont dans une logique de propriété individuelle, par conséquent leur utilisation se fait dans un cercle rapproché. La famille, les amis, en somme les proches sont ceux avec lesquels le véhicule est partagé lors de trajets communs tels que l’accompagnement à l’école, le partage de l’automobile avec les collègues de travail vivant à proximité, etc… En cela le covoiturage a déplacé la conception voire la représentation du partage de la voiture. Le propriétaire du véhicule propose par le biais du réseau internet de mutualiser le transport avec des inconnus, le point commun entre ces personnes étant le point de départ et la destination finale. Le partage de l’auto avant cantonné au cercle proche de nos relations s’élargit grâce à l’outil informatique pour solliciter un réseau d’inconnus.

            c) Ouverture du covoiturage sur un territoire plus vaste et sans limite

           

            La proximité a permis de penser un système de solidarité sur les routes comme expliqué plus haut. Pour autant l’époque où intervenait le partage d’un véhicule pour des destinations proches (professionnelles ou familiales par exemple) est révolue, le covoiturage ouvre les portes du monde, du moins du continent pour la voiture, pour qui est prêt à voyager par ce biais. Il n’est pas rare de croiser des propositions de covoiturage pour une destination franchissant des frontières, il est possible de voyager dans toute l’Europe avec ce mode de transport. Il est même possible à l’étranger, Angleterre, USA, de se déplacer en covoiturage tant cette pratique est aujourd’hui répandue et tant elle est simple d’accès grâce à l’outil informatique.

IV)Le co-voiturage, une entreprise qui roule

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  1. Au travers d’internet, le covoiturage est intégrer à une logique économique

            Cette pratique s'est basée à son origine dans un rapport non marchant. L’intérêt premier de cette façon de voyager était de créer du lien social tout en permettant à toute personne de se déplacer librement sur des territoires illimités. Nous l'avons évoqué précédemment l'emploi des nouveaux moyens de communication et notamment internet, ont été les éléments précurseurs dans la popularisation de ce concept de déplacement.

           

          Il est logique que ce phénomène, fort de son succès, soit en mutation constante c'est bien cela qui caractérise un outil se servant d'internet pour fonctionner. Malheureusement avec l’essor du covoiturage et l’intérêt que lui portent les organismes de transport standard (la SNCF notamment) ce dernier voit son essence même changer. Ainsi avec en particulier le rachat de Blablacar par la société nationale des chemins de fer français, la mutation s'opère au sein de sa logique économique. Nous ne sommes plus simplement dans un rapport d'échange entre covoitureur et covoituré mais bien dans un fonctionnement d'entreprise : à savoir un fonctionnement d'offre et de demande basique et appliqué à l'ensemble de la sphère économico-capitaliste.

  1. Vers quelles dérives potentielles le covoiturage se dirige-t-il ?

Faire une politique pour réaliser des gains

Faire des gains économiques, environnementaux et sociaux: ça se décide

La politique permet d'orienter les actions et de développer les moyens mis en œuvre par l'entreprise pour faire des gains environnementaux, sociaux et économiques sans s'égarer.

Première idée: une politique de covoiturage

                                       GES: gaz à effet de serre : 24% provient du transport

Plus de passagers pour moins de GES

L'idée de base est simple. La voiture a une grosse part de responsabilité sur le réchauffement climatique. La voiture a quatre places et on n'en utilise qu'une seule la plupart du temps. On peut facilement réduire la pression sur l'environnement en transportant plus de monde dans la voiture. Ça s'appelle le covoiturage. On va donc faire une politique de covoiturage.

On peut la formuler rapidement: L'entreprise favorise le covoiturage de ses employés.

Rappeler l'objectif, celui qu'on veut vraiment

Dire pourquoi pour être efficace

Il faut dire pourquoi ou dans quelle stratégie de l'entreprise s'inscrit cette politique.

On peut reformuler la politique: Pour réduire son empreinte environnementale, l'entreprise favorise le covoiturage de ses employés.

Ce rappel de l'objectif permettra:

  1. d'emporter l'adhésion de tous à la politique
  2. d'évaluer l'efficacité de sa mise en oeuvre

Est-ce qu'une politique de covoiturage permet d'atteindre un objectif plus ambitieux que la réduction de l'empreinte environnementale ? Avec une politique de covoiturage efficace à 100%, on va mettre quatre personnes par voiture. On va donc, au mieux, réduire de 75% les GES. Il faut mettre le turbo pour dépasser ce 75%, réduire les pertes environnementales à zéro et faire des gains de 10%.

Compléter la stratégie de covoiturage

Indiquer les bons chemins pour être efficace

Les stratégies sont importantes pour que la mise en oeuvre ne se disperse pas dans toutes les directions.

Faire du covoiturage n'est pas naturel, il faut qu'il devienne attractif. Le bénéfice personnel du chauffeur et de chacun des passagers doit être pris en compte, quelle que soit la nature de ce bénéfice.

Pour aller au-delà de la réduction de perte d'environnement, il faut ajouter un autre moyen au covoiturage. Il faut agir sur le 25% restant en l'inscrivant dans la politique. L'internalisation des coûts est le principe P de la loi sur le développement durable au Québec. Le rappeler dans la politique de l'entreprise permet de s'en servir comme turbo pour compenser les pertes et faire des gains.

Ajustons la politique de l'entreprise: Pour faire des gains environnementaux, l'entreprise rend le covoiturage de ses employés attractif, internalise les coûts environnementaux et investit en développement durable.

Ok maintenant on a une bonne politique pour faire des gains, mais on fait quoi ?

On fait le plan d'actions.

Faire un plan d'action pour réaliser des gains

Faire des gains environnementaux, sociaux et économiques: ça se planifie

Pour le covoiturage, les actions les plus fréquentes sont:

  • Sensibilisation
  • Remboursement des frais de déplacement
  • Véhicules d'entreprise
  • Reconnaissance

Avant le plan d'action évaluer les politiques

Faire des gains environnementaux, sociaux et économiques: ça s'évalue

Si vous envisagez de faire une politique de covoiturage pour votre entreprise, il y a fort à parier que vous ayez déjà une ou plusieurs politiques qui ont un effet sur les déplacements.

 
 

Notes de lecture